II
ET NOS DEUX PREMIÈRES ACADÉMIES 'S'è
oubliés, nous ne trouvons que trente-cinq noms. Nous avons eu beau lire et relire cette liste, nous n'avons jamais pu arriver au chiffre donné par Pellisson.
(f Ce tableau, qui étoit de trente-six personnes, ajoute l'historien de l'Académie, ayant été montré à M. le garde des sceaux (1), maintenant chancelier de France, il fit dire à la Compagnie, par M. de Cerisy, qu'il désiroit d'y être compris. » La demande fut accueillie avec grand empressement. « On ordonna que son nom seroit écrit à la tête, et que Messieurs de Montmor, du Chastelet, Habert et les trois ofliciers (2), iroient lui rendre grâces très humbles de l'honneur qu'il faisoit à tout le Corps (3). » Ceci se passait le 8 janvier 1635.
* Le 20 février 1635, on nomma Daniel Hay, abbé de (îhambon et frère de Paul Hay du Chastelet. Six mois après, le 3 septembre 1635, sur la présentation de Bois- Robert, fut reçu Granier. Mais ce fut un académicien de passage. Quelques mois après, le l/i mai de l'année suivante, sur la proposition du directeui-, il fut exclu « d'une commune voix », pour avoir abusé d'un dépôt qui lui avait été confié.
Le premier reçu après lui, nous apprennent les registres du IZi janvier 1636, fut Louis Giry.
Si nous ajoutons Seguier, Tabbé de Chambon, Granier, Louis Giry, à notre liste de trente-cinq, nous arrivons au chiffre de trente-neuf académiciens. Granier, chassé de
(1) Seguier.
(2) Directeur, chancelier, secrétaire.
(3) Ch. Livet; I, 34 et 151.
l'Académie presque aussitôt après sa nominatiou, continua de figurer au tableau ; il ne fut remplacé qu'en 1639. A cette date, l'ordre de succession, établi par M. Livet, porte le nom de Baro, au lieu de celui de Granier (1). Il vivait encore au moment où Pellisson écrivait son histoire. Cielui-ci en parle avec une certaine indulgence, comme d'un « curieux de bons manuscrits », d'un amateur de beaux livres et de belles reliures. « Il y auroit peut-être, nous dit-il, quelque inhumanité à s'arrêter davantage sur cette matière, puisqu'il vit encore, et, comme on dit, tout à fait dans la dévotion, bien que le livre intitulé : Etat de la France en 165'2, l'ait mis entre les académiciens morts (2). >;
« Le nombre de quarante n'étoit pas encore rempli, nous dit Pellisson (3); cependant M. Bardin et M. du Ghastelet moururent presque en même temps (4), et laissèrent deux nouvelles places vacantes. On répara cette double perte en recevant M. Bourbon et M. d'Ablan court (5). »
Bientôt après, deux autres académiciens moururent : Philippe Habert, commissaire des guerres, tué en 1637, jeune encore, à l'âge de trente-deux ans, au siège du
(1) Ch. Livet, II, 542.
(2) Ibid., I, 153. — Pellisson n'indique nulle part la date du remplacement de Granier par Balthazar Baro. Voy. Notice de Baro; I, 237.
(3) Mais ce nombre eût été rempli si, comme le dit plus haut Pellisson, le chiffre des académiciens eût été auparavant de trente-six personnes.
(4) En 1637.
(5) Registres du 23 aeptembre 1637. — Ch. Livet; I, 154.
château d'Einery, entre Mons et Valenciennes; et Méziriac, qui mourut, jeune aussi, à l'âge de quarante-cinq ans, le 26 février 1638.
On choisit à leur place Jacques Esprit et La Mothe-le- Vayer. Les registres du lA février 1639 nous apprennent qu'ils furent reçus le même jour. Pellisson ajoute : « Le sort les rangea comme je viens de les nommer.
« Et enfin, pour remplir la seule place qui restoit du nombre de quarante, on proposa dans la même assemblée M. de Priézac, conseiller d'État, qui fut reçu huit jours après (1). »
Voilà enfin les Quarante au complet. 11 avait fallu cinq laborieuses années, depuis le 13 mars 1634 jusqu'au ih février 1639, pour atteindre le chiffre fixé dès le début et qui n'a pas varié depuis.
Il nous reste à donner le tableau des quarante premiers membres de l'Académie française. Sauf pour Hay du Chastelet et Racan, qu'il a oubliés, nous suivrons exactement l'ordre de nomination indiqué par Pellisson. M. Ch. Livet, dans son excellente édition de V Histoire de r Académie française^ a suivi de fort près cette liste. Mais nous ne savons pourquoi il s'en est écarté pour Balzac. M. Livet attribue le 33° fauteuil au célèbre épistolier, après Porchères-Laugier, nommé le h décembre 163/4. Cependant le texte de Pellisson est bien formel : il nous paraît fixer la place de Balzac après Servien, avant Racan. Cette élection eut lieu entre le 13 mars et le
(1) Gh. Livet; I, 155.
mois d'août 163/i. Dans ce cas, c'est le 27" fauteuil qu'il faut lui assigner.
Tout d'abord nous plaçons en tête de notre liste, et dans l'ordre où les nomme Pellisson, les amis qui se réunissaient chez Conrart.
Puis, vient le groupe de ceux qui furent nommés en même temps, en 163/i, lorsque Richelieu eut fait connaître son désir de prendre la petite assemblée sous sa protection. Nous laissons Mainard dans le groupe oîi le place Pellisson ; bien qu'à notre avis et pour les raisons données plus haut (1), il n'ait été nommé qu'après le mois d'août 163/i.
janvier ou février lOS/i
GoDEAU janviei
GOMDAULD ....
Philippe Habert.
Germain Habert, abbé de Cerisy
COINRARÏ
De Serisay.
De Mallemlle.
Nicolas Faret. .
Desmarets de Saiint-Sorlin.
BoiS-ROBERT. . . .