‹ Chants V, VI, VII et VIII de l'OdysséeChapitre 9 sur 13 · CHANT VII · texte numérisé non relu

CHANT VII

Ainsi priait là le très-patient et divin Ulysse; et la vigueur des deux-mules portait la jeune-fille vers la viJIe.

Et lorsque done celle-ci fut arrivée aux très-glorieuses demeures de son père, [bule ; elle les arrêta donc dans le vesti-et ses frères, semblables à des immortels, se tenaicnt autour d'elle :

lesquels donc détachaient les mules de dessous le chariot, etportaientau dedans les vêtements, Et elle-même alia dans sa chambre ; et une vieilIe-femme d'-Apirée, la servante Eurymëdnse, que jadis des vaisseaux bailouts amenèrcnt d'Apiréc, allumait à elle du feu ; [tage or ils avaient soustrait elle au par-comme présent pour Alcinoüs, parce qu'il commandait à tous les Ph^aciens, et que Ie peuple l'écoutait comme un dieu ; laquelle nourrit daus le palais fut elle qni éleya dans le palaisNausicaa aux bras blancs. Elle alluma le feu et prépaTa ensuite le repas du soir.

Cependaut Ulysse se levait pour se rendre å la ville; Minerve, Ie Toeur occupé de pensées amies, répand autour de lui un épais nuage, afin que ceux des magnanimes Phéaciens qui viendraient à le ren-contrer ne lui adressent nulle parole amfere et ne lui demandent pas qui il est. II allait pénétrer dans la délicieuse cité, lorsque MinerTe aux yeux bleus se présenta à lui, sous la forme d'une jeune fHle qui portait une urne; elle s'arrêta devant lui, et le divin Ulysse Pinter-rogea:

« Mon enfant, ne pourrais-tu pas me conduire vers la demeure du héros AJcinoiis, qui eommande à ce peuple ? Je suis un malheureux 6trangert et j'arrive ici d'une terre lointaine; je ne connais aucun des mortels qui habitent cette ville et ces campagnes. D

La déesse aux yeux bleus, Minerve, lui répondit : « Vénérable ODYSSÉE, Y1I. 0 Nausicaa aux-bras-blancs.

Celle-ci allumait le feu à elle, et apprêtait le repas-du-soir -au dedans.

Et alors Ulysse se leva pour aller .i la ville; niais Minerve, ayant-des-pensées amies pour Ulysse, [dant, versait autour de tui un nuage abon-de peur que quelqu'un des Phéaciens magnanimes l'ayant rencontré et ne le railiat par des paroles -et ne lui-demandât qui il était.

Mais lorsque déjà donc il dtait-sur-le-point d'entrer dans la ville aimable, là la déesse Minerve aux-yeux-bleus vint-à-la-rencontre-de lui, ressemblant à une jeune-fille viergc ayant une urne; et elle s'arrêta devant lui; et le divin Ulysse l'interrogea:

a 0 mon enfant, ne pourrais-tu pas conduire moi à la demeure de l'homme qui commande parmi ces hommes-ci, d'Alcinous 1 Et en effet moi je suis arrivé ici étrangerayant-souffert-des-6preuves, de loin d'uue terre lointainc ; pour cela je ne connais aucun des hommes qui habitent-cette ville et ces cultures (champs). a

Et la dgesse Minerve aux-yeux-bleus étranger, je t'indiquerai cette demeure comme tu Ie désires, car elle est voisine de celle de mon noble père. Mais marche en silence, je te montrerai lechemin; ne regarde, n'interroge personne. Les habitants de ce pays n'accueillent pas volontiers les étrangers, et ne reçoivcnt pas avec bienveillance ceux qui viennent d'une autre terre. Confiants en leurs rapides vaisseaux, ils traversent l'ablme immense, tavo-risés par le dieu qui ébranle la terre, et leurs navires sont aussi prompts que l'aile de l'oiseau et que la pensée. » Ayant ainsi parlé, Minerve le précéda d'un pas rapide, et il s'avança sur les traces de la déesse. Les Phéaciens, ces glorieux navigateurs, ne le virent pas tandis qu'il traversait la ville au milieu d'eux. Mi-nerve à la belle chevelure, redoutable déesse, ne le pcrmettait point; car, le cœur occupé de pensées amies, elle avait répandu autour de dit-à -celui-ci à-son-tour :

« En effet je montrerai à toi, étranger mon père (vénérable), la maison que tu invites moi à te mon-car Altinous habite à moi [trer; près de mon père irréprochable.

Mais marche en silence ainsi ; et moi je te guiderai dans la route; etne regarde pas et n'interroge pas quelqu'un des hommes.

Car ceux-ci ne reçoivent pas beaucoup les homines étrangers, et ne traitent-pas-en-ami en l'accueillant-affectueusement celui qui a pu venir d'ailleurs.

Cenx-ci se fumt à des vaisseaux rapides et prompts traYersent le grand gouffre, puisquele dieu qui-dbranle-la-terre a donné cela & eux ; desqucls les vaisseaux sont rapide.s comme l'aile des oiseaux ou comme la pensée. »

Ayant parlé donc ainsi Pallas Minerve marcha-la-ptemiere avec- rapidity; et hii ensuite marcTiait après (sur) les traces de la déesse.

Et donc les Phéacienscélèbres-navigateurs ne virent pas lui s'a*ancaut dans la ville à tcavers cux; car Minerve aux-beaux-cheyeux déesse terrible (puissante) , ne le permettait pas, elle qui donc versait-sur lui une obscurity divine, ayant-des-pensées amies dans un cœur. lui un image divin. Ulysse admirait les ports, les vaisscaux magnifi-ques, les places où s'assemblaient les héros, leurs hautes murailles garnies de palissades, spectacle prodigieux. Quand ils furent arrivés à la demeure superbe du roi, la déesse aux yeux bleus, Minerve, lui adressa la parole :

« Vénérable étranger, yoici la demeure que tu m'as priée de t'indi-quer; tu y trouveras les rojs, enfauts de Jupiter, assis à un feslin; entre, et que tou cœur soit sans crainte; car l'hommc intrépide réus-sit mieux dans tous ses desseins, lors même qu'il vient d'une terre étrangère. Tu chercheras d'abord la reine dans Ie palais; son nom est Arété; elle est issue des mêmes parents qui out cngendrS le roi Alcinoüs. Jadis Nausithous reçut le jour de Neptune qui ébranle la terre et de Péribée, la plus accomplie des mortelles et la plus jeune des filles du magnanime Eurymédon, qui régnait autrefois sur les L'ODYSSÉE, vh. 125 Mais Uljsse admirait les ports et les vaisseaux égaux , et les places des heros eux-mêmes et les longues murailles, hautes, adaptées à des (munies de) palissades, prodige à voir.

Mais lorsque déjà ils furerit arrives aux demeures très-glorieuses du roi, alors la déesse aux-yeux-bleus Minerve commença les propos à (entre) eux :

« Stranger mon père, celle-ci donc est à toi la demeure, que tu invites moi à t'indiquer; et tu trouveras les rois nourrissons-de-Jupiter mangeant le repas ; mais toi va au dedans et ne crains pas quelque chose dans ton coeur; car l'homme qui-a-de-l'assurance est meilleur (réussit mieux) dans tous les travaux, [ailleurs.

si même il est venu de quelque-part D'abord -tu trouveras (aborderas) la reine dans le palais; et le nom donné-comme-nom à elle est Arété , et elle est née des mêmes parents qui ont engendré le roi Alcinous.

D'abord Neptune qui-ébranle-Ia- terrea eugendré Nausithoüs , et (qu'il a eu de) Péribée, la meilleure dos femmes en forme fille la pins jeune [(beautd), du magnanime Eurymédon ; lequel (Eurymédon) jadis régnait fiers Géauts; mais Eurymddon anéantit ce peuple impie, et il pint lui-même. Neptune s'unit à Péribée, qui mit au monde k magua-nime Nausithoüs, roi des Phéaciens; Nausithoiis engendra Rhexénor et Alcinous. Apollon à l'are d'argent frappa Rhexdnor dans son palais, alors que jeune époux il n'avait point encore de fils; il ne laissa qu'une fille, Arété, Alcinous la prit pour compagne, et il I'honora comme n'est honorée sur la terre nulle autre des femmes qui gouverneat une maison sous les lois dlun époux. Elle est entourée de respect et d'amour par ses enfants bieo-aimés, par Alcinous lui-même et par nos citoyens, qui la regardent comme une déesse et la saluent df leurs voeux quand, elle se proii&iie dans la ville. Elle n'est point dé-pourvne de sagesse, et sa bonté apaise les querelles qui s'élèvent L'ODYSSÉE, vn. 127 sur les Géants superbes ; -mais celui-ci perditce peuple injuste, et il pdrit lui-même.

Neptune donc s'unit à celle-ci et engendra un fils-, le magnanime Nausithoüs, quicommandait chez les Phëaciens; et Nausithous engendra et Rhexénor et Alcinoüs.

Apollon à-l'arc-d'argent frappa l'un, étant sans-garçon , jeune-dpoux dans son palais, ayant laissé une seule fille Arété :

et Alcinoiis Ht celle-ci son épouse, et honora elle, comme aucune autre n'est honorfie sur la terre, par mi les femmes lesquelles-toutes femmes mamtenant du moinsont une maison sous des (soumises à des) époux.

Ainsi celle-ci et a été honorée grandement dans le cœur et est encore honorée et de-ses enfants cñéris et d'Alcinoűs lui-même et des peuples, qui donc regardant elle comme une déesse, l'accueillent par des paroles amies, quand elle va dans la ville.

Et assurément elle-même du moins ne manque pas en quelque chose d'un esprit bon (sage); et elle délie (concilie) les querelles Ateux pour lesquels elle pense bien même étant hommes. -entre les hommes, Si son cœur est bienveiilant pour toi, tu penx espérer fterevoir tes amis, de renlrer dansla haute demeure et sur le sol de ta patrie.»

A ces mots, Minerve aux yeux blcus s'éloigna vers la mer inféconde et quitta la délicieuse Schérie; elle se rendit à Marathon et dans Athènes aux larges rues, et entra dans le temple solide bdti par Érechthée, Ulysse s'avança vers Ie magnifique palais d'Alcinofls, et debout il roulait mille pcnsdes dans son coeur avant de franChir le seuil d'airain. Le palais éievë du magnanime Alcinouar brillalt d'un éclat pareil à celui dusoleilou de la lune. De tous cOtés, depuis le seuil jusqu'au fond de la demeure, s'étendaient des murs d'airain, couronnés d'un métål d'azur; des portes d'or ferniaienti l'intérieur Ie solide palais; des montants d'argent se dressaient surle seuil d'airain; le linteau était aussi d'argent, et 1'anneau d'or. De cbaque cðté se Si celle-lk du moins a-des-pensees amies pour toi dans son cœur, ensuite (dès lors) espoir est à Loi et de voir tes amis et de retourner dans ta demeure au-toit-élevé et dans ta terre patrie. p

Ayant parlé donc ainsi Minerve aux-yeux bleus s'en alla sur la mer fnteconde ; et elle quiLta l'aimable Schérie ; et elle alia dans Marathon et dans Athènes aux-larges-rues, et entra dans la demeure solidc d'Érechlhée.

Mais Ulysse alla vers les demeures glorieuses d'Alcinous; [^ees ct le ræur agitait beaucoup-de peu-a lui se tenant-debout, avant d'être arrivé au seuil d'-aiiain.

Car un éclat comme celui du solcil ou de la lune était dans la demeure au-toit-élevé du magnanime Alcinoüs.

Car des murs d'--airahi avaient été conduits ici et la [lais; depuis le seuil jusqu'au fond du pa-et autour etait un couronnement de mélal-bleu; et des portes d'-or fermaient en dedans la demeure solide; et des nionlants d'-argent se tenaient-debout sur le seuil d'-airain, et le linteau au-dessus était d'-argent, et l'anneau etait d'-or. tenaient des chiens d'or et d'argent, sortis des mains habiles de Vulcain pour garder la maison du magnanime Alcinoüs; ils étaient immortels et à jamais exempts de vieillesse. An dedans, et de tous côtés, depuis le seuil jusqu'au fond, des siéges dtaient adossas, à la muraille: on avait étendu des tapis fins et tissds avec art, oimage des femmes. C'est là que les chefs des Phéaciens prenaient place pour manger et pour boire; car leu rs banquets étaient sans fin. De jeunes garçons en or, debout sur des socles habilement construits, tenaient dans leurs mains des flambeaux allumés et éclairaient pendant lanuit les convives réunis dans le palais. Cinquante servantes 6taient occu-pées, les unes à hroyer sous la meule le blond froment, les autres à ourdir la toile et à agiter les luseaux, toutcs assises et semblables aux feuilles du peuplier élancé; on eût dit que des étoffes qu'elies tissaient coulait une huile linipide. Autant les Pbéaeiens sont plus Et de-run-et-l'autre-c6t6 glaient des chiens d'-or et d'-argent, que Vulcain avait fabriqués d'un esprit habile, pour garder la demeure du magnanime Alcinoüs, étant immortels et excmpts-de-vieillesse pendant tous les jours (à jamais).

Et au dedans des siéges [raille avaient été appuyés autour de la mu-ici et Id, depuis le seuil jusqu'au fond sans-discontinuer; là au dedans des voiles (tapis) légers et bien-tissés avaient été jetés (étendus), ouvrages de femmes.

- Et là siégeaient les chefs des Phéaciens, buvant et mangeant; (lement.

car ils avaient des repas perpétuel-- Et donc de jeunes-garçons d'-or se tenaient sur des socles bien-con-ayant entre les mains [struits, des flambeaux allumés, Eclair ant les convives pendant les nuits dans les demeures.

Et pour 1 ui (Alcinous) dans la demeure c'nquante femmes servantes, les unes broient sur la meule-le froment blond, les autres tissent des toiles ettournent dans leurs mains des fits, assises, et telles que sont lesfeuilles du long peuplier; et une huile humide coule des toiles bien-tissues. adroits que les autres hommes à pousser sur la mer le rapide navire, autant leurs femmes excellent à ourdir la toile; car Miuerve leur a donne l'habilelé dans les travaux et les sages pensées, En dehors de la cour, et près de la porte, se trouvait un grand jardin de quatre arpents, entouré d'une haie. Là croissaient de hauts arbres au veit feuillage, poiriers, grenadiers, pommiers aux fruits magnifiques, figuiers délicieux et verdoyants oliviers. Jamais les fruits ne périsseut on ne manquent, ni l'hiver, ni l'été; mais, durant toute l'année, le souffle du Zéphyr fait naitre les uns et murir tes autres. La poire vieillit près de la poire, la pomme près de la pomme, le raisin près du raisin, la figue ptès de la figue. On y avait planté une vigne fé-conde: icl le terrain uni est séché par les rayons du soleil; là on Autant que les Phéaciens [hommes sont habiles au-dessus de tous les à pousser sur la mer un vaisseau rapide, ainsi d'autre-part les femmes sont habiles à fabriquer de la toile; car Minerve a donne à elles supérieu-de savoir [rement et les travaux très-beaux et les pensées bonnes (sages). -- Et en dehors de la cour auprès des portes [pents; est un grand jardin de-quatrc-ar-et une barrière a été conduite tout-autour des-deux-côtés.

Et là avaient poussé de longs (hauts) arbres fleurissants, poiriers et grenadiers et pommiers aux-fruits-brillants, et figuiers doux et oliviers fleurissants.

Desquels le fruit jamais ne périt ni ne manque en hiver ni en été, mais est durant-toute-l'ann^e; mais tout à fait toujours le Zéphyr soufflant fait-pousser les uns, et en fait-mûrir d'autres.

La poire mûrit au-dessus de la poire, et la pomme au-dessus de la pomme, d'autre-part la grappe au-dessus de la grappe, et la figue au-dessus de la figue.

Et là une vigne aux-fruits-nombreux a été plantée à lui; de taquelle à la vérité un sdchoir dans un.endroit uni est essuyé par le soleil, vendange les grappes, là on foule le raisin; sur le devant, de jeunes rejetons se couvrent de fleurs, tandis que plus loin les grappes commencent à noircir. Dans le fond s'élendent des plates-bandes qui donnent toute l'année des produits varies. Deux fontaines jaillis-sent: l'une arrose tout le jardin, l'autre dirige ses eaux , en passant sous le seuil de la cour, vers le palais élevé, où vienncnt puiser les habitants. Tels étaient les superbes présents des dieux dans la de-meure d'Alcinoiis.

Le patient et divin Ulysse s'était arrêté et contemplait. Quand il eut tout adinirl en son cœur, il franchii rapidement Ie seuil et entra dans le palais. II y trouva les chefs et les princes des Phéaciens fai-sant avec leurs coupes des libations au sage meurtrier d'Argus; car c'était à lui qu'ils offraient les derniers hoinmages, lorsqu'ils son-geaient à goûter le sommeil. Mais Ie divin Ulysse traversa Ie palais , enveloppé de l'épais nuage que Minerve avait répandu autour de lui, et donc Us vendangent d'autres grap-et en foulent d'autres; [pes, et sur-le-devant sont des gràppes vertes, jetant-au-deliors leur fleur,et d'aulres commencent-i-noircir.

Et là des carrés de-toute-sorle arrangés (cultivés) [rangée, ont poussé le-long-de la dernifcre fleurissant perpétuellement; * et au dedans sont deux fontaines, dont l'une se répand dans tout le jardin, et l'autre de-l'autre-c6t(§ [cour envoie ses eaux sous le seuil de la vers la demeure élevée, d'ou les citoyens puisaienl-de-1'eau.

Donc de tels présents magnifiques des dieux étaient dans la demeure d'Alcinous.

Se tenant là le trfes-patient et divin Ulysse contemplait. [choses Mais quand il eut contemplé toutes dans son cœur, il alla promptement par-dessus (en franchissant) le seuil au dedans de la demeure.

Et il trouva les conducteurs et chefs des Phéaciens faisant-des-libations avec des coupes au clairvoyant meurtrier-d'Argus, auquel le dernier ils faisaient-des-libatrons, quand ils se souvenaient de leur lit.

Mais le très-patient et divin Ulysse alla à travers la demeure, ayant le nuage abondant (épais) [lui, que Minerve avait répandu-autour-de jusqu'à ce qu'il fut arrivd auprès d'Arété et du roi Aicinoüs; puis ii embrassa de ses mains les genoux de la reine. Alors le nuage dhiu sNHoigna de lui. Tous les coirvivcs qui etaientdans le palais restèrenl muets à sa vue et le regarderent avec admiration, tandis qu'il fai-sait entendre cette prière :

« Arété, fille du divin Rhexénor, j'arrive après mille souffrances a tes genoux, près de ton époux et de ces convives. Puissent les dieux leur donner une heureuse existence! Puissent-ils transmeltru å leurs enfants leurs richesses, leurs palais et les lionneurs que lc peuple leur a ddcernds! Pour moi, hâtez mon départ, afiu que je rentre au plus tôt dans ma patrie; car voilà bien longtemps que je souffre loin de mes amis. 11 --

11 dit, et s'assit près du feu, dans les cendres du foyer; mais tous les Phéaciens gardaientle silence. Enfin le vieux héros Échénéus prit la parole; c'était le plus âgé d'entre tous les Ph £ aciens, et le pre-jusqu'à ce qu'il arriva eet à Arété et au roi Alcinoüs.

Et Ulysse done jeta les mains autour des genoux d' Arété.

Et alors ùéjà donc le nuage divin se répandit de nouveau loin de lui.

Et ceux-ci, ayant vu un homme, - devinfent muets dans la demeure; et regardant ils admiraient; mais Ulysse suppliait ;

« Arété, iille de Rhexénor pareil-à-un-dieu, ayant souffert beaucoup, je suis venu et à ton mari et à tes genoux, et à ces convives-ci; [ner auxquels les dieux puissent-ils don-de vivre heureusement, et chacun d'eux puisse-t-il transmettre à ses enfants ses biens dans son palais et l'honneur que le peuple lui a donne.

Mais préparez à moi la conduite pour arriver promptement dans ma puisque depuis-longtemps [patrie, je souffre des maux loin.de mes amis.»

Ayant dit donc ainsi il s'assit sur le foyer, dans les cendres, auprès du feu; et ceux-ci done tous furent en-se-taisant dans le silence.

Mais tard enfin le vieux héros Éehénéus, [sance qui done était plusancien-par-la-nais-que les hommes Phéaciens et l'emportait par les discours, sachant des choses et ancienues mier par son éloquence et par son ancienne expérience; il parla ainsi d'un cceur bienveillant:

« Alcinoüs, il n'est pas honorable pour toi, il ne convient point qu'uu étranger reste assis dans les cendres de ton foyer; tous ceux qui sont ici se coutiennent et attendent que tu parIes. Allons, fais relever l'étranger, et place-le sur un siége aux clous d'argent; puis ordonne à tes hérauts de nous verser du vin, afin que nous fassions des libations à Jupiter, au roi de la fOlldre, au compagnon des au-gustes suppliants. Que ton intendante serve à l'étranger les mets qu'elle tient en reserve. »

Quand le divin Alcinoiis eut entendu ces mots, il prit la main du sage et rusé Ulysse, le fit lever du foyer et le fit asseoir sur un sidge magnffique, à la place de son fils, le brave Laodamas, qui se teuait auprès de lui, et qu'il chérissait entre tous ses enfants. Une servante vint répandre l'eau d'une belle'aiguière d'or sur un bassin d'argent et nambreuses, prit-la-parole; lequel dtant-bienveillant pour eux harangua et dit : -

u Alcinoiis, ceci à la vdritS n'est pas plus beau et ne Gonvient pas à toi, un étranger être assis par-terre sur le foyer dans les ceudres; mais ceux-ci se contiennent attendant ton discours.

Mais allons déjà l'ayant fait-lever fais-asseoir l'étranger sur un stege aux-clous-d'argent; et toi ordonne aux hérauts de mélanger le vin, afin que aussi nous fassrons-libation à Jupiter qui-aime-la-foudre, qui accompagne ensemble (marchant les suppliants vénérables; [avec eux) et que nntendante donne à l'étranger un repas des mets qui sont au dedans. »

Mais après que la sainte yjgueur d' Alcinoüs eut entendu ceci, ayant pris par la main Ulysse prudent, aux-conseils-variés.

51 le fit-lever du foyer et le fit-asseoir sur un siége brillant, ayant fait-lever son fils, Laodamas ami-de-la-bravoure, qui était assis auprès de lui, et il aimait lui le plusr Et une servante versa en l'apportant de l'eau-pour-ablution d'une aiguière belle, d'-or, au-dessus d'un bassin d'-argeut, pour se laver; HO pour faire les ablutions; puis elle plaça devant Ulysse une table polie. L'intendante vénérable apporta Ie pain et le déposa sur la table avec des mets nombreux, servant tous ceux qu'elle avait en réserve. Le divin et patient Ulysse buvait et mangeait, quand Alcinous dit au héraut :

aPontonoùs, mélange le cratère, et verse le via à tous ceux qui se trouvent dans le palais, afin que nous fassions des libations à Ju-piter, au roi de la foudre, au compagnon des augustes suppliants. »

II dit; Pontonous mélangea Ie vin doux comme miel, et le dis-tribua ã tous les couvives dans des coupes. Quand les libations furent termindcs et qu'ils eurqnt bu selon leur désir, Alcinous prit la pa-role et dit:

« Ecolltez, conducteurs et chefs des Phéaciens, afin que je dise ce que m'inspire mon cœur. Ma in tenant que le repas est terminé, allez dormir chacun dans volre demeure ; demain, des l'aurore, nous ras-et elle étendit (plaça) auprès .une table polie.- Et une intendante vénérable plãça-auprès-de lui du pain en l'apportant, ayant mis-sur la table des mets nombreux, le gratiflant [gardés).

des mets qui étaient-Ià (qu'on avail Mais le trfcs-paticnt et divin Ulysse buvait et mangeait; et alors la vigueur d'Alcinoiis dit au lidraut :

« Pqntonoüs, ayant mélangé un cratère, distribue du vin-pur à taus dans le palais, afin que aussi nous fassions-libation à Jupiter qui-aime-la-foudre, qui accompagne ensemble (marche les suppliants vénérables. » [avec) II dit ainsi ; et Pontonoüs mélangeait un vin doux-comme-miel; ct il distribua donc à tous offrant dans des coupes, [libations Mais après que et ils eurentfait-des-et ils eurent bu aulant que leur coeur voulait, alors Alcinoiis harangua et dit-à eux :

« Écoutez, conducteurs et chefs des Phéaciens, afin que je dise les choses que mon cœur dans ma poitrine invite mol d dire.- Maintenant ayant fait-le-repas allez-vous-coucher étant allés dans votre demeure; mais dès l'aurore semblerons les vieillards eu plus grand nombre, nous ferons fête à l'étranger dans le palais, et mous offrirons aux dieux de beaux sacri-fices ; puis nous nous occuperons du tlépart, alin que, conduit par nous, sans peine et sans fatigue , l'étranger rentre promptement et avec joie dans sa patrie, quand même il habiterait bien loin de ces lieux; nous veillerons à ce qu'il n'éprouve aucun malheur, aucune souffrance avant d'avoir touchy sa terre natale; là, il subira la des-tinée que le sort et les Parques altières ont filée pour lui, quand sa mère lui donna le jour. Si c'est un immortel descendu du ciel, sans douteles dieux ont formé qnelque nouveau dessein. Jusqu'i ce jour, ils se manifestent à nous quand nous leur immolons de riches héca-tombes, et ils viennent.prendre place à la table où nous sommes assis. ayant appelé de plus nombreux vieillards nous traiterons - hospitalicfrenient dans le palais [I'élranger et ferons aux dieux de beaux sacrifices; et ensuite aussi nous ferons-mention au-sujet-de la conduile, afin que l'étranger, sans peine et sans ennui, sous notre conduite arrive promptement se réjouissant dans sa terre patrie, si mfime il est tout k fait de loin; et qu'il n'dprouve pas quelque mal-et quelque dommage [heur dans-l'intervalle du moins, avant que lui être (qu'il soit) entré dans sa terre; mais lå ensuite il subira les choses que le Destin et les Filandiferes (Parqucs) pesantes ont filées de leur fil à lui naissant, lorsque sa mère enfanta lui.

Mais si c'est quelqu'un des immortels du moins qui est descendu du ciel, ensuite assurément les dieux machinent quelque autre chose en ceci.

Car toujours dans le temps d'auparavant du moins les dieux apparaissent manifestes à nous, quand nous faisons (immolons) des hécatombes magnifiques; et assis ils festinent auprès de nous, Id où nous festinons aussi.

Et si donc quelque voyageur Que si même un voyagejir solitaire vient å les rencontrer, ils ne se cachent point à lui; car nous leur tenons de près, comme les Cyclo-pes et la race sauvage des Géants. D --

Le sage Ulysse lui rdpondit: a Aleinoüs, forme d'autres pensées; je ne ressemble ni par les trails, ni par la taille, aux dieux qui habi-tent le vaste Olympe, mais bien aux bumbles mortels; et si quel-ques-uns sont connus de vous pour avoir plus soufferl que tous les aulres, je puis m'égaler à eux en infortune. Certes je pourrais vous racontcr bien des malheurs que j'ai endurés, tous par la volonté des dieux. Mais laissez-moi acliever mon repas, nialgrg mon affliction. U n'est rien de plus importun que cet odieux es!omac, qui force l'homme le plus miserable, celui qui porte Ie deuil dans son coeur, à s'occuper de lui. Moi aussi, j'ai le deuil dans l'âme; et pour-- L'ODYSSÉE, vn, 145 ODYSSEE, VII. 7 même allant seul s'est présellté, Us ne se cachent pas; [rents) à eux, puisque nous sommes de près (pa-comme et les Cyclopes et les peuplades sauvages des Géants. w

Et Ulysse plein-de-prudence répondant dit-à lui :

a Alcinoüs, que quelque autre chose soit-i-souci à toi à (dans) ton esprit; [semblable) car je ne ressemble pas (ne suis pas aux immortels qui ont (habitent) le vaste cie), ni de corps ni de taille, mais aux hommes mortels; [sez eeux des hommes que vous connais-portant (endurant) le plus la misene, je pourrais m'égaler à eux en souffrances.

Et aussi encore je pourrais vous raconter des maux même davantage, tous ceux que du moins donc j'ai endures tous-ensemble par la volonté des dieux.

Mais laissez-moi souper, quoique étant affligé.

Car il n'existe pas une autre chose plus importune outre (que) l'estomac odieux, qui ordonne par néeessité -- I'homme se souvenir de lui, , même tout à fait étant affligS et ayant Ie deuil dans l'âme ; ainsi aussi moi j'ai le deuil dans l'âme [toujours; mats celui-ci (l'eslomae) tout à fait tant il m'excite sans relSche à manger et à boire; il me fait oublier tout ce que j'ai soulTert , et me contraint de Ie rassasier. Pour vous, hâtez vos préparatifs des que paraitra l'aurore, afin qu'après tant de maux vous fassiez rentrer un infortuné dans sa patrie; ah! que la vie m'abandonne quand j'aurai revu mes domaines, mes serviteurs. ma haute et vaste demeure. »

II dit: tous l'approuvent et s'exhortent à reconduire l'étranger qui vient de parler si noblement. Quand les libations furent terminées et qu'ils eurent bu selon leur désir, chacun se retira dans sa maison pour dormir. Le divin llysse resta dans Ie palais; près de lui étaient assis Arété et Alcinous semblable à un dieu ; Ies servantes enlevaient les restes du festin ; Arété auxbras blancs prit la première la parole, car elle avait reconnu le manteau et la tunique, ces beaux vétements L'ODYSSÉE, VlI. 147 m'ordonne de manger -et de boire; et il fait-oublier a moi tous les maux que j'ai soufferts, et m'excite à le remplir.

Mais vous songep a vous hâter avec l'aurore paraissant, [patrie afin que vous fassiez-entrer dans ma moi J'infbrtund, quoique ayant souffert des maux nombreux :

et que la vie quitte moi ayant vu mes biens et mes seniteurs et ma demeure grande et au-toít-élevé. »

II dit ajnsi; et ceux-ci donc tous approuvaient et exhortaient à reconduire l'étranger, après qu'il avait parlé selon la convenance. [libations Mais après que et ils eurent fait-des-et ils eurent bu autant que leur coeur voulait, ceux-ci ayaiit-envie-de-dormir allèrent dans leur maison chacun.

Mais le divin Ulysse était laissg dans le palais, et auprès de lui et Arété et Alcinoüs pareil-à-un-dieu étaient assis ; - et des servantes enlevaient les ustensiles du repas ; et Arété aux-bras-blancs commença à eux les ðiscours; car elle reconnut et le manteau et la tunique, ayant vu les vêtements beaux que done elle-même avait faits qu'elle-même avait faits avec ses servantes. Elle adressa donc à Ulysse ces paroles ailées :

CI Stranger, je t'inlerrogerai la première : qui es-tu et d'où viens-tu? qui t'a donné ces vGteinents? Ne nous disais-tu pas; que tu étais arrivé ici après avoir erré sur la mer? »

Le sage Ulysse lui répondit : a II serait diffieile, 6 reine, de te faire Ie récit fidfcle de mes souffrances, car les dieux du ciel m'en ont accablé; mais je répondrai å ce que tu me demandes. II est une île, loin d'ici, au sein de la mer, Ogygie, qu'habite une déesse redoutable, la fille d'Atlas, l'astucieuse Calypso à la belle chevelure, loin de tout commerce avec les hommes et avec les dieux. Pour moi, infortuné, une divinité me conduisit seul à son foyer, après que Jupiter, frappant de sa foudre 6tincelante mon ra-pide vaisseau, l'eut entc'ouvert au milieu du noir Oeéan. Tous mes braves compagnons avaient péri ; saisissant entre mes bras la carfene de mon navire ballotté par les Dots, la vague me porta ainsi pendant avec les "femmes servantes ; et ayant parlé elle dit-4 lui ces paroles aitees :

a Stranger, moi-même j'interrogerai toi d'abord : - [mes es-tu ?

qui et d'où (de quel pays) des horn-qui a donn6 à toi ces vGtements ?

ne dis-tu donc pas être arrivé ici errant sur la mer 1 »

Et Ulysse pkin-de-prudence répondant dit-à elle :

nil est difficile, reine, de raconter d'un-bout--å-l'autre mes souffrances, puisque les dieux du-ciel en ont donné à moi de nombreuses ; mais je dirai à toi ceci, [moi.

sur quoi tu interroges et questionnes Une certaine He est située au loin sur la mer, Ogygie, où habite la fille d'Atlas, l'artificieuse Calypso, [table; ft-la-belle-chevelure, déesse redou-et aucun ni des dieux ni des hommes mortels ne s'unit à elle.

Mais un dieu conduisit à-son-foyer moi l'infortuné seul, après que Jupiter ayant fait-tourner à moi mon vais-l'eut entr'ouvert [seau rapide de sa foudre étincelante au milieu-de la mer noire.

Là mes autres braves compagnons périrent tous; mais moi ayant pris dans-mes-bras la carène de mon vaisseau ballotté lieuf jours ; dans les tdufebres de la dixième nuit, les dieux me peUi-sfcrent vers l'lle d'Ogygie, qu'habite Calypso à la JMIIQ chevekire, déesse redoutable; elle m'accueillit, me combla de soins amis, me nourrit, et me promit plus d'une fois de me rendre immortel et à ja-mais exempt de vieillesse : mais elle ne persuadait point mon coeur dans mapoitrine. Je restai là sept ans entiers, mouillant sans cesse de mes larmes les divius .vêtements que m'avait doings Calypso. DéJt une huitieme année commençait pour moi, quand elle m'encouragea à partir, soit qu'elle en eût reçu l'ordre de Jupiter, soit que son coeur eût changé. Elle me congédia sur un splide radeau , me donna en abondance le pain et le-vin ùélicieux, me couvrit d'étotfes divines, al fit souffler un vent doux et favorable. Je voguai dix-sept jours sur la mer, et le dix-hnitième appaffurent à mes yeux les mantagnes oni-je fus porté pendant-neuf-jours; mais à la dixième nuit noire les dieux firent-approcher moi vers l'ile d'Ogygie, où habite Calypso a-la-belle-chevelure, - déesse redoutable; laquelle ayant recueilli moi et me traitait-amiealement avec-zèle et me nourrissait, et disait-fréquemment devoir me rendre immortel et exempt-de-yieillesse pendant tous les jours (à jamais); mais jamais elle ne persuadait mon cceur dans ma poi trine.

Là à la vérité je restai sept-ans constamment (entiers), et tpujours je mouillais de larmes les vfitements divins que Calypso avait donnés à moi.

Mais lorsque done la huitième année survenant arriva pour moi, aussi alors donc m'excitant elle engagea moi à m'en retourner, par-suite-d'uu message de Jupiter, ou peut-être aussi l'esprit d'elle avait changé.

Et elle me renvoya sur un radeau aux-liens-Dombreux; et elle me donna beaucoup-de choses, du pain et un vin agréable; et elle me revêtit - de vêtements divins; et elle envoya un vent et inoffensif et paisible. [jours Et pendant sepl et dix (dix-sept) je naviguai voguant-sul'-la-mer, et le dix-huitièrnebragées de votre terre; mon coeur s'en réjouit; hélas ! je devais encore endurer bien des maux que fit fondre sur moi Neptune qui ébranle la terre. II excita des vents impétueux, me ferma ma route et souleva la mer immense; je poussais de profonds gémissements, et le flot ne me permit plus de naviguer sur mon radeau, Bientôt la tempfite Ie dispersa; je fendis à la nage le vaste abime, jusqu'à ce que le vent et la mer me conduisirent près de ces bords. La vague m'eût brisé contre le rivage au sortir des eaux, elle m'eut lancé contre ces roches énormes et cette plage affreuse ; je m'éloígnaí et nageai de nouveau jusqu'à l'einbouchure d'un fleuve, où je crus trouver un endroit favorable, sans roches aiguës, à l'abri du vent. Je tombai sur le mage en recueillant mes forces ; la divine nuit sur-vint ; je sortis du fleuve formé par les pluies, je m'éloignai et me couchai parmi des arbrisseaux: je me couvris de feuilles, et un dieu ÒpECX ~a%loevxa vifLETEpYis Ya'yll?

~etpavri" ~Yj'tOp Sè cptÀQV yrj0r)<7E (.LOt, 8uc(xopw' ri yap Ip-eXXov ETI luveffEff0ai 6'i'Cvi 710XX?), 't"Ì]v IIOFFET&atov £ vo<?ix0(ov ~liztapai (xoi* 5( ~iqpoppjffas jxot ave(Aou<; ~xaxES^ae XEXEVOOC-, ~6PIVE 6E OaXaaaav aOsacpaxav* ovòÈ xV(.Lcx sia ti ~ffTEvaxovca aSiva ~(pspsaQai ITCI (TJ(E8XYI<;.

~"EirsiTa (IEV OfeXXa 8IE<TXE8O<7E TYJV - ~avxap SywyE VTIXOIASVQI; ~SiETptayov T&SE Xat-rjia, ðcppcx ~avEjxo; TE cpEpcov xat tiSwp ~insXaffdE (J.E {((Aexepv) yavv). - ~* £ v0a xvl-'-cx piriaaxo XE 6711 XSPFFOU fie ~ex6aivovTa, paXov 7tpÒç (lE-ydiX-flat itETp-^?

xal x^pw axEpTi/i' 4XXa cX.va)(lX.aaå.(.Llwoc;.

vlixov TOXXIV, Sto; ~iurjXQov Èç Ttoxajiov, tri 011 ~)(WPOÇ - -lewraxo (JLOI apiato<;, A EtOÇ nsxpawv XOK ETCI xr/Jmxe, avep-oio Y]V.

~'ESeTteaov SE 0U[AY)YEPEA)V-vvl- 8s api6pt)(7iYi i7tr|Xvi0ev lyw i*6ac &7tav £ \j0E7i:ota(jio'io SllfCETEOq ~xaxfiSpaOov sv 6oqj.voiaivversa sur moi un profond sommeil. Li, le cceur rongé de dauleur, caché sous ces feiutles, je dormis toute la nuit, jusqu'à l'aurtre, jas-qu'au milieu du jour; et déjà le soleil se baissait quand le doix sonjmeil me quitta. J'aperçus les servantes de ta fille qui jouaient sur le rivage; elle-même était au milieu d'ellcs, semblable à une déesse. Je l'implorai; elle ne manqua point de cette sagesse qu'on n'ose ts-pérer dans un Age si tendre; car la jeunesse est insensée. Elle me donna en abondance le pain et le vin noir, me baigna dans le ICUTC, m'offrit ces vêtements. Je te raconte tout cela, malgrf ma tristesse, et je dis la vérité. »

Aloinous répondit : c Étranger, ma fille n'a point senti tant ce qui était coBTenable, psisqu'elle ne t'a pas amené dans notre et j'amassai des feuilles autour de et un dieu i.moi j me versa un sommeil immense, Là dans les feuilles, afiligd en mon cteur chéti, je dormis toute-la-nuit et jusqu'à l'aurore et jusqu'au milieu-du jour; et le soleil penchait-vers-son-déclin et le doux sommeil quitta moi.

Et je vis les suivantes de ta flIle jouant sur le rivage r et elle-même était parmi elles ressemblant aux déesses.

Je suppliai elle; et ,celle-ci ne manqua pas d'une pensée bonne, comme tu ne pourrais pas espdrer quelqu'un plus jeunes'étant reneou-devoir faire; [tré car toujours les personnes plus jeunes manquent-de-prudence.i Celle-ci donna à moi du pain suffisamment et du vin noir, et me baigna dans le tleuve, et donna à moi ces vêtements.

J'ai raconté à toi ces choses selon la y6ril6', quoique étant affiigé. »

Et Alcinoiis à-son-tour répondlt à lui et dit :

« Étranger, assurément ma fille [fallait) n'a pas conçu convenable (comme il ceci du moins, qu'elle n'a pas conduit toi dans nolre demeure demeure avec ses suivantes, toi qui l'avais implorée la pre-mifere. »

Le sage Ulysse reprit r a Htfros, ne blSrne point pour cela ta noble fille; clle m'avait engagd à la suivre avec sesfemines; mais je ne l'ai point voulu, je craignais qu'en me voyant ton cæur ne se rempllt de colère; car nous autres habitants de la terre nous sommes une race ombrageuse. »

Alcinoiis répliqna : a Étranger, ma poiirine n'enferme point un coeur qui s'irrite ainsi sans motif; mais en tout je préfère la justice. 0 Jupiter, Minerve et Apollon) si seulement, tel que tu es, pensant comme je pense moi-même, tu voulais demeurer ici, t'unir a ma Jille et recevoir le nom de mon gendre, je te donnerais un palais et des domaines, pourvu qu'il te plût de rester parmi nous; car nul t des Ph^aciensne te reliendra malgré toi, et puisse Jupiter ne per- j avec les femmes suivantes"; car toi donc tu avais supplte elle la premiere. »

Et Ulysse plein-de-prudencerépondant dit à lui :

.« Hdros, ne reprends pas à moi pour cela la jeune-fille írréprochable; car elle a invité moi àsuivreaveciesservantes; mais moi je ne voulus pas, ayant craint et usant-de-réserve, de peurqueaussile cceur ne s'irritât à toi ayant vu; car nous autres races d'hommes sur la terre nous sommes ombrageux. 11

Et Alcinous à-son-tour répondit å lui et dit :

« Étranger, un tel coeur chcri n'est pas à moi dans ma poitrine pour me courroucer en vain; mais toutes les choses justes sont meilleures timesyeux.

Car si seulement, ô iet Jupiter père (auguste) et Minerve et Apollon, étant tel que tu es, et pensant ces choses que je pense, tu voulais et avoir ma fille et être appelé mon gendre, restaut ici, moi d'autre-part aussi [biens, je te donnerais une maison et des situ restais le voulanttoutefoisj car aucun des Phéaciens ne reliendra toi ne-voulant-pas; que cela ne soit pas agréable à Jupiter père (auguste). Qiettre rien de tel! Demain done, sache-le bien, est le jour que je fixe pour ton départ. Tandis que tu reposeras, dompté par le som-meil, nos matelots fendront la mer paisible jusqu'à ce que tu sois ar-rive dans. ta patrie, dans ta demeure, partout ou 11 te plaira d'aller, fût-ee même bien au delà de l'Eubde; ils disent pourtant que cette contrée est fort éloignée, ceux de nos citoyens quL l'ont vue jadis, quand ils conduisirent le blond Rliadamauthe qui allait visiter Ti-tyus, fils de la Terre. Ils gagnèrent l'Eubée, accomplirent le trajet sans fatigue dans la même journée, et revinrent dans leurs foyers. Tu yerraB toi-mème corabien mes vaisseaux sont excellents et nos jeunes matelots habiles à soulever la mer avec leurs rames. P

Jl dit; le divin et patient Ulysse se réjouit et prononça cette prière : Et moi j'indique la coaduite pour ce moment-ci, afin que tu le saches bien, c'est-a-dire pour demain.

Et pendant-ce-temps toi å la vérité dompté par le sommeil tu seras cOllché; - et ceux-ci frapperont de leursrames la mer-calme, jusqu'i ce que tu sois arrivé dans ta patrie et dans ta demeure, et s'il est agréable à toi quelque-part ailleurs., si même cela est tout à fait beaucoop plus loin que l'Eub^e; laquelle pourtant ils disent être très-loin, ceux qui ont vu elle d'entre nos citoyens, lorsqu'ils conduisaient le blond Rhadamanthe devant (allant) visiter Tityus, fils de-la-Terre; et ceux-ci allfcrent là, -et accomplirent la route sans fatigue dans le même jour et l'achevèrent [arnere.

dt&nt revenus dans leur demem'e en Mais tu verras aussi toi-même dans ton esprit [lents com:bien mes vaisseaux sont excel-et mes jeunes-gens sont excellents pour souleverla mer avec la rame."

11 dit ainsi ; et le trfes-patient et divin Ulysse se réJouit; et priant donc il parla et il dit une parole et il prononça :

« Auguste Jupiter, puisse Alcinoiis remplir toutes ses promesscs! Sa gloire serait impérissable sur la terre féconde, et je rentrerais dans ma patrie. a

C'est ainsi qu'ils discouraient ensemble. Cependant Arété aux bras blancs ordonna aux servantes de dresser un lit sous Ie porlique, d'y placer de belles couvertures de pourpre, et d'étendre par-dessus des tapis et des manteaux moelleux pour se couvrir. Elles soflirent du palais, portant dans leurs mains des flambeaux, Bientöt, lorsqu'elles eurent préparé la couche moelleuse, elles vinrent avertir Ulysse par ces paroles : « Lève-loi et va dormir, étranger; ton lit est prfit. »

Elles dirent, et le héros se réjouit de goûter le sommeil. Ainsi le divin et patient Ulysse dormait dans un lit magnifique, sous le portique sonore. Alcinous alia reposer dans t'intérieur de la haute demeure, et la reine se pIaça près de lui sur le lit qu'elle avait préparé.

« Jupiter père (auguste), si seulement Alcinoiis achevait toutes les choses qu'il a dites, la gloire de celui-ci serait impérissable se répandant sur la terre fertile, et moi j'arriverais dans ma patrie. »

- Ainsi ceux-ci disaient de telles choses l'un àl'aulre.

Mais Arété aux-bras-blancs ordonna aux servantes de placer un lit sous le portique et de jeter-dessus de belles couvertures de-pourpre et d'étendre par-dessusdes tapis et de niettre-dessus -des manteaux frisks (moelleux) pour se revfitir par-dessus.

Et celles-ci allèrent hors du palais, ayant unllambeau dans les mains.

Mais après que se hâtant elles eurent ëtcndu un lit épais, elles exh or taient Ulyssepar cesmots se tenant-auprès de lui : [coueher, a Lève-toi allant (pour aller) - te-ô étranger; car un lit a été fait à toi. a

Elles dirent ainsi; et il parut à lui agréable de dormir.

Ainsi le très-patient et divin Ulysse dormait là, sur un lit sculpté, sous le poptique retentissant.

Et Alcinoiis donc se coucha, au fond de la demeure élevée ; et auprès de lui la femme reine prépara son lit et sa eoucbe.

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