CHANT VI
Ainsi le très-patient et divin Ulysse dormait là, accablé de sommeil et de fatigue ; mais Minerve donc alla vers et le peuple et la ville des hommes Phéaciens ; lesquels auparavant jadis habitaient dans Hypérie vaste, près des Cyclopes, hommes arrogants, qui dévastaient eux, et étaient supérieurs par la force.
Les ayant fait-lever (sortir) de là Nausithous semblable-à-un-dieu les conduisit, et les fit-asseoir (les établit) dans Schérie, loin des hommes inventeurs ; et il poussa (fit courir) un mur autour de la ville, et construisit des maisons, et fit des temples de dieux , et partagea des champs.
Mais celui-ci était allé déjà chez Pluton, dompté par le destin; et Alcinoiis régnait alors, seigné la sagesse, régnait depuis ce moment. C'est vers son palais que se dirigea Minerve, la déesse aux yeux bleus , préparant le re-tour du magnanime Ulysse. Elle entra dans la chambre magnifique où reposait une jeune fille égale en taille et en beauté aux immor-telles, Nausicaa, fille du magnanime Alcinoüs; deux servantes, à qui les Grâces avaient donné la beauté, se tenaient près de la porte su-perbe , dont les battants étaient fermés. La déesse glissa comme uu léger souffle vers le lit de la jeune fille, se tint au-dessus de sa tête, et pour lui parler emprunta les traits de la fille de l'illustre navigateur Dymas, du même âge que Nausicaa, dont elle était chérie; revétue de cette forme, Minerve aux yeux bleus prononça ces paroles :
Il Nausicaa, que ta mère t'a enfantée indolente ! Tes brillants ha-bits restent là négligés ; et pourtant le jour de l'hymen approche : alors il faudra te parer de belles robes et eu offrir à ceux qui te condui-sachant des pensées (ayant reçu la sa-- LadéesseMinerve [gesse) des dieux.
aux-yeux-bleus alla vers la demeure de celui-ci, méditant le retour pour Ulysse magnanime.
Et elle se-mit-en-marche pour aller dans la chambre très-artistement-travaillée, dans laquelle reposait une jeune-fille semblable aux immortelles par la taille et la forme (beauté), Nausicaa, fille du magnanime Alcinoiis ; et auprès étaient deux suivantes, ayant reçu la beauté des Grâces, des-ùeux-côtés des tteux-mootants; et la porte brillante [mée).
était appliquée-sur la chambre (fer-- Mais celle-ci (Minerve) s'élança-vers le lit de la jeune-Iille comme un souffle de vent ; et elle se tint donc au-dessus de sa tête, et dit-à elle ce discours , ressemblant à la fille , de Dymas habite-navigateur, qui était du-même-âge qu'elle, et élait-chère à son coeur ; à laquelle s'étant rendue-semb'able Minerve aux-yeux-bleus dit-à elle :
« Nausicaa, pourquoi donç la mère a-t-elle engendré loi si négligente 2 les vêtements brillants sont-gisants à toi non-soignés; et l'hymen est proche à Loi, l'hymen où il faut toi-même te revêtir de beaux vêtements, ront chez ton époux. C'est ainsi qu'une bonne renommée se répand parmi les hommes ; un père et une mère vénérée s'en réjouissent. Allons, dès que paraîtra l'aurore, laver tous ces habits; je serai ta compagne et ton aide, afin que tu aies bientôt tout préparé; tu n'as plus longtemps à rester vierge. Déjà tu es recherchée par les plus nobles d'entre les Phéaciens, car tu es aussi parmi nous d'une glorieuse origine. Va, prie ton illustre père de t'apprêter avant l'au-rore un chariot et des mules pour transporter tes ceintures, tes voiles et tes manteaux magnifiques. Il te sied bien mieux d'aller ainsi que de marcher, car les lavoirs sont loin de la ville. » A ces mots, Minerve aux yeux bleus remonte vers l'Olympe, où l'on dit que se trouve la demeure éternellement inébranlable des dieux; ni les vents ne l'agitent, ni la pluie ne l'inonde, ni la neige et en fournir d'autres [époux.
à ceux qui conduiront toi chez ton Car assurément par-suite-de ces cho1-une bonne renommée [ses se-répand-parnii les hommes, et le père et l'auguste mère se réjouissent. [ces habits Mais allons devant laver (pour laver) avec l'aurore paraissant; et moi je suivrai (j'irai) avec toi comme aide, afin que tu prépares ces obj ets très-promptèinent ; puisque tu ne seras plus longtemps vierge.
Car les principaux entre le peuple de tous les Phéaciens, [même, où une naissance noble est aussi à toi-recherchent toi déjà.
Mais allons, engage ton père illustre à préparer avant l'aurore des mules et un chariot, qui conduise (pour conduire) et tes ceintures et tes voiles et tes manteaux brillants.
Et aussi il est beaucoup plus beau pour toi-même [(convenable) d'aller ainsi que sur tes pieds :
car les lavoirs sont bien loin de la ville. »
Minerve aux-yeux-bleus ayant dit ainsi monta vers-l'Olympe, où l'on dit être [dieux ; la demeure toujours inébranlée des et elle n'est pas secouée par les vents, et jamais elle n'est mouillée par la pluie, et la neige n'en approche pas, ne s'y amoncelle, mais le pur éther s'y déploie sans nuage, et une blanche lumière la remplit : c'est là que chaque jour les dieux bien-heureux se livrent à la joie, là que revint Minerve après qu'elle eut donné ses conseils à la jeune fille.
Au même moment l'Aurore au trône éclatant s'avance et éveille Nausicaa au beau voile , qui reste surprise de ce songe. Elle descend dans le palais pour le révéler à son père et à sa mère bien-aimés , qu'elle trouve dans leur demeure. Sa mère était assise auprès du foyer avec ses servantes, et ses mains filaient la pourpre; elle rencontra son père qui sortait pour se rendre dans le conseil des illustres rois* où l'avaient appelé les nobles Phéaciens. Elle s'avança vers lui, et lui adressa ces mots :
« Père chéri, ne me feras-tu pas apprêter un chariot élevé, aux roues arrondies, pour transporter mes beaux habits et aller laver mais assurément une sérénité sans-nuages s'y déploie, et une clarté blanche (pure) s'y répand; dans cette demeure les dieux bienheureux se réjouissent tous les jours.
La déesse aux-yeux-bleus s'en alla là, après qu'elle eut conseillé ces choses à la jeune fille.
Et aussitôt vint l'Aurore au-beau-trône, qui éveilla elle Nausicaa au-beau-voile ; et aussitôt elle admira le songe.
Et elle marcha pour aller dans lademeure, pour quJelle le révélât à ses parents, à son père chéri et à sa mère ; et elle les trouva étant au dedans.
Celle-ci (la mère) était assise près du foyer, avec des femmes suivantes, tournant dans sa main des fils teints-de-la-pourpre-de-la-uuer ; et elle rencontra celui-là (le père) qui allait dehors vers les rois illustres à un conseil, où les nobles Phéaciens appelaient lui.
Et celle-ci (Nausicaa) se tenant tout à fait près dit-à son père cfiéri :
« Père chéri-, ne préparerais-tu pas déjà à moi un chariot élevé, bien-arrondi, afin que je conduise vers le fleuve devant les laver (pour les laver) leurs souillures dans le fleuve? Il convient à toi-même, lorsque tu sièges dans le conseil des premiers des Phéaciens, de couvrir ton corps de vêtements éclatants de blancheur. Tu as cinq fils dans ton palais : deux ont des épouses ; les trois autres, encore célibataires, sont florissants de jeunesse ; lorsqu'ils vont à la danse, ils veulent toujours de frais habits : c'est moi qui suis chargée de tous ces soins. »
Elle dit-ainsi j car elle n'ose parler à son père du doux hymen ; mais il comprend toutes ses pensées et lui répond :
« Je ne te refuse, mon enfant, ni mules ni aucune autre chose. Va; mes serviteurs te prépareront un chariot élevé, aux roues ar-rondies, avec un fond solide. »
Il dit, et donne des ordres à ses serviteurs, qui s'empressent d'o-béir. Ils préparent un chariot rapide qu'ils ont sorti du palais, et amènent des mules qu'ils placent sous le joug ; la jeune fille apporte de sa chambre ses robes magnifiques, et les dépose sur le chariot les vêtements magnifiques qui sont-gisanls à moi salis?
et aussi il convient à toi-même toi étant parmi les premiers conseiller des conseils (te mêler aux ayant sur ton. corps [délibérations) "des vêtements propres.
Et cinq fils chéris sont nés à toi dans le palais, les deux premiers étant mariés, et trois célibataires florissants ; et ceux-ci veulent toujours [lavés ayant des vêtements nouvellement-aller à la danse :
et tous ces objets sont-à-souci à mon esprit. »
Elle dit ainsi ; car elle rougissait de nommer à son père .chéri -l'hymen florissant ; mais il comprenait tout et il répondit par ce discours :
« Mon enfant, [les.
je n'envie (ne réfuse) à toi ni des ni i, ni quelque autre chose.
Va ; d'ailleurs les serviteurs prépareront à toi un chariot élevé, bien-arrondi, adapté à (muni de) un plancher. »
Ayant dit ainsi il commanda aux serviteurs ; et ceux-ci obéirent.
Ceux-ci donc au dehors prépara" nt un chariot à-mules, aux-bclles-roues, et amenèrent-sous le joug des muïes et le; attelèrent sous le chariot; mais la jeune-fille portait hors de sa chambre des robes brillantes, bien poli ; sa mère remplit une corbeille de toutes sortes de mets doux au cœur, verse du via dans une outre de peau de chèvre, tan-dis que la jeune fille monte sur le chariot, et lui donne dans un vase d'or une huile limpide pour se parfumer avec ses suivantes. Nausicaa prend en main le fouet et les rênes brillantes ; elle frappe les mules «t les fait partir ; leur sabot résonne, et dans leur course ardente elles emportent les vêtements et la princesse; Nausicaa n'est pas seule, mais ses servantes l'accompagnent.
Lorsqu'elles furent arrivées près du fleuve aux flots limpides, où se trouvaient des lavoir§ qui' ne tarissaient jamais et où coulait en abondance une -eau assez claire pour purifier toutes les souillures des vêtements , elles détachèrent les mules du chariot, puis elles Iii laissèrent en liberté brouter sur les bords du fteuie rapide le gaMII délicieux. De lears mains elles sortirent les vêtements du chariot, et L'ODYSSÉt,- VI. 83 et déposa celles-ci sur le chariot bien-poli; et sa mère mit dans une corbeille des mets de-toute-sorte agréables-au-cœur, et elle y-mit des aliments, et elle y-versa du vin dans une outre de-peau-de-chèvre; et la jeune-fille monta-sur le chariot ; et elle donna de l'huile humide dans une fiole d'-or, afin qu'elle se lavât (s'en oignît) avec ses femmes suivantes.-- Et celle-ci prit le fouet et les rônes brillantes, et elle fouetta les mules pour les pousser ; [entendre) ; et un bruit des deux-mules fut (se fit et celles-ci se tendaient (s'élançaient) sans mesure (avec ardeur), et portaient les robes, et Nausicaa elle-même, non pas seule; aussi d'autres femmes, les suivantes allaient avec celle-ci.
Mais lorsque donc ceUes-ci furent arrivées au courant très-beau du fleuve, où en vérité étaient des lavoirs de-toute-l'année (ne manquant ja-et où une eau belle [mais d'eau), coulait abondante, pour purifier les objets même fort sa-là £ Ïles dételèrent-d'abord [lis, les mules du char.
Et elles poussèrent,elles le-long-du fleuve tournoyant, [miel; pour brouter l'herbe douce-comme^ puis elles prirent de leurs mains les vêtements de dessus le chariot, les entassèrent dans les fosses où elles avaient apporté une onde noire, luttant entre elles d'activité. Quand elles les eurent lavés et qu'elles en eurent enlevé toutes les souillures, elles les étendirent sur le rivage de la mer, sur des cailloux nettoyés par la vague qui venait se briser contre la grève. Elles se baignèrent ensuite, se par-fumèrent d'essence, et prirent leur repas sur les rives du fleure, tandis que les rayons du soleil séchaient les vêtements. Quand les suivantes et la princesse furent rassasiées, elles quittèrent leurs voiles et jouèrent à la paume; au milieu d'elles, Nausicaa aux bras blancs dirigeait le jeu. Ainsi Diane, qui se plaît à lancer les flèches, par-court les hautes cimes du Taygèle ou de l'Érymanthe, heureuse de poursuivre les sangliers et les biches légères; les Nymphes, filles de Jupiter qui porte l'égide, partagent ses jeux, et le cœur de Latone est rempli de joie; car Diane élève sa tête et son front au-dessus de toutes ses compagnes, et se distingue sans peine parmi elles, quoique et apportèrent de l'eau noire; et elles les entassaient dans les irons rapidement, [mulation.
portant-au-dehors (montrant) de l'é-- Mais après que et elles eurent lavé et elles eurent purifié toutes -les souillures, elles les étendirent de suite (en ligne] le-long-du rivage de la mer, à l'endroit où la mer lavait le plus les cailloux contre la terre-ferme.
Et celles-ci s'étant baignées, et s'étant ointes grassement d'huile, prirent ensuite leur repas près des bords du fleuve; et elles attendaient les vêtements être séchés par l'éclat (les rayons) du soleil.
Mais après que et les suivantes et elle-même se furent rassasiées de nourriture, celles-ci donc jouaient à la paume, ayant ôté leurs voiles ; et Nausicaa aux-bras-blancs -commençait à elles le divertissement.
Et telle que Diane qui-aime-les-flèclies va (s'avance) sur une montagne, ou sur le Taygète très-haut ou sur rËrymanthe, se réjouissant de sangliers et de biches rapides ; et avec celle-ci les nymphes agrestes, filles de Jupiter qui-a-l'égide, jouent (chassent); et Latone se réjouit en son cœur; et celle-ci a la tête et le front au-dessus de toutes les nymphe:, toutes aient de la beauté : telle la jeune vierge brillait au milieu de ses suivantes.
Déjà elle allait s'en retourner vers la maison de son père, après avoir attelé les mules et plié les riches vêtements, quand Minerve, la déesse aux yeux bleus , forma de nouveaux projets afin qu'Ulysse s'é-veillât, qu'il vît la jeune fille aux beaux yeux, et qu'elle le conduisit dans la ville des Phéaciens. La princesse jetait la paume à une de ses suivantes; la paume s'égare et va tomber dans le gouffre profond ; toutes les jeunes filles poussent un cri perçant. Le divin Ulysse s'é-veille; il s'assied et se dit en son cœur :
« Hélas! chez quels peuples suis-je arrivé? Sont-ils farouches, vio-lents, injustes? ou bien sont-ils hospitaliers, et leur cœur craint-il les dieux? Des cris de jeunes filles sont arrivés jusqu'à moi ; sans doute ce sont les Nymphes qui habitent les hauts sommets des montagnes, les sources des fleuves et les vertes prairies. Ou bien suis-je dans et est facilement reconnue, mais toutes aussi sont belles :
ainsi cette vierge non-domptée (sans époux) , brillait-parmi les suivantes.
Mais lorsque déjà donc [nouveau elle devait (allait) s'en retourner de dans sa demeure, ayant attelé les mules, et ayant plié les belles étoffes, alors de nouveau la déesse aux-yeux-bleus Minerve imagina autre chose, afin qu'Ulysse s'éveillât, et vît la jeune-fille aux-beaux-yeux, qui conduisît lui (pour qu'elle leçon-à la ville - [duislt) des hommes Pbéaciens.
Ensuite la princesse jeta la paume vers une suivante ; elle manqua la suivante, [fond et jeta la paume dans le gouffre pro-et celles-ci crièrent jusqu'à (pendant) un long temps.
Mais le divin Ulysse s'éveilla; et s'asseyant il agitait ces pensées dans son esprit et dans son cœur :
« Hélas! malheureux que je suis, dans la terre de quels mortels suis-je arrivé de nouveau?
ceux-ci donc sont-ils ou et violents et farouches, et non justes, ou amis-des-étrangers, [à eux ?
et un esprit craignant-les-dieux est-il car un cri féminin de jeunes-filles a enveloppé moi, [tent) un cri de nymphes , qui ont (habi-les sommets élevés de montagnes, et les sources de fleuves, et des prairies verdoyantes. le voisinage de mortels? Allons, je m'en assurerai, je le verrai de mes yeux. »
Ainsi parla le divin Ulysse, et il sortit de dessous tes arbustes; de sa robuste main, il brisa dans le bois touffu un rameau couvert de feuilles, afin d'en couvrir son corps et de voiler sa nudité. Puis il s'avança, comme un lion nourri dans les montagnes et confiant en sa force, qui brave la pluie et le vent; les yeux étincelants, il fond sur les bœufs, sur les brebis, sur les biches sauvages ; la faim l'anime à pénétrer même dans les étables solides pour essayer de ravir une proie : tel Ulysse allait se présenter au milieu des jeunes filles à la belle chevelure, nu comme il était, car la nécessité s'était appesantie sur lui. Il leur apparut horrible, défiguré par l'onde amère; elles s'enfuirent de tous côtés sur les rives avancées ; seule la fille d'Alci-nous resta, car Minerve avait mis l'assurance en son cœur et chassé Est-ce que donc je suis quelque part près d'hommes doués-de-voix? -- Mais allons, que moi-même je fasse-l'expérience et voie. »
Ayanf dit ainsi, le divin Ulysse sortait des arbrisseaux ; et il brisa un rameau de feuilles du bois touffu avec sa main épaisse (robuste), afin qu'il couvrît autour de (en enveloppant) son corps ses parties-sexuelles d'homme.
Et il marcha pour aller, comme un lion nourris-sur-les-montagnes, confiant en sa fprce, qui va recevant-la-pluie et recevant-le-vent ; [més à lui ; et au dedans les deux-yeux sont allu-mais il marche-contre les bœufs ou les brebis, ou après les biches sauvages ; et le ventre (la faim) exhorte lui à aller même dans une maison épaisse (solide) devant faire-une-tentative sur les troupeaux; ainsi Ulysse devait (allait) se mêler à des jeunes-filles aux-beaux-che-quoique étant nu ; [veux, car le besoin était venu à lui.
Et il apparut à elles horrible, maltraité (souillé) par l'eau salée ; et elles s'enfuirent-avec-épouvante l'une d'un côté et l'autre ailleurs sur les rives faisant-saillie ; mais seule la fille d'Alciiioüs restait; car Minerve mit l'assurance go.
la crainte de ses membres. Elle se contint, et s'arrêta en face d'U-lysse; le héros hésitait s'il embrasserait en suppliant les genoux de la fille aux beaux yeux, ou si, restant loin d'elle, il la prierait par de douces paroles de lui enseigner la ville et de lui donner des vête-ments. Il délibère, et le parti le plus sage lui paraît être de faire en-tendre de loin de douces prières , car il craint d'irriter le cœur de la jeune fille en embrassant ses genoux. Il lui adresse donc sans tarder ce discours adroit et flatteur :
« Je suis à tes genoux, ô reine, qui que tu sois, déesse ou mor-telle. Si tu es une des divinités qui habitent le vaste ciel, c'est à Diane, à la fille du grand Jupiter, que je te compare pour la beauté, la taille et la majesté ; si tu es l'une des mortelles qui ont leur de-meure sur la terre, trois fois heureux ton père et ta mère vénérée, trois fois heureux tes frères; sans doute leur cœur est chaque jour dans le cœur à elle, et ôta la crainte de ses membres.
Et elle resta-deboût en face se retenant de fuir; mais Ulysse délibéra, si ou il supplierait la jeune-fille aux-beaux-yeux l'ayant prise par les genoux , ou ainsi en-se-tenant-loin il la supplierait par des paroles caressantes, [ville pour voir si elle lui indiquerait la et lui donnerait des vêtements.
Le meilleur parut'être à lui donc songeant ainsi de supplier en-se-tenant-loin par des paroles caressantes, de peur que la jeune-fille ne s'irritât en son cœur contre lui ayant pris ses genoux.
Aussitôt il dit un discours caressant et adroit :
« Je conjure toi, princesse ; ta es certes quelque déesse ou quelque mortelle.
Si tu es quelque déesse, [ciel, une de ceux qui occupent le vaste moi-du-moins je compare toi de très-près et en ferme (beauté) et en grandeur et en prestance à Diane, -fille du Jupiter grand ; mais si tu es quelqu'une des (d'entre les) mortels, qui habitent sur la terre, trois-fois-heureux sont à toi le père et l'auguste mère, et trois-fois-heureux les frères ; le cœur assurément toujours inondé d'une douce joie, quand ils voient une fille telle que toi se mêler aux danses; mais heureux surtout et par-dessus tous les au-tres celui qui te méritera par le plus riche présent et t'emmènera dans sa demeure. Jamais encore mes yeux n'ont rien aperçu de semblable chez les mortels, ni parmi les hommes, ni entre les femmes; je te regarde, et je me sens pénétré d'admiration. J'ai vu jadis à Délos, près de l'autel d'Apollon, un jeune rejeton de palmier s'élevant dans les airs; car j'ai visité aussi cette île r et un peuple nombreux me suivit dans ce voyage qui devait être pour moi la soiirce de tant de maux. A la vue de ce rameau, mon cœur fut frappé d'une longue surprise, car jamais une tige pareille n'est sortie du sein de la terre: c'est ainsi, jeune fille, que je t'admire, que je de-meure surpris à ta vue, que je n'ose embrasser tes genoux; et pour-tant un terrible malheur m'accable. Hier seulement, après vingt jours, j'ai échappé à la noire mer; pendant tout ce temps, le flot et est réchauffé fortement à'eux de contentements à-cause-de-toi, * eux voyant (quand ils voient) toi qui es un tel rejeton entrant-dans la danse.
Et celui-là de nouveau sera excessivement le plus heureux dans son cœur supérieurement aux autres, [noces qui l'ayant emporté en présents-de-aura emmené toi dans sa maison.
Car je n'ai pasvu encore de mes yeux une telle personne mortelle, ni homme ni femme ; l'admiration tient (saisit) moi te voyant.
Telle assurément j'ai vu un jour à Délos auprès de l'autel d'Apollon une jeune pousse de palmier montant (croissant) — car je suis allé aussi là, et un peuple nombreux suivit moi dans ce voyage, par lequel donc de funestes -chagrins devaient être à moi — et de môme aussi ayant vu celle-là, je fus stupéfait longtemps dans mon cœur, puisque jamais un tel rameau n'a monté de la terre :
ainsi, femme, et j'admire toi, et je suis stupéfait, et je crains étrangement (fortement) de toucher tes genoux; mais une douleur pénible est venue à moi.
Hier le vingtième jour j'ai échappé à la noire mer j la rapide tempête m'avaient emporté ; je quittais l'île d'Ogygie ; Li des-tinée m'a jeté stu- cesboris, peut-être pour y souffrir de nouvelles douleurs. Non, je ne crois pas que mon infortune doive cesser désor-mais ; les dieux me réservent encore bien des épreuves. Du moins, ô reine, aie pitié de moi ; après avoir enduré tant de maux, c'est à toi que je m'adresse la première ; je ne connais aucun des mortels qui habitent cette terre et cette ville. Enseigne-moi la cité, et denne-moi un lambeau pour me couvrir, si tu as apporté ici quelque éttffe pour envelopper tes vêtements. Que les dieux t'accordent tout ce que ton cœur désire : qu'ils te donnent un époux, une maison et la douce concorde; car rien n'est si beau ni si désirable que de voir régner la bonne harmonie entre l'homme et la femme qui gouvernent leur maison : elle fait le désespoir de leurs envieux, la joie de leurs unis; mais eux-mêmes en recueillent les premiers fruits. »
et jusque-là toujours
le flot portait moi,
et les tempêtes rapides,
depuis l'lie d'Ogygte ;
et maintenant une divinité
a jeté moi ici,
afin que encore peut-être
je souffre le mal aussi ici. [souffrir;
-Car je ne crois pas devoir cesser de
mais les dieux accompliront encore
cte nombreuses choses: auparavant.
Mais, princesse, aie pitié;
car ayant enduré des mauxnombrcux - je suis venu vers toi la première ;
et je ne connais aucun
des autres hommes,
qui occupent cette ville
et cette terre.
Mais indique-moi la ville,
et donne-moi un lambeau
pour jeter-autour-de-moi,
si peut-être venant ici
tu avais quelque enveloppe d'étoffes.
Mais que les dieux donnent à toi
autant-de biens que tu en désires
dans ton cœur :
qu'ils t'accordent
et un époux et une maison
et la concorde bonne;
car il n'est pas chose plus précieuse
et meilleure que celle-ci,
que lorsqu'un homme et une femme
tiennent (administrent) une maison
étant-d'accord de pensées;
source de peines nombreuses.
pour les malveillants,
et sujets-de-joie
pour les bienveillants ;
mais eux-mêmes [plus. »
s'en sont apeteos (s'en ressentent) le
Nausicaa aux beaux bras lui répondit: « Étranger, tu ne ressem-bles pas à un homme de basse naissance ou de peu d'esprit ; mais le roi de l'Olympe , Jupiter, distribue lui-même le bonheur aux mortels, aux bons et aux méchants, à chacun suivant sa volonté; tel est le sort qu'il t'a fait, tu dois le supporter avec résignation. Mais puisque tu es arrivé dans cette ville et dans ce pays , tu ne manqueras ni de vêtements ni d'aucune autre chose, mais tu recevras tout ce qui est dû au malheureux qui s'est présenté en suppliant. Je t'enseignerai la ville, et je te dirai le nom de ce peuple. Les Phéaciens habitent cette île et cette cité; pour moi, je suis la fille du magnanime Alcinoüs, qui tient en ses mains la puissance et l'empire des Phéaciens. » Elle dit, et donne des ordres à ses suivantes à la belle chevelure : « Arrêtez, mes compagnes, où fuyez-vous à l'aspect de cet homme? Pensez-vous donc que ce soit un ennemi ? Il n'est, il ne sera jamais jpèJBây ùTJwt^véoùv ; -Et Nausicaa aux-bras-blancs dit à lui à-son-tour en réponse :
« Étranger, puisque tu ressembles à un homme ni de-basse-naissance ni sans-esprit — mais Jupiier olympien lui-même distribue le bonheur aux hommes, aux bons et aux méchants, à chacun comme il veut ; et assurément il a donné à toi ces choses-ci (ces souffrances), et il faut toi absolument les supporter — mais maintenant, puisque tu es venu et dans notre ville et dans notre terre, tu ne manqueras donc ni de vêtement ni de quelque autre des choses, desquelles il convient le suppliant malheureux qui s'est présenté ne pas manquer.
Et je montrerai à toi Ja ville, et je dirai à toi le nom des peuples.
Les Phéaciens occupent cette ville et cette terre; et moi je suis la fille du magnanime Alcinoüs, 'duquel d'autre-part dépend et la puissance et la force des Phéaciens.»
Elle dit donc, et donna-des-ordres à ses suivantes aux-beaux-cheveux :
« Arrêtez-vous à moi, suivantes; où fuyez-vous, ayant vu un homme?
est-ce que vous ne pensez pas peut-lui être quelqu'un rêtre
des hommes ennemis?
Cet homme, -« gyss-ÉE 1-, un mortel qui Tienne apporter la guerre dans le pays des Phéacieus ; car notre peuple est aimé des dieux. Nous habitons à l'extré-mité du monde, au sein de la mer orageuse, et nul peuple n'a de commerce avec nous. Un malheureux, errant, est arrivé sur ces bords ; il faut prendre soin de lui ; car tous les étrangers et les pau-vres sont envoyés de Jupiter: le plus léger don leur est cher. Offrez, mes compagnes, offrez à l'étranger la nourriture et le breuvage; bai-gnez-le dans le lleme, en un lieu qui soit à l'abri du vent. »
Elle dit; les jeunes filles s'arrêtèrent et s'exhortèrent entre elles; elles firent asseoir Ulysse à l'abri, comme l'avait ordonné Nausicaa, la fille du magnanime Alcinous ; elles déposèrent auprès de lui un manteau et une tunique pour le vêtir; elles lui présentèrent dans un vase d'or une huile limpide » et l'engagèrent à se baigner dans le courant du fleuve. Le divin Ulysse dit alors aux suivantes: qui viendrait dans la terre des hommes Phéaciens, apportant l'hostilité, n'est pas mortel vivant, et ne saurait même naître :
car les Phéaciens sont très-chers aux immortels.
Et nous habitons à l'écart, sur la mer très-agitée, placés-à-l'extrémité du mondet et pas un autre des mortels ne se mêle à nous. -- Mais celui-ci est un malheureux qui vient ici errant, qu'il faut maintenant soigaer ; car tous et les étrangers et les pauvres sont (viennent) de-la-part-de Jupiter; mais le deu est et pelU et agréable pour eux.
Mais, suivantes, donnez à l'étranger et de la nourriture et de la poisson,; et baignez-le dans le fleuve, où est un abri du (contre le) vent. »
Elle dit ainsi ; majs celles-ci et s'arrêtèrent et s'exhortèrent les unes les autres ; ej. ellçs firent-asseoir donc Ulysse dans un abri, comme avait ordonné Nausicaa, fille du magnanime Alcino&s ; et donc elles mirent auprès de lui et un-manteau et une tunique pour vêtements; [quide et elles lui donnèrent de l'huile li-dans tine riglç d'-or., et elles engagèrent donc lui à se baigner dans le courant d u fleuve Donc alors le divin Ulysse dit aux suivantes :
« Jeunes filles , tenez-vous un peu à l'écart, tandis que j'ôterai l'écume qui couvre mes épaules et que je me parfumerai de cette es-sence; car voilà bien longtemps que l'huile n'a coulé sur mon corps. Je ne me baignerai point devant vous; j'aurais honte de me montrer
nu au milieu de jeunes filles à la belle chevelure. »
II dit ; elles s'éloignèrent, et répétèrent ses paroles à Nausicaa. Ce-pendant le divin Ulysse baignait son corps dans le fleuve ; il lavait les souillures qui couvraient son dos et ses larges épaules; il exprimait de ses cheveux l'écume de la mer inféconde. Quand il se fut baigné et parfumé, qu'il se fut couvert ensuite des vêtements que lui avait donnés la jeune vierge , Minerve , fille de Jupiter, le fit paraître plus grand et plus majestueux ; elle déroula sur ses épaules les boucles de ses cheveux , semblables à la fleur de l'hyacinthe. De même qu'un
« Suivantes, tenez-vous ainsi loin, tandis que moi-même j'enlèverai-par-le-bain de mes deux-épaules la crasse de l'eau-salée, et je m'oindrai tout-autour d'huile; car assurément depuis-longtemps l'onction d'huile est loin de (manque à) mon corps.
Mais moi-du-moins je ne me baignerais pas en face de vous; -car j'ai-honte de me-metlre-nu, étant venu-au-milieu-de jeunes-filles aux- beaux-cheveux. »
Il dit ainsi ; et celles-ci allèrent à l'écart, et le dirent donc à la jeune-fille (Nau-- Mais le divin Ulysse [sicaa).
en puisant au fleuve lavait son corps de la crasse d'eau-salée, qui couvrait à lui son dos et ses larges épaules ; et il essuyait de sa tête l'écume de la mer infertile.
M ais. après qu'H eut baigné toutes les parties de son corps et les eut ointes grassement, et se fut revêtu des vêtements, que la vierge [époux, non-domptée (non soumise à un avait donnés à lui, Minerve, née de Jupiter, établit (fit) lui plus grand et plus gros à voir ; et elle fit-descendre de sa tête des cheveux frisés, pareils à la fleur de-l'hyacinthe. habile ouvrier, à qui Vulcain et Pallas ont enseigné tous les secrets de l'art, et qui accomplit de magnifiques ouvrages-, fait couler l'or autour de l'argent, ainsi Minerve répandit la grâce sur la tête et sur les épaules du héros. Il alla s'asseoir à l'écart sur le bord de la mer, resplendissant de beautéet de charmes ; la jeune fille le contemplait, et elle dit à ses suivantes à la belle chevelure : --
« Écoutez, jeunes filles aux bras blancs, ce que je vais vous dire : ce n'est point contre le gré des immortels qui habitent l'Olympe que cet homme est venu chez les Phéaciens pareils à des dieux. Tout à l'heure, il me paraissait être sans beauté, et voici qu'il ressembla aux immortels qui habitent le vaste ciel. Plût aux dieux qu'un tel hères reçût le nom de mon. époux , qu'il habitât cette île, qu'il eonsenttt à demeurer en ces Lieux ! Mais allons, jeunes filles, offrez à l'étranger la nourriture et le breuvage. »
Elle dit; les suivantes s'empressèrent d'obéir, et placèrent de-vant Ulysse la nourriture et le breuvage. Le patient et divin Ulysse Et comme lorsqu'un homme habile, que Vulcain et Pallas Athéné ont instruit en arts de-toute-sorte , et qui accomplit des ouvrages gracieux, verse l'or autour de l'argent:
ainsi donc elle versa la grâce à lui et sur la tête et sur les épaules.
Il s'assit ensuite, étant allé à l'écart vers le bord de la mer, [ces; resplendissant de beauté et de grâ-et la jeune-fille le contemplait ; donc alors elle dit aux suivantes aux-beaux-cheveux :
« Écoutez-moi, suivantes aux-bras-blancs, afin que je dise quelque chose -ce n'est pas contre-le-gré de tous les qui occupent l'Olympe, [dieux que cet homme-ci se mêle aux Phéaciens pareils-à-des-dieux.
Car auparavant assurément il paraissait à moi être laid, et maintenant il ressemble aux dieux qui occupent le vaste ciel.
Si seulement un tel homme était appelé époux à moi, habitant ici, et qu'il plût à lui de rester ici-même.
Mais, suivantes, donnez à l'étranger et nourriture et boisson. a
Elle parla ainsi; [elle - et celles-cî donc écoutèrent tout à fait et obéirent ; et donc elles mirent-auprès d'Ulysse et nourriture et boisson.
Or le divin Ulysse très-patient buvait et mangeait avidement ; mangea et but avidement, car depuis longtemps il n'avait pris au-cune nourriture.
Cependant Nausicaa aux bras blancs formait d'autres pensées; elle plia les vêlements, les déposa sur le beau chariot, attela les mules aux pieds solides, et monta sur la voiture. Puis elle encouragea Ulysse, et lui adressa ces paroles :
« Lève-toi, étranger, et viens à la ville , afin que je te conduise à la demeure de mon père plein de prudence , où je te promets que tu verras les plus nobles d'entre les Phéaciens. Voici ce que tu dois faire, car tu ne me parais point dépourvu de sagesse : tant que nous traverserons les champs et les travaux des laboureurs, marche d'un pas rapide avec mes suivantes, derrière les mules et le chariot, par la route que je te montrerai, jusqu'à ce que ncus approchions de la ville qu'entoure un rempart élevé; des deux côtés s'étend un beau port dont l'entrée est étroite; cependant on y fait pénétrer les vais-seaux battus des vagues, et tous les navigateurs y trouvent un abri. L'ODYSSÉE, Vf. 105 car il était depuis-longtemps n'ayant-pas-mangé de nourriture.
Mais Nausicaa aux-bras-blancs -imagina autre chose :
ayant plié donc les vêtements , elle les mit sur le beau chariot, et attela les mules au-sabot-robuste ; et elle monta elle-même sur le cha-- Et elle exhorta Ulysse, [riof.
et dit une parole (parla), et prononça ces mots :
« Lève-toi donc maintenant, étranger, pour aller à la vil!e , afin que je conduise toi à la demeure de mon père expérimenté , [ras) où je pense toi devoir voir (que tu ver-tous ceux qui sont les meilleurs de tous les Phéaciens.
Mais il faut faire tout à fait ainsi ; et tu parais à moi ne pas manquer-de-sens :
tant que nous ironspar les champs et les cultures des hommes , pendant-ce-temps tu dois marcher rapidement avec les suivantes derrière les mules et le char; et moi je serai-guide-de la route.
- Mais ne marche plus vite quand nous serons montés à la ville, autour de laquelle est un rempart élevé, et un beau port se trouve de-l'un-ct-l'autre-côté de la ville, et une entrée étroite; mais les vaisseaux ballottés [route ; ont été tirés hors de l'eau par cette car un hangar
est à tous et à chacun. Là, autour du temple magnifique de Neptune, s'étend une place construite en pierres de taille sur des fondements solides. Là on pré-pare tous les agrès des noirs navires, les câbles, les cordages, et on aiguise les rames. Car les Phéaciens ne manient point l'arc et le carquois, ils façonnent des mâts, des rames et des vaisseaux polis sur lesquels ils traversent joyeusement la blanche mer. Je redoute les méchants propos, je ne veux pas qu'on médise de moi par der-rière , car il est beaucoup d'insolents parmi ce peuple. Si un homme de basse origine venait à nous rencontrer, il pourrait dire: « Quel « est cet étranger si grand et si beau qui suit Nausicaa? Où l'a-t-elle « trouvé? Ce sera sans doute son époux. Peut-être est-ce un homme « des pays lointains qui s'est égaré loin de son navire et qu'elle a « recuéilli, car nous, n'avons pas de voisins ; peut-être est-ce un < dieu descendu du ciel pour répondre à ses vœux et à ses prières, « et elle le retiendra toujours auprès d'elle. Elle a bien fait d'aller 4 chercher ailleurs l'époux qu'elle a trouvé ; n'en doutons pas, elle « méprise tous ces- prétendants, les plus nobles entre le peuple des Et là aussi est la place-publique à eux autour du beau temple-de-Neptune , ajustée (bâtie) avec des pierres char-enfoncées-profondément. triées Et là ils s'occupent des agrès des vaisseaux noirs, des cordages et des câbles, et ils aiguisent des rames.
Car ni l'arc ni le carquois n'est-à-souci aux Phéaciens, [seaux mais les mâts et les rames des vais-et les vaisseaux égaux des deux côtés, desquels étant-fiers -ils traversent la blanche mer.
J'évite Les propos amers de ceux-ci, de peur que quelqu'un ne me blâme par derrière; car des gens fort insolents sont dans le peuple. [ble Et peut-être quelqu'un plus miséra-nousayant rencontrés dirait ainsi :
« Eh quel est cet étranger « et beau et grand « qui suit Nausicaa?
« et où a-t-elle trouvé lui? [même.
a il sera sans doute époux à elle-- « Ou peut-être elle a-recueilli « quelqu'un des hommes lointains « s'étant égaré loin de son vaisseau ; « car nuls ne sont près d'ici; « ou quelque dieu bien-souhaité « est venu à elle ayant prié, « étant descendu du ciel, « et elle aura (gardera) lui « tous les jours (toujours).
« Hlle a mieux fait, « si bien qu'elle même cherchant « elle a trouvé un époux d'ailleurs ; CI car assurément elle dédaigne « ces Phéaciens-ci du moins « Phéaciens. » Voilà ce qu'ils diront, voilà les reproches qui me seront adressés. Je blâmerais moi-même celle qui agirait ainsi, et qui, sans le consentement de son père et de sa mère chéris, s'ils vivaient encore, se mêlerait à la société des hommes avant d'avoir célébré publiquement son hymen. Étranger, écoute donc mes pa-roles, afin d'obtenir au plus vite que mon père te reconduise dans ta patrie. Tu trouveras près du chemin un superbe bois de peupliers consacré à Minerve; il est arrosé par une fontaine et entouré d'une prairie ; c'est là que se trouvent le domaine de mon père et ses vergers en fleurs; ils ne sont éloignés de la ville que de la distance où la voix peut se faire entendre. Repose-toi dans ce bois jusqu'à ce que nous soyons arrivées à la ville et entrées dans le palais de mon père. Quand tu croiras que nous avons regagné notre demeure, di-rige-toi vers la cité des Phéaciens et demande le palais de mon père, Il dans le peuple, "qui recherchent elle « et nombreux et nobles. ) Ils diront ainsi, et ces outrages arriveraient à moi.
Et d'ailleurs je blâme une autre, qui du moins ferait de telles choses, qui se mêlerait à des hommes, sans-le-gré de son père et de sa mère existant, [chéris avantquedu moins un hymen public être.(soit) arrivé.
Étranger, eh bien toi comprends ainsi la parole de moi, afin qu'au plus tôt tu obtiennes de mon père -la conduite et le retour.
Tu trouveras un magnifique bois-sacré de Minerve près de la route, bois de peupliers ; et dedans coule une fontaine, et autour est une prairie ; et là est la terre-séparée (le bien) et le verger fleuri de mon père, autant à-distance-de la ville, [du; que quelqu'un ayant crié est enten-t'étant assis reste là quelque temps, [la \ille jusqu'à ce que nous soyons allées à et soyons arrivées aux demeures de mon père.
Mais lorsque tu espéreras (croiras) nous être arrivées aux demeures, -aussi alors tu devras aller dans la ville des Phéaciens et demander la demeure de mon père, le magnanime Alcinoüs. te magnanime Alcinous. Il est facile de le reconnaître, et un petit enfant pourrait t'y conduire; car les demeures des autres PMaciens ne sont en rien semblables à celle du héros Alcinoüs. Dès que lu auras pénétré dans la cour, traverse rapidement le palais, jusqu'à ce que tu arrives auprès de ma mère; elle est assise devant le foyer, à la lueur du feu, appuyée contre une colonne, et ses mains filent une pourpre admirable ; ses servantes sont assises derrière elle. C'est là que se trouve le siège de mon père, adossé au foyer; assis sur ce siège, il boit le vin comme un immortel. Ne t'arrête pas au-près de lui, mais embrasse les genoux de notre mère, afin que tu voies bientêt asec joie le jour du retour, quand même tu serais d'une contrée lointaine. Si des pensées amies s'élèvent pour toLdans son eœur, tu peux espérer de revoir ceux qui te sont chers, de ren-trer dans ta belle demeure, dans la terre de ta patrie. * Elle dit, et de son fouet brillant elle frappe les milles, qui, s'éloi-- Et elle est facilement reconftaissable, et un enfant tout-jeune y conduirait ; car des demeures de Phéaciens n'ont pas été bâties [ci, ressemblant en quelque chose à celle-telle qu'est la maison du héros Alcinoüs.
Mais quand la maison et la cour auront caché (reçu) toi, tu devras traverser fortvite le palais, jusqu'à ce que tu sois arrivé à ma mère ; or celle-ci est assise au foyer à l'éclat du feu, tournant dans sa main des fils teints-de-la- pourpre-de-la-mer, chose-admirable à voir, appuyée à une colonne ; [derrière.
et les servantes sont assises à elle par Et là le siége de mon père est appuyé à l'éclat du feu (au foyer), sur lequel celui-ci assis boit-du-vin comme un immortel.
Ayant dépassé celui-ci tu devras jeter (étendre) les mains vers les genoux de notre mère, afin que te réjouissant tu voies promptement le jour tlu-retour, si même tu es tout à fait de loin.
Si celle-ci du moins pense pour toi des choses amies dans son cœur, ensuite (dès lors) espoir est à toi et de voir tes amis - - [bâtie et d'arriver dans ta demeure bien-et dans ta terre patrie. »
Ayant parlé donc ainsi elle-fouetta les mules de son fouet brillant (magnifique) ; gnant aussitôt des eaux du fleuve, s'élancent et volent avec rapidité. Nausicaa retient les rênes, pour qu'Ulysse et les servantes puissent la suivre à pied, et de son fouet excite les mules avec art. Le soleil se coucha, et ils arrivèrent au bois magnifique consacré à Minerve; le divin Ulysse s'y arrêta, et adressa sur-le-champ ses vœux à la fille du grand Jupiter:
« Écoute-moi, fille de Jupiter qui porle l'égide, vierge indomp-table; exauce-moi en ce jour, puisque tu ne m'entendais point quand j'étais accablé et poursuivi par l'illustre dieu qui ébranle la terre. Fais que les Phéaciens m'accueillent avec blenveillauce- c l pitié. »
Il prie ainsi, et Pallas l'entend; mais elle ne se montre pas en-core à lui, car elle redoute le frère de son père ; et ce dieu conserva son violent courroux contre le divin Ulysse jusqu'au jour où il rentra dans sa patrie. et celles-ci quittèrent promptement le courant du fleuve ; et celles-ci couraient bien, et enjambaient bien avec les pieds.
Mais elle (Nausicaa) tenait-les-rênes fort attentivement, afin que et les suivantes et Ulysse suivissent ensemble allant-à-pied ; et elle lançait-sur les mu les son fouet avec intelligence (art), Et le soleil se coucha, et ceux-ci arrivèrent au magnifique bois sacré de Mmenc, où donc le divin Ulysse s'assit, Aussitôt ensuite il pria la fille du grand Jupiter:
« Écoute-moi, Indomptable, enfant de Jupiter qui-a- une-égide; maintenant donc entends-moi, puisque auparavant tu n'as jamais moi brisé, [écouté quand l'illustre dieu qui-ébranle-la terre brisait moi. [j'arrive' Donne (accorde) moi arriver (que chez les Phéaciens agréable et inspirant-la-pitié. »
Il dit ainsi en priant ; et Pallas Athéné entendit lui ; et elle nese montrait pas encore à lui paraissant-en-face ; car elle craignaitle frère-de-son-père; et celui-ci était courroucé violemment contre Ulysse pareil-à-un-dieu, avant que lui arriver (qu'Ulysse ar-dans sa terre. [rhât)