partie de l'Académie seulement après le mois d'août 103/i
Après avoir nommé les onze premiers membres, Pellisson désigne ensuite treize membres nouveaux : Bautru, Silhon, Sirmond, l'abbé de Bourzeys, Méziriac, Mainard, CoUetet, Gomberville, Saint-Amant, Colomby, Baudoin, de l'Estoile et Porchères d'Arbaud.
Nous placerons ici un académicien dont Pellisson ne dit rien en cet endroit. Les registres du 20 mars 1634 font mention de Paul Hay du Chastelet, chargé, « par ordre de la Compagnie », de travailler aux statuts de l'Académie (1). Il nous le semble, un tel ordre évidemment ne pouvait être donné qu'à un homme faisant déjà partie de la Compagnie. Et cependant, chose fort étrange, dans son chapitre des Académiciens en particiilie}\ chapitre où il nous dit « en quel temps et à quelle occasion chaque académicien a été reçu », Pellisson ne le nomme pas du tout (2) ! Et, dans la notice qu'il lui a consacrée (3), il ne dit rien non plus de l'époque de cette réception.
Pellisson a oublié aussi de rapporter l'élection de Racan, faite en cette même année 163Zi. D'Olivet, dans sa Notice^ le cite comme « l'un des premiers académiciens ■)) ; et Pellisson nous parle d'un discours que le poète avait composé Contre les sciences, discours lu par Serizay dans la séance du 9 juillet 1635 {h). D'ailleurs,
(1) cil. Livct. I, 28.
(2) Ibid., I, 148.
(3) Ibid., I, 167.
(4) Ibid., I, 76.
nous rappellerons la lettre citée plus haut, de Chapelain à Mainard. Elle est de la fin du mois d'août 1634; et il est question dans cette lettre de l'assiduité de Racan aux réunions de l'hôtel de Pellevé (1).
Le nombre des académiciens s'éleva alors au chiflVe de vingt-six. Puis, quand on vit que le maître prenait à cœur sa fondation, courtisans, ministres, le chancelier lui-même, briguèrent l'honneur d'être admis. Comme on tenait jadis à être inscrit sur les registres d'une confrérie en renom, comme on se pique aujourd'hui d'appartenir à tel ou tel cercle, il fut de mode alors de demander son inscription sur les registres de l'Académie. Les ministres étaient sûrs de faire plaisir : ils ne pouvaient négliger ce moyen d'être agréables. En 1635, le chancelier Séguier exprimera le désir « d'être compris dans le tableau des académiciens qu'on avoit fait depuis peu ». Abel Servien, alors secrétaire d'Etat et futur surintendant des finances, donna le premier le signal. Le 13 mars 163/i, disent les registres, il sollicita l'honneur d'être reçu : ce qui lui fut accordé sans difficulté (2).
Le même jour, fut proposée par Bois-Robert la nomination de Balzac. « Je ne vois pas dans le registre, ajoute ici Pellisson, ce qui suivit, mais infailliblement M. de Balzac, sur sa réponse, fut reçu peu de temps après dans l'Académie. » Le témoignage est formel. Balzac, vingt ans après, en 1653, par dépit contre Richelieu, n'en a pas moins contesté son élection, et déclaré que
(1) Voy, plus haut, p. lo,
(2) Ch. Livet; I, 148.
s'il était académicien, il l'était sans le savoir et sans le vouloir (1). M. Ch. Livet, dans son Ordre de succession aux fauteuils académiques (2), place la nomination de Balzac plus tard, après celle de Porchères-Laugier, vers le même temps que celle de Marin Curean de La Chambre et de Montmort, nommés tous deux à la fin de décembre 163/i. Il nous semble que le texte de Pellisson ne permet pas de reculer à ce point la nomination du célèbre écrivain.
Le 3 avril 163/i, fut nommé Pierre Bardin, qui mourut jeune encore, en 1637 : il se noya en voulant sauver le marquis d'Humières, le père du maréchal, dont il avait été le gouverneur.
Après Bardin, dans le courant du mois de novembre et le h décembre 163/i, on choisit quatre nouveaux membres : Pierre de Boissat, Vaugelas, Voiture et Porchères-Laugier. Puis, vers la fin du même mois de décembre, Habert de Montmort, maître des requêtes, et Cureau de La Chambre furent élus.
En comptant Servien, Balzac et Bardin, cela faisait neuf académiciens de plus à joindre aux vingt-six autres que nous avons nommés plus haut : en tout trente-cinq membres.
Pellisson, qui a oublié Paul Hay du Chastelet et Racan, n'en nomme réellement que trente-trois. Comment donc s'arrange-t-il pour trouver dans sa liste « trente-six personnes »? En comptant même les deux académiciens
(1) Sur ce singulier débat, voy. les Ennemis de Chapelain, p. 356.