LES OISEAUX DE PASSAGE
Traduit de Stagnelius, né en 1793, employé à la clianccUeric de Stockholm en 1815, mort en 1823, poète éminent, mais triste et maladif, auteur de plusieurs drames étranges et d'un recueil de poésies lyriques qui accusent tout à la fois une vive et brillante imagination , une sensibilité profonde et une amère douleur.
Voyez les oiseaux qui s'envolent, ils quittent en soupirant les contrées du >'ord ; ils s'en vont vers les rives étrangères, et leur chant plaintif se mêle au murmure du vent. — Où nous envoies-tu, ô Die\i? s'écrient-ils ; sur quel bord nous appelle ton message?
Nous quittons avec inquiétude la terre Scandinave. Là nous avions grandi, là nous étions heureux ; sous les tilleuls en fleurs nous avions construit notre uid. Le veut U0U3 berçait sur les rameaux parfumés. A présent , il faut que nous nous en allions dans les lieux inconnus.
Dans les forets, la nuit était si belle avec sa couroune de roses, avec ses cheveux d'or ! Nous ne pouvions dormir, tant elle était belle. Nous nous assoupissions seulement dans nos voluptés jusqu'à ce que le matin vînt npus réveiller du haut de son char étincelant.
L'arbre vert étendait au large ses rameaux , versant sur les frais gazons, sur la rose tremblante, les gouttes de rosée qui brillaient comme des perles. xMaintenant, le chêne est dépouillé de son feuillage, la rose est flétrie. Le bruit de la lempéle a remplacé le souffle léger
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du vent, cl la riante parure de mai est cacliêe sous la neige.
Que ferions-nous plus long-temps dans le Nord ? Chaque jour son horizon devient plus étroit et son soleil plus pâle. A quoi nous servirait de chanter ? Toute cette terre est comme un tombeau. Dieu nous a donné des ailes pour fuir dans l'espace. Salut à vous, salut, vagues orageuses de la mer !
Ainsi les oiseaux chantent eu s'éloignant. Bientôt ils atteignent une contrée plus belle. La les pampres se balancent à la cime des ormeaux, les ruisseaux gazouillent sous les branches de myrte, et les forêts résonnent d'un chant de joie et d'espérance.
Quand ton bonheur terrestre se change en regret , quand le vent d'automne commence à gémir, ne pleure pas, pauvre âme. Au delà des mers, une autre contrée sourit à l'oiseau fugitif ; au delà du tombeau, il est une autre terre dorée parles rayons d'un malin élernel.