XVI APPRÉCIATION DE GUSTAVE NADAUD
« Qu'on publie mes œuvres, s'e'cria-t-il, et que je meure de faim ! »
Va, cher poète, tu ne mourras pas de faim, et tes œuvres seront publie'es.
Voilà dans quelles conditions a été imprimé le volume que nous offrons au public.
Qu'on n'attende pas de moi une analyse sérieuse de cet ouvrage. Je ne crois pas que les chansons soient faites pour être jugées par un chansonnier. Je n'en connaissais que deux lorsque j'ai entrepris cette publication; mais je me disais que l'auteur de la Propagande des Chansons et de Chacun vit de son métier^ devait être capable d'en faire dix, vingt et cent. Quand on m'envoyait les épreuves à Nice, je m'écriais, à chaque page :
— Mais c'est beau, mais c'est superbe!
Et je lisais des strophes telles que celles-ci :
Aux mers d'azur où nagent les étoiles, Notre œil de chair se noie en se plongeant, Mais l'infini parfois lève ses voiles Pour notre esprit, cet oeil intelligent. Peuples du ciel, les astres ont une âme. Leur tourbillon peut jouir ou souiTrir, L'amour unit tous ces frères de flamme : Pleurez, soleils, un globe va mourir!
Plus loin, dans la chanson intitulée V Exposition :
Clartés des cieux, moires des eaux, Passez dans nos tissus de soie; Prenons la robe des oiseaux.
Sur le Jacquart tramons la joie!
Travailleurs, main forte au destin!
La gloire va changer de pôle, Et nous entrerons au festin Un manteau de pourpre à l'épaule.
Génie humain, souffle vital.
Range tes produits dans un Temple,