PREFACE IX
oblige de faire amende honorable, et devant lui et devant le public, à qui c'est notre devoir de dire, en voyant passer un écrivain de race : Hcce homo !
Celui-là a dû encaisser bien des désillusions jt des de'boires, car nous sommes en 1887, et -es premières chansons datent d'avant 1848. Quand on est jeune et qu'on se sent puissant du cerveau, on rit de ses premières déconvenues et des haussements d'épaules des éditeurs. On pense :
« Il faudra bien qu'ils y viennent! »
Pour Pottier, ils n'y sont pas venus, et toute sa vie s'est écoulée dans Tattente d'une réparation que nous lui devons tous et que, pour ma part, aussi coupable que les autres, je lui offre bien sincèrement ici.
Et pourtant, ses Chants révohitioniîaij^es sont de ceux qui résonnent, qui vous saisissent au cœur autant qu'au cerveau et dont l'accent pénètre. Jules Vallès, qui l'avait connu à la Commune, dont ils étaient membres l'un et l'autre, a tenté de dissiper l'ombre dans laquelle s'était perdue l'œuvre de Pottier. Il écrivait de lui en i883 :