LA HARPE
Traduit de Grafstrœm, prêtre principal de la paroisse d'Umea.
Dans sa cabane solitaire, par une froide soirée, Gusmar revient de la forêt. Il faut cnire du pain pour ses enfants ; luais il n'y a point de farine dans sa demeure et point d'épis de blé dans la grange.
Deux enfants s'avancent vers lui le visage pâle. — Père , donne-nous à manger, nous avons bien faim ; donne-nous seulement un petit morceau de pain. — Je n'ai rien; que Dieu ait pitié de nous!
— Quand notre mère fut emportée sur son cercueil noir, et ensevelie dans la vallée où s'élève l'église, tu nous donnas un pain tout trempé de tes larmes. Oli! disnous, père, étail-cc le dernier ?
— îlélas ! mes enfants , je n'ai rien h vous donner aujourd'hui. Dieu prendra pilié de nous demain; attendons notre secours de sa bonté. Oh ! puissiez-vous être calmes comme moi! Demain , peut-être , vous auroz à manger.
Il détache de la mnraille humide sa harpe aux accords puissants. Los petits enfants ne se plaignent pins; le son de la harpe calme leur souffrance, la gaieté brille sur leur visage.
Le père détourne la tête pour cacher ses larmes , poiu' ne pas trahir sa douleur. Il joue un air joyeux, et
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les enfants dansent tout le soir jusqu'à ce qu'ils s'endorment fatigués.
Près de la couche de paille où les pauvres petits sommeillent, le père s'écrie : — 0 toi qui es l'àme de ceux qui souffrent, mon Dieu, délivre-les de leurs douleurs î
Sa prière est exaucée : la mort vient , les enfants ne s'éveillent plus.