SUR LE SIXIÈME CHANT DE L'ODYSSEE
Page 72:1. TTrepeiip. La plupart des commentateurs pensent qu'il est question de la ville de Sicile qui fut appelée depuis Camarina. On sait que les Cyclopes habitaient en Sicile, dans le voisinage du mont Etna.
- 2. ~Navo-iOooç. Il était fils de Neptune. Voy. chant VII, vers 56--
- 3. 'ÀXtpYiGTaeov. Cette expression ne s'applique pas aux Cy-clopes; c'est, comme ~[/.épouse, une épithète générale que le poëte donne non pas à telle ou telle espèce d'hommes, mais à tous les hommes.
— 4. XII' 6 ILÈV, etc. Nous avons déjà vu ce vers, chant III, 410. - Page 76 : 1. Ot Y.É ~a' oymvtocc. Ces mots désignent à la fois l'époux lui-même et le paranymphe, ou jeune garçon choisi pour conduire la nouvelle mariée dans la maison de son époux. Suivant quelques commentateurs, il est question de l'époux seul, et si Homère emploie le pluriel, c'est que sa pensée se porte sur les nombreux prétendants qui aspirent à la main de Nausicaa.
Page 78 : 1. Mw et NavctXKxv forment une sorte de pléonasme. De même, chant l, vers 194 : -
— 2. ~'HXaxara orpaxpwa-a. Dugas Monlbel : « Les commentateurs observent que filer était l'occupation distinctive des reines, et qu'au quatrième chant une des suivantes d'Hélène porte la quenouille de cette princesse. Ce devait être aussi l'occupation des femmes de nos anciens rois;.de là cette expression, que le royaume de France ne peut tomber en quenouille. »
Page 80 : 1. 'ïmp-ceçti-Q désigne le coffre du chariot, qui s'appalait ainsi, suivant Eustathe, parce qu'il était placé au-dessus de l'essieu ~(ÛTuépTepoç, de ùrap).
Page 82 : 1. '1\.nOCt est une sorte de pléonasme ; Nausicaa est accompagnée, non pas par les autres suivantes, ce qui n'aurait pas de
NOTES SUR LE VIe CHANT DE L'ODYSSÉE. 115 sens, puisqu'il n'est question que de celles-là, mais par d'autres femmes, qui sont des suivantes. De même, chant I, vers 132 : Il s'agit là de Télémaque et de Minerve, et ni l'un ni l'autre ne pré-tendait à la main de Pénélope.
— 2. 'Eççopeov ~(xéXccv üowp. Les jeunes filles remplissent de l'eau du fleuve les lavoirs ou plutôt les bassins où elles vont plonger le linge. D'autres entendent : Elles portèrent le linge dans l'eau noire du fleuye.
Page 84 : ~1. ■MoX7r?jç signifie ici jeu, divertissement, bien que son sens le plus ordinaire soit chant. C'est ainsi qu'on lit plusieurs fois dans Homère : Kuvûv [jiX7n]0pa ~yzvéaQm, devenir le jouet, la proie des chiens.
— 2. Oïrj 8' ~"Apreyuç, etc. Virgile, Énéide, L 498 :
Qualis in Eurolæ ripis ant per juga CynthI
Exercet Diana choros, quarn mille secutæ --
Hine atqne hinc glomerantur Qreades; ilia pharetram
Fert humero, gradiensque deas supereminet omncs;
Latonæ taciluin pertentant gaudia pectus.
— 3. ~TY$Y £ tovI le Taygète, montagne de Laconie, terminée par Ie cap Ténare ; c'est aujourd'liui le mont Maina. — ~'Epu(iav8ov, l'ltry-manthe; montagne d'Arcadie, sur les confins de l'Arcadre et de 1T5-fide, aujourd'hui le mont Xiria.
Page 92 : 1. AEU(7G-6VTWV, génitif absolu. Le poëte change de tour-nure; un prosateur aurait mis de preference ~Xsucraouai, se rapportant à ff<piau — 0aXo; et ~&t;oixveu<7av ne s'accordent pas selon la syn-taxe, mais selon l'idée, puisque, dans la pensée du poëte, 0aXo?, quoique neutre, désigne Nausicaa. Euripide dit de même dans ses Bacchantes, 1169 : Ti52' ~lp'/oç. xoa0av6v0' ópw.
~— 2. £ E'6a? (JL' exei EUopd&ma. Yoy. chant III, vers 123.
— 3. ~Ar|)ip. Dugas Montbel : « C'est ici la seule fois, soit dans I'lliadey soit dans VOdyssee, qu'il est question de Délos, qui jouit au-trefois d'une si grande célébrité par ses brillantes députàtions, nom-mées théories. Ce n'est aujourd'hui qu'une ilc pauvre, à peine habi-tée, qui, sous le nom de Dili, n'est plus connue que de quelques curieux qui vont visiter des ruines presque entièrement effacées. »
Page 94 : 1. MdXiffxa os t' exXvov auToi. Celte phrase a été Men diversement traduite; les uns entendent, comme nous l'avons fait: 116 NOTES SUR LE Vle CHANT DE L'ODYSSÉE.
Ce sont eux-mêmes surtout qui ressentent les effets de cette con-corde. a D'autres : a Ils deviennent eux-mêmes célèbres. » D'autres : « Ils s'entendent eux-nrêmes louer, c'est-à-dire ils ont une bonne rc-nommée. D II est assez probable que le passage est altéré.
Page 96 : 1. Kaxw. II est question ici de la bassesse de l'origine, et non pas de la lâcheté, comme le démontre fort bien le savant Bothe dans son commentaire.
Page 98 : 1. TIpòç ÅLÓÇ. La religion des anciens metlait les pauvrcs et les étrangers sous la protection de Jupiter. Le meurtre d'un hóte n'était pas considéré seuIement comme un crime, mais aussi comme fin sacrilége.
— 2. ~'OXi'yY] se rapporte à celui qui donne, et cptÀ"!J à celui qui re-çoit.
- 3. ~Aouffa-re. Dans l'antiquité homérique, c'étaient toujours les servantes, quelquefois même les épouses et les filles des héros , qui lavaient les Strangers.
Page 100 : 1. Tov jxev ~'A0r)vaiY], etc. Yirgile, Énéide, 1,588 :
Restitit Æneas, claraque in luce refulsit,
Os humerosque Deo similisj namqne ipsa decoram
Cacsariein nalo genitrix lumenque juveutae
Purpureum et lælos oculis afflaral Ìlonores.
Quale manus ad<lunt ebnri decus, aut ubi flavo
Argentuin Pariusye lapis circumdatur auro.
Page 102: t. ~KaXXei <ttiXgwv. Homère dit de même dans l'Iliade, chant III, vers 390, en parlant de Paris: KotUet TE a-rtMwv xal ~Efyaaiv.
Page 104 : 1. 'AUa ~WXÀ', etc. Nous avons vu le même vers au chant Y, 342.
— 2. "Epya. Chez les anciens poëtes, comme Homère et Hésiodc, ?PYa s'emploie très-fréquemment pour parler des travaux des agri-culteurs, et même, dans un sens plus large encore, des terres cultivées.
Page 106 : 1. ~'PuxoTcriv XaEffut, des pierres charriées, des pierres qu'il faut transporter sur des chariots, tant elles sont grosses, c'cst-à- dire des pierres de taille.
— 2. KCY.XW'tEPOÇ. Voy. Ia note 1 de la page 96. II n'est pas besoiu de donner ici le sens de mechanjt à l'adjectif )t(Xxóç. Les homines d'une condition inférieure sont presque toujours portés à médire des puissanls,
Page 108 : 1. "Oaaov. ~porja-a:. Voyez chant V, vers 400.
Page 110 : 1. ~KE)tvÐwat, t'auront caché, c'est-à-dire t'auront reçu.
— 2. ~'HixetEpric se rapporte à Nausicaa elle-même et aux autres en-fants d'Alcinous.