‹ Chapu, sa vie et son œuvreChapitre 29 sur 66 · HENRI LEMAIRE · texte numérisé non relu

HENRI LEMAIRE

I.UE PAR CIIAPU A l’académie DES REAUX-ARTS (Séance du 17 décembre 1881)

Messieurs,

Il semble qu’il y ait pour les villes où les arts ont toujours été en honneur des époques véritahlenient priviléqpécs. A peine un de leurs enfants s’est-il rendu célèbre, que d’autres, guidés en (pielque sorte jiar une noble émulation, ne tardent j)as à marcher sur leurs traces et à se faire un nom.

Les débuts de l’existence si bien remplie de Henri Lemaire ne sont-ils pas à cet égard bien frappants? En (piehpies années, \ alencienncs, dont la réputation artistique s’est, du reste, conservée intacte, donne, au commencement de ce siècle, naissance à un certain nombre d’hommes qui, dans des genres divers, ont porté haut l’éclat de sa renommée.

l ne pareille fécondité n’cst-elle pas pour d’autres villes, dignes émules de cette vieille cité, une source puissante d’encouragement? Combien d’intelligences d’élite, d’esprits vraiment supérieurs courraient le risque de rester ignorés, si, à cause du milieu, du défaut complet de movens matériels, il

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leur était à peu près interdit de se développer et de s’étendre!

Aussi, riiomme qui, plus tard, est parvenu à sortir de la foule, conserve-t-il, avec le souvenir des lieux où il a été élevé, un profond attachement au pays qui a été le témoin de ses premières luttes et de ses premiers succès.

Lorsque l’on se reporte aux traits principaux de la vie de Henri Lemaire, c’est ce sentiment que l’on voit dominer. Sa reconnaissance est telle qu’il considère ses œuvres comme un bien revenant de droit à sa ville natale, dont il associe le nom à toutes ses joies et à tous ses triomphes. Ne nous est-11 pas révélé, d’ailleurs, par sa correspondance, par les papiers recueillis après sa mort, combien Lemaire était d’une nature affectueuse et bonne? 11 ressentait pour sa mère une tendre vénération, et j)rofcssait pour son vieux maître, M. Léonce de Fieuzal, qui avait pressenti ce qu’un jour il devait être, un véritable culte.

Henri Lemaire naquit à Valenciennes, le 0 janvier 1798, de parents dont la condition était peu aisée. Son père, petit tailleur d’babits, subvenait à grand’peine aux besoins de la famille.

Rien dans ce modeste intérieur n’était fait, à coup sûr, pour éveiller l’imagination de Lemaire et dévelojiper en lui le goût de l’art. Cependant, encore tout enfant, dès qu’il était sorti de l’école, il fuvait les jeux de ses camarades pour se livrer des heures entières à sa passion dominante, qui était le dessin. Ses parents, cédant aux sollicitations de quelques amis, le firent, à l’àge de dix ans, admettre à l’Académie de Valenciennes.

On se lassa vite, à la maison paternelle, de voir Lemaire suivre des cours qui ne devaient pas le mettre, avant bien des années, en état de gagner sa vie. Six mois ne s’étalent pas écoulés que l’enfant quittait l’Académie pour devenir petit clerc de notaire, puis pour entrer dans un bureau de loterie. C’est là que son avenir devait se décider.

T,e jeune emplové n’était pas tellement occupé qu’il n’eût

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