‹ Chapu, sa vie et son œuvreChapitre 5 sur 66 · C.LKOIUS K T lü TON · texte numérisé non relu

C.LKOIUS K T lü TON

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ENFANCE ET JEUNESSE

Cependant, tout mutilé (ju’il fût, le morceau était si beau de composition et d’allure (pi’il défiait toute comparaison avec les œuvres rivales. Tœ jury fut unanime en faveur du jeune Cliapu (I).

C’est vers le mois de décembre de cetle année <pi’il s’aclu*mina vers Kome. l^es artistes, appelés à perfectionner leurs études à la Villa Médicis, avaient toute liberté de s’v rendre, mais, le plus souvent, ils réunissaient leurs destinées et faisaient le voyajje de concert. Cette année-là la petite troupe était moins nombreuse que de coutume, aucun peintre n’ayant été jiqjé di(jne du prix; elle se composait, avec notre sculpteur et sou camarade Doublemard, d’uu architecte, Daumet, d’un musicien. Comte, et du {jraveur en médailles Alpbée Dubois.

li(î voya^je se fit gaiement, à petites journées, chacun suivant sa fantaisie, les plus paresseux se servant de la dili- {jence, les autres faisant à pied de longues étapes eu prenant des not('S et des cro(|uis. Ou visita ainsi l^yoïi, Avignon, Arles, X îmes, arseille. Cènes et Florence. .V la fin de janvier seulement ils arrivaient à destination (2).

(1) Un article de \ Illustration ^ en raconlant cet accident, l’attrilnie ù DouMemare [sic), (jui eut c|;alenient le prix cette annéc-l.à. C’est une erreur. Nous avons trouve, en effet, sur les registres de rAcadéinie, la note suivante en regard du nom de Cliapu : Un accident arrivé au lias-relief en terre de ^t. Cliapu, pendant le transport des loges à la salle d’exposition, a hrisc ce lias-relief, ipii a dû être moulé sans être réparé. Pareille mésaventure était <Iu re.ste arrivée, peu aiijiaravant, au sculpteur (Guillaume.

(2) Les Iialiitaiits de la V'illa Médicis étaient, au commencement de l’année 1856 ; Fîamlrv, Cliifllart, Maillot, I.évy, Giacomotti, peintres; lîonnardel, Crauck, Lepère et Carpeaux, sculpteurs; Ancelot, Ginain, Diet, Honnet et Vaudremer, architectes ; Hellax' et Soiimv, graveurs. A cette liste il faut ajouter llcrnard, un des derniers lauréats du paysage historique, et les compositeurs de musique Galihert et Uartlie.

CH A P U

l’enclant les ciii(( années que durera son séjour à Rome, Chapn ne niamjiiera pas d écrire an moins une lois par semaine à ses parents, et cette correspondance, picnsement conservée, est mi des pins curieux documents qu’il nous ait ét(‘ donné de consulter, car ces lettres, d’une écriture malhabile et d’une ortho^jraphe souvent lantaisiste, ont le charme d’une absolue sincérité. Elles nous moutrent l’artiste tel (|u’il est, tel à peu près qu’il restera toute sa vie, car sa maturité semble avoir été précoce, et nous ne trouvons chez lui ni ces écarts d’imagination, ni cette longue (jui sont l’heureux privilège de la jeunesse. A vingt-deux ans, il est déjà sage, méthodi(|ue, économe, prudent dans ses relations, bon camarade cependant et ne refusant jamais d’ouvrir à ses compagnons d’étude sa modeste bourse de pensionnaire. Pendant (|uc la plupart de ses camarades s’abandonnent avec l’ardeur de la jeunesse aux faciles plaisirs de la vie romaine, il reste à l’écart dans son atelier, travaillant et méditant, et sa vie de cénobit(‘, ses manières douces (;t polies, comme aussi son visage imberbe, lui font donner le surnom de : « Monsieur l’abbé. »

Laissons donc notre sculpteur raconter sa vie, eu eboisissant, dans les trois ou (piatre cents lettres cpi’il a écrites, les épisodes les plus intéressants.

A (juelques lieues de Rome, Chapu rencontre une bande joyeuse : ce sont les pensionnaires de la Villa Médicis, venus au-devant de leurs camarades. Les deux {{roupes fraternisent gaiement, et, en signe de bienvenue, les « anciens » offrent aux « nouveaux » (pielques fiasejues de vin d Orvieto. Puis ils continuent de concert leur chemin, et, à un détour de la route, Chapu peut enfin apercevoir la Ville

ENFANCE ET JEUNESSE

éternelle. « .le suis arrivé enfin à ce lieu auquel j’aspire depuis tant d’années, écrit-il le soir même à ses parents; mes illusions n’ont pas été déçues, et ce n’est pas sans un petit serrement de cœur que j’ai contemplé cette Home où je vais habiter pendant cinq ans. »

.le passe les lettres où il décrit, après tant d’autres, les merveilles de la cité pontificale, ses temples païens et ses éjjlises chrétiennes, les Loges, le Jugement dernier, le Colisée, etc. Ces beautés, qui lui sont tout d’un coup révélées, emplissent son âme d’un naïf enthousiasme qu’il manifeste en un style d’une maladresse émue qui n’est pas sans charme. Il n’onblie pas non plus dans ses descriptions la Villa Médicis : « La vie de l’Académie me semble extrêmement agréable; on y a toutes les commodités possibles. La nourriture y est bonne et confortable, les chambres grandes et claires... .l’ai, de ma fenêtre, une des plus belles vues qui soient : au premier plan sont les jardins de la Villa, et, au delà, l’Ltrurie jus(|n’aux moutagues delà .Sabine..., le Tibre coule dans ces belles plaines de la campagne romaine; un rayon de soleil éclaire dans le lointain l’endroit où était l’anti(pie Véies et la vallée de la Cliinère (?)... à droite, sur l’antre versant du fleuve, je vois, se détachant sur le ciel, au sommet d’ime petite colline, la sillionette d’une ferme; c’est l’emplacement de l’acropole de Fidènes; non loin de là, fut livrée la fameuse bataille de l’Allia, où les Gaulois battirent si bien les lîomains; plus près, c’est le pont Milvius, où Constautin combattit Maxeuce. Enfin, de quehpie côté que je tourne la tête, il n’y a pas de coin auquel ne soit attaché quehpie souvenir historique. »

Il s’étend aussi longuement sur les avantages matériels

CH APÜ.

(|ue lui procure sa situation nouvelle. Ces avantaj^es, cependant, n’avaient rien d’exajjéré, et il fallait, pour s’en contenter, toute la simplicité de {]oûts du jeune ai’tiste. On’ou en ju{;e. Ces élèves de la Villa étaient lojfés et nourris

ClIAMItUK OC eu PKK P A it Cil AP U A LA VILLA MEDlCIS.

par l’I'itat. Mais les frais de hlauchissajfe, d’éclairage et de chauffa{{e restaient à leur charge. Pour faire face à ees dépenses, ainsi jpi’à celles de leur art (modèles, iiilruinents, terre à modeler, etc.), ils avaient droit à une mensualité de 100 francs, sur les(|uels 25 francs leur étaient retenus pour

ENFANCE ET JEUNESSE

leur constituer une masse (ju’ou leur remettait à leur départ de Home (1). Kn dépit de la plus stricte économie, il était dilHcile de vivre avec de pareilles ressources. Aussi, plus d’une fois, Cliapu dut-il recourir à ses parents, et ceux-ci, dont l’amour j)ateruel se doublait d’un légitime orgueil, u’épargnèrent aucun sacrifice pour permettre a leur fils de « tenir son rang » .

Un certain prestige, en effet, s’attachait à ce titre de pensionnaire de l’Académie de France à Home. Les Français jouissaient auprès du Saint-Père d’une réelle faveur et avaient le pas sur les autres nations. A toutes les cérémonies publiques, les peusiouuaires étaient conviés officiellement et une place leur était réservée, après les ambassadeurs et les généraux, bien entendu, mais au même rang que les officiers d’état-major. lie directeur Schnetz (2) avait un certain état de maison : suisse magnifique tout galonné d’or, nombreux domesti(jue, voitures à la livrée impériale. Il n’était pas de semaines où les salons de la Villa Médieis ne s’ouvrissent à quelque personnage marcpiant de passage à Home, et les pensionnaires aidaient leur directeur à en faire les bonneui s. C’était pour ces jeunes gens, appartenant pour la plupart à des familles modestes, une singulière et dangereuse épreuve. -Mais C-bapu avait trop de bon sens pour se laisser ainsi éblouir par ce titre prestigieux de pensionnaire. H se rend

(1) .V partir (le l'uiinéc 1851), cctle pension fut auginent('e de trois cent soixante francs par an.

'2' Sclinetz (Jean-Victor), né à Versailles en 1787, mort à Paris en 1870. Elève de David, Régnault, Gros et Gérard, sa inanicrc participa de ces différentes influences. I.es nombreux tableaux (|u’il exposa, et qui appartiennent jiresipie tous a la peinture de genre, témoignent d’un bon dessinateur, d’un coloriste suffisant et d’un bominc de bon goût.

en APU.

parfaitement compte qu’il n’est encore qn’nn élève, et sait que les années qu’il passera à Iiome doivent être laborieusement employées. Aussi, laissant la plnpartdeses camarades étaler aux bals de son dii’ecteur leurs talents de danseurs, il se renfermera le pins souvent dans son atelier et passera ses soii’ées à dessiner on à compléter, par de sérieuses lectures, l’instruction sommaire (pi’il a reçue. I.a bibliothèque de l’Aeadémie ne lui suffit pas, et il prie ses parents de lui envoyer ses li\ res favoris : Virjfile, Coiaieille, La Fontaine, Dante, < fssian, et les d/ur/v/ s de Cbateaubriand, et les A u/'/*

d’ Yomi".

Pendant ses premiers mois de séjour, Lbapu ne soufjc {{Itère à ti-availler. H se contente de voir, se délassant de la contemplation des cbefs-d’anivre par le spectacle de la rne, ou la vue de quebpie imposante solennit/'* rcli{ri(>use. Au moment oit il arrive, Uome est en plein carnaval, et il envoie à ses parents une fidèle et pittores/pie description de ces fêtes ( 1). Au carnaval succède le carême; nouvelle occasion

(1) « ... L.) fête a duré huit jours et se trouvait concentrée dans la rue principale de la ville, nüiiiméc le Corso. .\u iiioinent de la fête, toutes les houtiipics sont transformées en autant île jietites lojjes {jarnies de percaline rotijje et Idauclie où les fciniiies et les curieux se placent pour voir le carnaval. Les halcons, les fenêtres, tout est {>arni d’une ipiantité de monde... A midi, un coup de canon annonce rouvcrtiire de la fête, cl la rue s’emplit |)cu à peu. Alors comnience le combat. Les |;ens places aux fenêtres font pleuvoir sur les passants une nuée de confetti (petites boulettes de plâtre faisant une marrpic blanche lorscpi’elles touchent un habit noir). Les personnes placées ilans les voitures leur répondent de la même façon ; on se jette aussi une (pande (juantité de bouquets et de dragées. Ce n’est t|u’nn combat dans toute la rue, accompagné d’éclats de rire et de cris de joie. Malheur à qui se hasarde en habit noir dans la rue, car c est à lui qu’on s’attai|uc de préférence; il pleut sur lui une grêle de confetti, et en un instant il passe du noir au blanc...

U Ouaiiil ou jette un bompict ;i une femme, elle vous répond presque toujours jiar un autre bouquet ou par des bonbons... <|ueb|uefuis, on est prévenu; alors c’est un succès; mais assez souvent aussi on vous répond par une poignée de con-

EN F ANC K ET JEUNESSE

de spectacles pittores(|ues ou (jrandioses, que Cliapu s’em- ^

presse de décrire à ses parents dans de loiifjues lettres illustrées d’amusants croquis.

Ces jours d’iutellif}ente Ilânerie ne furent pas perdus pour le jeune sculpteur. I.es scènes auxquelles il avait assisté se fixèrent dans son cerveau en iinaj^es inoubliables, et en

surexcitèrent les facultés créatiâees; il jufjea bientôt, ce- f

pendant, (pi’il ne pouvait sans daii{;er prolonger cette '

existence conteuqjlative. « .l’ai commencé à m’occuper \

uu [)eu sérieusement, écrit-il le Id mars. .le lais des com- |

positions, je dessine dans les {paieries, j’étudie l’italien et je suis des cours. Me voilà aussi occupé (pie je l’étais à Paris, et la nuit vient toujours trop tôt. » Il exécute eu même temps (picbpies médaillons d’après ses camarades.

('baj)u, eu vrai HIs de paysans, a toujours eu l’amour, ;

nous pourrions dire le besoin de la nature. Sa constitution, I

fctli. l'oiUcs les classes de la société prennent part à ces lèlcs. I.es soldats et oflicicrs français de la {'arnison y prennent beaucoup de plaisir...

U \ cin<[ heures, le coiuhat cesse, et toutes les voilures se retirent. On Lâche alors neuf ou dl.x chevaux libres dans la rue. La foule forme la haie de chatpie côte sur les trottoirs et pousse des hourras pour exciter les chevaux, (pii ont vite fait de [larcourir l’espace man|ué. 11 v a une réconipcnse jiour le propriétaire du vaimpieur... c’est Iri-s curieux .à voir, et il est bien étonnant ipi il n’arrive pas de inalheur.

« La soirée du dernier jour est inar([uéc par un jeu tout particulier. C’est la soirée aux mocolelli. Aussitfit après V Aiiyelus, on voit s’allumer dans le Corso une multitude de petites bougies de cire ([ue l’on nomme mocolo. Chacun en tient une ou deux dans la main, et les voitures en sont toutes illuminées. Là, un autre combat s’enga[;e. C’est à rpii éteindra le mocolo de son voisin; les piétons font l’assaut des voitures, cherchant avec leurs mouchoirs à éteindre les Iiougics; ceux des voitures leur répondent avec des confetti ou à grands coups de vessies gonflées d’air... tout cela est d’une gaieté étourdissante; on s’amuse franchement et gaiement, sans (pi’il y ait jamais de dispute. »

(^Lettre de Cliapu à ses parents.)

CIIAPÜ.

chétive en apparence, s’accommode à merveille des {fraudes marches, des journées passées en plein air. Aussi, dès (pi’il est fatiffiié dn travail de l’atelier, il honcle sur ses épanles le sac dn paysaffiste et s’en va vajfahonder dans la campagne romaine. Nous avons trouvé, dans ses cartons, de nombreux paysages dessinés an crayon noir on à la mine de plomb sur papier bien, avec «piehpies touches de {fonache on de crayon blanc pour détacher les ciels, oii il a sn allier la noblesse dn style et la beauté des lignes à un sentiment très vil et très pénétrant de la nature. Si j’avais à classer ces charmantes compositions, je les ])lacei‘ais entre Aligny et Corot, à l’épotpie où ce dernier commençait à se dégager de la solennité un j)eu {fiiindée dn paysage historique.

Ces dillérents travaux l’absorbèrent si bien <pie, en dépit des monsti<pies, de la chaleur et de la mal’aria (I) (jui d’ habitude chassait prestpie tons les hôtes de la Villa, de piillet à septembre, il demeura à Kome pendant tout l’été, ne (piittant son atelier <pie pour de courtes excursions dans les envii'ons.

Ij’hiver venu, il se mit avec ardeur à son envoi. Api’ès bien des hésitations, il fit choix d’un sujet religieux, le Christ aux ./ liges, iwu\iie\ il joignit, par surcroît, une esipiisse, l’-/</e de fer, dont je n’ai pu retrouver la trace.

(1) I.c cliiii.il lie 1 ll.Tlie p.irait avoir été, .à cette époque, Itcaucoup jiliis inalsain ipi'il ne l est aujoiiririiiii . I‘ciulant le cours île cette amicc tS5(), Cliajni avait vu mourir à l’Kcole même un île ses camarades, Bounardel, enlevé par les lièvres. Peu de temps après, un autre élève, Chifllart, é|)uisé par le même mal, revenait îi Home, se trainani à peine sur des héquilics; (Tiacomotti était gravement malade, à Venise, de la suette; entiii Carpeaux, s’étaul administré un remède trop violent pour guérir une dvscnterie dont il était atteint, se voyaitf^foreé de revenir en l’ranec achever sa guérison.

l'icwmri nivoi «li‘ Knmr,

ENFANCE ET JEUNESSE

Suivant un usage (jui subsiste encore aujourd’hui, les oeuvres des pensionnaires, avant d’être envovées à l’aris, étaient exposées à la Villa Médicis. IjOS bas-reliefs de Cliapu y furent favorablement aecueillis. Grande fut donc sa déception quand on lui fit, six mois plus tard, parvenir le rapport de l’Institut (pii le concernait, rapport (|ui avait été In en séance publique le 2 octobre IS57. « L’envoi de M. Chapu, (pii a si brillamment, il y a deux ans, obtenu le Grand Prix (le sculjitnre, écrivait le rapporteur, ne remplit pas l’attente de l’Académie. Si elle écoutait la voix de la sévérité, elle aurait plus d’un reproche à adresser à M. Ghapn. Elle lui dirait (pie son bas-relief représentant r./(/o/’ution des ^dnrjes n’a pas le calme et l’onction (jue comporte le sujet, (pie rien ne justifie le mouvement désordonné des draperies des anges; (pi’il aurait du éviter dans les plans des disparates (pii nuisent à l’iiarmouie de l’ensemble. Mais elle est lienrense d’ajouter (pi’il a dans la figure du Christ (piehpies parties d’étude bien modelées, et que M. Ghapu a fait preuve de zèle en envoyant son esipiisse, l’-/yc <le fer, (pii ne lui était pas demandée par le règlement. lOlle devrait cependant reprocher encore à cette esipiisse une exagération dans le mouvement des figures et des draperies, (pii lui (>te ce caractère de grandeur, cette clarté (|ue doit toujours conserver la sculpture, lors même (pi’elle est appelée à rendre les passions les plus violentes. li’Académie espère beaucoup, pour le prochain envoi de ^1. Chapu, de ses réflexions et de ses études. )5

Cette sévère appréciation était confirmée par une lettre confidentielle de Dnret, (pii parvint à Ghapn par le même

CM A PU

courrier. Il nous semble curieux de rapporter ce document, que nous avons retrouvé dans les archives de Cbapu :

« Mon PAUvitE Cmapu,

■ Vous avez donc tout à fait oublié les bons principes de sculpture (|ue vous avez montrés dans votre l’rix? Tout le monde fondait de grandes espérances sur vous, et vous faites le plus affreux envoi (|ue j’aie jamais vu. Pourquoi diable faire uu Christ, le plus beau des hommes, quand vous n’êtes seulement pas capable de faire un homme ordinaire, comme il y en a tant à Pmine? Seulement ils ont du caractère, et cela convient parfaitement à la sculpture. Votre bas-relief est mal entendu de plans, le nu affreusement dessiné, le goût n’appartient à aucune époque de l’art, et je suis très peiné de voir une pareille chose. P»egardez donc un peu la belle sculpture grecque ou celle de Michel-Ange, et non des peintures rococo (jui ont peut-être le mérite de la couleur. La sculpture veut de la noblesse et de belles formes, et non de petites touches, des creux et des bosses qui n’iudi(juent rien absoliimeut, comme vous eu mettez dans votre Christ.

U. Votre esquisse serait peut-être passable si elle était mieux exécutée et d’uu meilleur goût. Llle a trop de plans et est encore dn domaine de la peinture et n’annonce rien de distingué, mais un sentiment commun et vulgaire, contraire à l’art <pie vous avez choisi.

« Tâchez donc, mou cher enfant, de regarder un peu l'antijjue, et comptez sur mon dévouement et mon amitié, si vous voulez vous eu rendre digne.

F. hntET. n

ENFANCE ET JEUNESSE

Nous pouvons, à notre tour, faire appel de ces jufjemcnts rigoureux, car les pièces du procès subsistent encore, fa; Christ aux Jmjes nous a été conservé. Il est anjonrd’lini le plus bel ornement de r('*{;lise du Mée. Kn outre, plusieurs cro(|uis d’ensemble ou de détail nous initient à la genèse de celte œuvre. 8i l’on ne eonsnltait (pie ces dernieis, on ne pourrait (pie donner tort à l’Académie, car la conception premièri' est grande, simple et harmonieuse. Le Fils de Dieu est étendu, mort. Derrière lui, un ange, vu de face, soulève son lincenl, tandis (pi’nn autre, vu de profil, s’incline vers le divin Crucifié et baise sa main inerte. Lien de gracieux comme la silhouette de cet ange, dont la courbe élégante se marie benreusement à la ligne rigide du corps (pie l’on va ensevelir. Malbeurensement , (|uand il entreprit cette composition, l’artiste n’était pas encore pleinement maître de son métier, et l’exécution de son bas-relief se ressent de cette inexpérience. IjC Christ est un peu vulgaire d’aspect; certains détails, les cheveux, par exemple, sont d’un modelé pauvre et maladroit, les draperies d’un dessin lourd et confus. Mais ce n’est pas là le principal grief de Dni et : ce (pii le contriste surtout, ce sont les tendances manifestes de son élève vers la sculpture coloriste, ce sont ces creux et ces bosses (pii accrocbeut le re{>ard et détruisent à son avis la simplicité et l’iiarmonie de l’ensemble. A ce point de vue, nous ne sommes pas tout à fait de sou avis. Cbapu, déjà, cbercbe à réagir contre la froideur (pii, sous prétexte du bon goût, tend à envahir la sculpture française, et, s’il dépasse le but, il ne faut pas lui savoir trop mauvais gré d’une exnb(-rance (pii est de son âge et qui vaut mieux, en somme, que le défaut contraire. Quoi qu’il en soit, le Christ aux

CH APU.

Amjes n’est déjà plus l’œuvre banale et correcte d’nn bon élève, et nn observateur perspicace aurait pn v découvrir les {fermes de ce (pi’eu art ou appelle « un teiupéramciil » .

Le sévère accueil fait au j)remier envoi du jeune sculpteur u’était pas pour reiiconraffcr. 11 ne s’eu montra cependant ni surpris, ni déçu, et se remit avec ardeur au travail. Depuis sou dernier envoi, sou horizon s’était élarffi. Il avait consacré une partie de l’été à un voyaffc dans le nord de l’Italie, eu compaffuie de plusieurs architectes de la Maison. Il avait visité l*ise, .Sienne, Venise, Padoue, Holoffue et sui'tout l'ioreuce, où il avait passé plus d’un mois. Là, il avait retrouvé un de ses amis les plus chers. Gaillard, dont la ville des Médicis était le séjour favori, et qui se préparait à l’art (pi’il devait illustrer par les admiral)les dessins (pie l’on connaît. Les loiqfues promenades ipi’il Ht dans la ville, eu compaffuie de ces esprits d’élite, eurent pour Gliapu des résultats féconds. La Picuaissauce italienne (jii’il est difHcile de bien connaître sans sortir de France, et dont lîome même ne donne (pie des spécimens incomplets, se révéla à lui. Il passa d(* louffiics heures à méditer devant la Jahjij 'ui dei Lanzi ; il jnit comparer la {fràce naïve et chaste de Lnca délia lîohhia-iï l’éléffant et savant naturalisme de Doiiatello et de (ilnhcrti. liC* crayon à la main, il analysa minutiiMisemcnt les H{f m es du tombeau des Médicis, dont la mystérieuse et tragiipic {fraudeur le pénétra profondément, et le précieux Percée de llenvcnuto Celliui, d’une si exipiise élé- {fance, et la Judith de Donatello et \' Hercule luaut Cucus de Bandinelli. An bout de deux mois, il rentrait à lîome, l’ànic exaltée par la vue de tant de radieux cliefs-d’ieiivre.

ENFANCE ET JEUNESSE

un peu iii(|uiet, toutefois, de savoir conuneut, parmi tant de manifestations si diverses du Beau, il pourrait, à sou tour, se frayer sa voie.

li’artiste avait, pour cette année, le temps de niminer ses impressions à loisir. Les rè{;lemculs de l’Ecole ne lui iniposaieut aucune composition orifjinale, mais seulement une copie d’après ranti<(ue. Dans l’état d’esprit ou se trouvait (lliapu, eu même temps (|u’un cxcellcut apprentissaj^e, c’était un repos salutaire pour son imajpnation surcliaufféc. Il fit choix de ['Enfant à l'épine, cette ex(|uise lijfure, du Musée du Vatican, et se mit résolument à ce dur métier de tailleurde marbre, prestpie nouveau pour lui, car ri'xole des I5eaux-Ai‘ts y exerce peu ses élèves. Au printemps, l’œuvre était terminée et partait pour la France. Il reçut à l’occasion de cet envoi cet article enthousiaste d’Ahout (jui faisait ses débuts au Moniteur (1) : « (i’est dans un écrin (|u’il faudrait mettre la copie du Tireur d’épine, exécutée en marbre par M. Chapii. .lamais peut-être ce bijou de la statuaire.’ auti(|ue n’a été reproduit avec plus de couscieuce et plus d’amour. » T.e rapport officiel de l’Institut lui (‘tait éfjalcment favorable et rendait justice au « soin (pi’il avait apporté à cette copie epii rappelait bien le caractère de l’orijjinal ». 'l'outefois ses maîtres n’en lurent sans doute jjas aussi complètement satisfaits, et il reçut de l’un d’eux, de Duret, je qrois, nue lettre où « on lui lavait la tête » .

I>es ])ensiounaires de la villa Médicis s’étaient, cette annéo

(!' Aliont, l’année précédente, avait passe quelques jours à Home en revenant de l’Ecole d Atliènes, où il avait été pensionnaire. L’esprit causti(|ue et mordant du jeune criti<pie ne plut pas à Chapu, qui trouvait ses articles u pointus », et se tint lon{>tcmp8 en dcliance vis-à-vis du brillant écrivain.

CHAPU

là, pai ticulièrenieiit distinj^ués. On admirait à leur exposition lin Saint Sature, vaste composition dellenri ! A’vy, « <pii témoijjnait d’nn esprit délicat, distinfjiié, fait pour plaire » ; des Joueurs de flûte de Delannay, d’un gi-aiid charme de composition, d’nn dessin simple et vrai, ainsi ipi iine Fuite de Xerou du paysaj;iste llernard, et une Lyssia de Lepère, bien construite et d’un {frand air.

On n’avait <pie des éloj^es pour Chifflart ( I), pour Mani- {{lier, et surtout pour Carpeaux, (jiii brillait entre tous avec son Petit Pêcheur, nin* des meilleures inspirations de son capricieux {{énie, et (|ii’Abont saluait déjà comme un maître : « Ce Petit Pêcheur de Carpeaux, écrivait-il, est nue leiivre capitale et complète, dijfiie de fifpircr dans la même jpilerieipie le Pêcheur de Ibide, le Danseur de Diiret, le Faune de Perrault et le Philopæinen de David. Sans poursuivre les niaiseries dan^jerenses de l’idéal, il s’en est tenu strictement à la nature. » Pour cette œuvre encore, le jn};ement de la critiipie et celui de l’Académie ne s’aecordaient pas, car, si l’institut y reconnaissait « une étude fine et vraie de la nature », elle blâmait dans cette jolie lijjnre nue certaine tiivialité et recommandait an sculpteur il’élever son style en exerçant son talent sur « de nobles sujets. »

Si nous nous étendons sur ces différimtes appréciations des envois des pensionnaires, c’est pour montrer tout le désarroi (pi’elles devaient produire dans leurs iilées. Ileanconp, il est vrai, n’en tenaient ancnn compte, persuadés,

(t) Cliifllart (l''raiicüis-Nifolas\ peintre et {jraveur, né à Saint-Omer en 1825. Grand prix de Rome en 18.51. Doué d'une grande imagination, eoloriste à la manière des romantiipies, eel artiste se fit remarquer par un portrait de Victor lluj’O et une suite de dessins inspirés île Faust. Depuis plusieurs années il a cesse d’exposer.

EM ANCE ET JEUNESSE

dans leur présomption naïve, (pie C(*ux ipii leur donnaient ees conseils étaient les représentants d’un art démodé, incapables de comprendre leurs jeunes génies; mais pour Cdiapn, il en allait tout autrement. Esprit métliodiipie et discipliné, ayant le respect de ses maîtres, il ne pouvait s’empêcher d’être troublé jiar ces brèves appréciations ([ni, pour être bien comprises, auraient en besoin d’êtia; longuement commentées. I.e [>is est (|u’il ne pouvait trouver d’appui sérieux dans sou directeur, M. .Scliuet/., bomnu* de goût sans doute, mais artiste sans passion, et dont l’aimable scepticisme était mal fait pour remonter une âme troublée ( 1 ).

Notre artiste, lieureusement, avait la foi robuste, la* [iremier moment d’humeur passé, il oublia ce nouveau mécompte. « Je continuerai de marcher de l’avant, écrit-il à ses parents, sans me soucier de la routine. » Il se jigje cependant avec impartialité et reconnaît ([ue ni lui ni ses camarades ne sont encore bien forts. N’ingiorte! il voit bien ([iie chaque jour a[)[)orte un peu à la somme des connaissances (ju’il a dé'jà ac([nises; il a confiance dans sa laborieuse obstination ; « f/intelligence, écrit-il à cette épo(|ue, ne suffit pas toujours. J’en vois des exemples cba([ue jour; des bûches presque, mais (pii, avec [len ib* facultés, ont en com[)ensation beaucoup de volonté et de

(l) Le fond (le la nature de Selinetz, a dit un de ses I)io(jrai>hes, se eoiiiposait d’un mélange aimable de candeur, de douce ironie, de sccpticisiiie indulgent et (‘cleeti(|ue. Ce scepticisme s’étendait même aux choses de son art, ((u il comparait aux neiges de Soracte : « Voyez-vous, disait-il un jour à Itaudry en étendant la main vers ces cimes éblouissantes, elles font bien dans le paysage, mais, comme tontes les grandes choses, il faut les admirer de loin. Je n’ai jamais eu envie d y aller voir; peut-être aussi le souffle m'anrait-il mampié. « Façon naïve, gracieuse, profonde peut-être, d’cxpli()uer la médiocrité de son génie.

Cil Al'U.

suite clans les idées : ils tendent vers nu but et u’eu déinordeut pas. (l’est rare qu’ils u’arriveut àrieu. Au contraire, ou voit des individus cjni ont une facilité merveilleuse à tout, u’iiuporle à cpioi ou les mette, mais prcsijue toujours ils ont nue mobilité d’esprit égale. Ils touebent à tout, appi’emuMii un peu de tout, mais ne savent rien eu réalité. » lùi même temps, dans ses notes intimes, il parle « de ces organisations plus robustes qu’actives, de ces têtes moins iuspiréc's cpie réflécbies, de ces tempéraments tranquilles et obstinés, travailleurs sérieux et constants qu’on appelle ha-iifa à l’Kcole, mais (pd laissent souvent un grand souvenir dans riiistoire de l’Art. »

Manifestement, c’est à lui qu’il pense lorsqu’il trace ce |)ortrait ; de même, lorsqu’il parle de ceux qui se fient nui- (jiiement à leur merveilleuse facilité, il pense à certains de ses camarades, à Carpeaux notamment, avec lecjuelil entretint par la suite de bonnes relations, mais cpi il n’aimait guère pour le moment. Carpeaux, en effet, était la vivante antitbèse de (Aiapu. Capricieux et fantaisiste, ne travaillant (jue par boutades et se vantant, — mensongèrement du l’cste et par pure forfanterie, — de ne trouver riuspiration cpi’au fond d’une bouteille. Carpeaux était le type accompli du » mauvais élève ». .lainais ses envois n’étaient prêts en temps utile, et plus d’une fois il ne fallut rien moins cpie les liantes protcclioiis dont il était l’objet jiour lui éviter des jieiiies disciplinaires. Cliapn, an contraire, exact et mélliodiijue, était esclave de ses engagements. La moindre faveur cpi’il lui fallait demander à Selnietz était pour lui le sujet de longues bésitations. Le premier, cynicpie dans scs propos et débraillé dans sa tenue, raillait volontiers la vie calme et

■M’ii

ENFANCE ET JEUNESSE. i!)

réjjlée du second. Physiqiieinent, ils n’étaient pas moins tlissendjlables. C-liapn, prcsf|iie imberbe encore à vinjjtein([ ans, avait une physionomie douce et bonne, le l egard nn peu timide, les ti’aits dn visafi;e peu accentués; sa taille était petite et son apparence chétive. Carpeaux, an contiTiire, avait les traits rudes et heurtés; son œil, laifjemcnl

KNV IRONS DK ROME.

ouvert, avait le re{ifard hardi, pi’cstpie brutal; le bas de son visaqe disparaissait sons une épaisse monstacbe et une barbiche pointue de coupe militaire, fœ verhe haut et bref, le ion cassant, il affectait des allures de capitan et n’était jamais pins lier que les jours on, an cours de «piehpie expédition nocturne dans les mauvais lieux de Rome, on l’avait pris pour nn olHcier « en civil « . Entre deux hommes si diflerents de tempérament et de goûts, il était difficile qn’an-

cnAPU.

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cuiie sympathie pût naître, ('.hapu cependant rendit toujours justice an talent de Carpeaux, et la Iroidcnr cpi’il lui avait tout d’ahord témoignée se londit j)en à peu an contact de cette intimité jonrnalièi'e. Pins tard, ils se donnèrent ('Il diflérentes circonstances des témoignages d’nne mutuelle estime ( I ).

li’année IHoî) semble avoir été, pour Chapn, nne péiiode décisive. Insnfhsamment gardé jiar réclectisme nn j)en scepti(pie de .Sclmetz, comprenant mal les criti<pies qui lui sont adi ■essées de Ihiris, il a résolu de voler de ses pi'0|)res ailes. Après bien des méditations dont nous trouvons la trace dans ses notes, il juge (pie Micbel-.Vuge et les scul|iteurs de la llenaissance sont des maiti’es dangereux, (pie les lormules académi(pies vous apprennent tout an plus à démar- (pier l’art grec, (pi’à si bien connaître les moyens (pii furent jadis employés, on risipie de perdre tonte originalité, de cesser d’être vrai et simple, ou, ce (pii est pis encore, de

(t) Nous en avons la preuve dans cette lettre inédite, je crois, cpie Carpeaux écrivait d’une main défaillante à son rival de j’Ioire, pour le féliciter de la médaille d liouueur ([ui lui avait été décernée au Salon de 187.'} :

U Mon ciiEii COLLÉGUK,

• Xirc, 30 mai 18 "5,

Il .le suis loin de Paris. Sans cela, j’aurais etc te féliciter personnellement sur tou succès bien mérité au Salon de cette année.

■1 La médaille d honneur emportée avec une telle majorité est un fruit rare. Pour moi, (|ui te sais un scul[)tcur de (joùt, rien ne me surprend de te voir prendre un raii{; si élevé dans la carrière ipii le distin;;ue. .ra|iplaudis de loin, avec autant d'ardeur ipie si j’étais près de toi.

Il (’.ourajje et persévérance. Bientôt la fortune se joindra à la jjloirc et fera de toi le ]dus heureux de mes collègues. C’est ce cpie je te souhaite du plus profond de mon cœur.

U Ton vieil ami,

U CAni>EU’.x. »

ENFANCE ET JEUNESSE

toinl)cr tlaus celte naïveté intentionnelle et svsténiatiqnc (jni n’est aussi qn’nne manière.

« L’n scniptenr on nn peintre, écri(-il, ont élé sincèrt's (piaïul, ayant soit dans la nature, soit dans leni's cerveaux, nnescnle iinafre on des jjronpes d’iinaycs, ils se sont efCoi'ccs de les reproduire tels <pi’ils les vovaienl, sans snhstilner aux formes vraies des formes prises à des (cnvres d’art ctran- (fères; la prétention qu’affichent nn ^qrand nombi-e d’artistes distingués de nous interdire cette libre interprétation de la nature est une tyrannie absolue. » Il se décide donc à faire table rase, à onblier, pour nn temps, l’esthétique dont on a farci son cerveau d’élève, à s’affranchir de la tyrannie des traditions. « Sons peine de se condamner aux efforts stériles, écrit-il encore, on ne peut ressusciter la forme partienlière dans hnpielle les poètes, peinti es on seniptenrs ont expriim* leurs croyances, leurs sentiments, leurs [)ensées... j)onr(pioi vonloir enfermer ses pas dans nn cercle précis et inflexible... nnl n’a le droit de défendre à son voisin de vivre, si ce voisin en a la fo rce... »

Fort de ces résolutions, notre artiste se remit bravement à l’œnvre. Ce qn’il cherche, pour son envoi de troisième année, c’est l’harmonie des lignes, le rythme d’nn monvemenl bien choisi, le charme robuste et sain d’nn beau corps d’homme qn’il modèlera de son mieux. Dans une de ses excursions aux envii’ons de Rome, il a été frappé par la vue d’nn paysan, jetant avec un geste plein d’ampleur le l)lé dans les sillons. Ce sera le sujet de sa statue, .lamais travail ne l’a trouvé plus ardent : « .le viens de faire une journée de manœuvre, écrit-il à ses parents : tordre des fers j)oni‘ l’armature de ma figure, bêcher delà terre, faire des colom-

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