‹ Chapelain et nos deux premières académiesChapitre 7 sur 60 · J.-B. COIGNARD · texte numérisé non relu

J.-B. COIGNARD

1689. —J.-B. CoiGNARD.

1713. — J.-B. CoiGNARD.

17Zi9. -- Bernard Brunet (3).

1775. — Ant. Guénard-Demon VILLE.

Voici maintenant les renseignements que nous avons recueillis dans le Catalogue chronologique, cité plus haut.

(1) Choix de Discoicrs de réception à l'Académie française, avec une Introduction par L. Boudou; 2 voL in-8". Paris, Demonville imprimeur-libraire, rue Christine, n' 2; 1808. Voy. vol. II, p. 509.

(2) Calalof/ue chronologique des libraires et des libraires-imprimeurs de Paris, etc. 1 vol. in-12. Paris, 1789.

(3) Après D. Brunet, L. Boudou nomme Jacques-Bernard Brunet, en 1760; I, 509.

Jean Gamusat; l()3/i, impr. de l'Académie françoise, meurt le 26 juin 1639. 1634 — 1 630

Camusat (Denyse Courbé (1), veuve de Jean) 1639, 26 juin, L. I. de l'Académie fraoçoise 1639 — 16/i3

Pierre Le Petit; 16'i3, imprimeur de l'Académie françoise; 1686, 25 septembre, meurt âgé de 69 ans. . . 16/i3 — 1686

Jean-Baptiste II Coignard (2) ; 1687, 28 juillet, Libraire et impriuieur ordinaire du roi et de l'Académie françoise. Mort en 1737 1687 — 1717

Jean-Baptiste III, son fils (3); 1717, 11 août, Imprimeur ordinaire du roi et de l'Académie françoise. Meurt, 1768, 31 octobre 1717 — 1752

Bernard Brunet; 1752, impr. de l'Académie françoise, meurt le 30 septembre 1760 1752 — 1760

Brunet (Marie-Catherine Régnard, veuve de Bernard); 1760, 30 septembre, Li-

(1) S'appelait Denyse de Courbe, et non Courbé, nom d'une autre célèbre famille dlmpriineurs.

(2) Ce fut lui qui acheva l'impression du Dictionnaire de l'Académie, commencée par Pierre Le Petit. — Voy. J. de la Caille, Histoire de l'hnpj'imerie, p. 301. 1 vol. in-/i°, 1689.

(3) Ces dates diffèrent beaucoup de celles recueillies par M. Livct. De plus, dans le Catalogue de A. Lottin, nous ne trouvons que deux Coignard, au lieu de trois, désignés comme libraires de l'Académie.

braire et imprimeur de l'Académie

françoise 1760 — 1772

Jacques-Bernard Brunet, fils de Bernard; 1772, 27 mars, imprimeur de l'Académie françoise; 177/i, 2 août, s'étoit

démis de son imprimerie 1772 — 177/i

Antoine Guénard de Monville, « gendre de Bernard Brunet; 1788, rue Christine, impr. de l'Académie françoise. »

Peut-être faudrait-il entendre par là, non pas qu'il fut libraire de l'Académie en 1788, mais jusqu'en 1788. Nous proposerions la date suivante 1775 — 1788

Il n'est pas hors de propos de dire comment furent rédigés les statuts de l'Académie. Dans leur ensemble, ils sont l'œuvre collective des académiciens nommés en 1634; mais Chapelain en a inspiré la plupart des articles. Ce sont ses idées et ses vues. De plus, il veille à l'exécution du règlement avec un soin presque jaloux, avec le zèle d'un homme qui défend une œuvre personnelle. Au besoin, pour en maintenir l'intégrité, il luttera contre Richelieu et entraînera l'Académie dans sa résistance. En toute circonstance, il est le représentant inflexible de la règle, de la tradition. Perrault, son contemporain et son ami, le qualifie à merveille, quand il rappelle « un rigide observateur des coutumes anciennes ».

PelUsson même, lui qui, par convenance, ne pouvait

parler qu'en général, semble confirmer notre opinion. 11 nous montre Chapelain chargé avec Gombauld de la révision de ces statuts : semblable mission nous paraît significative.

Tout d'abord, les académiciens eurent ordre de penser en particulier aux occupations futures de l'Académie, et aux lois qu'il conviendrait d'établir. En même temps, Nicolas Faret était prié de préparer un discours « qui contînt comme le projet de l'Académie, et qui pût servir de préface à ses statuts (1) ».

Pareil « projet » devait embarrasser quelque peu le rédacteur, qui ne se hâtait pas de communiquer son Discours. Chapelain, dans son rapport accoutumé sur les affaires de l'Académie, se plaint de la négligence de Faret. La lettre, par sa date du h septembre 163/i, semble bien faire allusion au travail attendu. « Le bon M. Faret est un des négligens, écrit Chapelain à Bois- Robert, ou plutôt un de ceux que les affaires en détournent davantage (2). »

Dès la seconde assemblée, tenue le 20 mars 163/!i, nous voyons Chapelain déterminer nettement la future occupation de l'Académie. C'est lui, raconte Pellisson, qui prend la parole dans cette séance; lui qui, bien avant Fénelon, demande qu'on travaille à la pureté de la langue « par un ample dictionnaire et une grammaire fort exacte », par une rhétorique et une poétique. En 163/i, c'est déjà le plan de la lettre que Fénelon écrira,

(1) Pellisson; I, 20.

(2) Lettre à Bois-Robert, du 4 septembre 1634 ; I, 78.

en 171/i, à Dacier Sur les occupations de l'Académie françoise. « Et parce que M. Chapelain s'étoit étendu sur la manière dont on devoit travailler au dictionnaire et à la grammaire, il fut prié d'en dresser un plan (1), qui fut vu depuis par la Compagnie, et sur lequel il fut ordonné qu'il conféreroit avec MM. de Bourzeys, de Gombauld et de Gomberville (2). »

Dans la même séance du 27 mars 1634, la même commission fut chargée aussi de préparer les statuts de la Compagnie. « Quant aux statuts de l'Académie, écrit Pellisson, le premier qui travailla sur ce sujet fut M. du Chastelet, conseiller d'Etat. Après qu'on eut vu son travail, il fut ordonné qu'il en conféreroit avec MM. de Bourzeys, de Gombauld et de Gomberville (3). »

Tous les académiciens avaient été invités à donner par écrit des mémoires sur cette matière. Pellisson avait vu neuf de ces mémoires dont il cite les auteurs : Faret, Gombauld, Chapelain, Conrart, Sirmond, du Chastelet, Bardin, CoUetet et Baudoin. Le k décembre 163/i, ces divers projets « furent mis entre les mains de quatre commissaires : MM. du Chastelet, Chapelain, Faret et Gombauld, pour prendre de chacun ce qu'ils trouveroient de meilleur; et après leur choix, M. Conrart qui, en qualité de secrétaire, avoit aussi assisté à toutes ces conférences particulières, digéra et coucha par écrit les

(1) Registre du 27 mars 1634.

(2) Pellisson; I, 28.

(3) Ibid.

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articles des statuts. Ils furent lus, examinés et approuvés par la Compagnie (l) ».

Telle fut l'organisation primitive de l'Académie française; tels furent ses statuts parus en 1635 avec l'approbation et la signature de Richelieu. Chapelain eut une part considérable à leur rédaction. Le fait paraît certain : on pourrait presque, aidé de ses lettres, déterminer à coup sûr les articles qu'il proposa ou fit adopter (2) .

(1) Pellisson; I, 30.

(2) En particulier, les articles 1, 3, 24, 26 et i8.

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