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LES AMUSEMENTS DE LA VIE PRIVÉE

composition épuisée, revient aux natures mortes, aux panneaux décoratifs. Au Salon de 1746, il envoie pourtant encore quatre tableaux, le Bencdicite de M. de La Live de Jully, les Amusements de la vie privée, un Portrait d'homme ayant les mains dans son manchon et le Portrait de M. Levret, le chirurgien. En 1747, une seule composition, les Aliments de la convalescence de la galerie Lichtenstein et deux autres tableaux qui partirent pour la Suède, aussitôt achevés. En 1748, un seul ouvrage, Y Elève studieux. En 1751, la Dame variant ses amusements, pour lequel la seconde Mme Chardin avait servi de modèle; en 1753, le Dessinateur d'après le Mercure de Pigalle, répétition avec des changements, la Lecture de P Evangile, autre répétition d'après l'original du cabinet de M. de La Live. A partir de cette année, jusqu'aux derniers temps de sa vie où il aborde le pastel, l'œuvre de Chardin ne compte plus que des natures mortes, gibier, fruits, instruments •de toutes sortes.

Malgré l'empressement des amateurs, la situation de Chardin, confiné dans son appartement de la rue Prin- •cesse, reste précaire.

En 1752, Lépicié, secrétaire, en adressant au marquis de Yandières l'état des académiciens pensionnés, lui écrit : « Sans vous nommer, Monsieur, tous ceux qui n'ont pas encore reçu des bienfaits du Roy, je crois que voicy ceux qui méritent le plus : M. Colin de Vermont... : tous déterminerez, Monsieur, par ce petit secours, son èien-être. M. Chardin, recommandable aussi par ses

talents et par sa probité, se trouve dans le même cas. » La réponse ne se fit pas attendre. Le 7 septembre 1752, M. de Vandières écrivait à Chardin : « Sur le rapport que j'ay fait au Roy, Monsieur, de vos talents et de vos lumières, Sa Majesté vous a accordé, dans la distribution de ses grâces pour les Arts, une pension de 500 livres. Jr vous en informe avec d'autant plus de plaisir que vous me trouverez toujours très disposé à vous obliger dans les occasions qui pourront se présenter et qui dépendront de moy à l'avenir. »

Pour remercier M. de Vandières de cette faveur si méritée, Lépicié lui répondit au nom du peintre : « Permettez-moi, Monsieur, de vous demander une grâce au nom de M. Chardin. Il souhaiterait fort que vous lui accordassiez celle de vous dédier l'estampe que l'on grave d'après son tableau représentant une Dame qui s'nmuse avec une serinette et de pouvoir marquer que ledit tableau est tiré de votre cabinet. 2 août 1753. » Et M. de Vandières mettait en marge : « J'y consens. »

Et puis le public, si enthousiaste d'abord de ce génie toujours parfait, commençait à se détourner de lui. 11 se lassait de toujours admirer ces mêmes scènes de la vie bourgeoise devenues moins nouvelles et moins nombreuses. Que faisait donc ce brillant artiste? Il ne travaillait donc plus?

La critique, pour qui la fatigue du peintre ne compte pas, le gourmande, l'accuse de paresse. Les comptes rendus satiriques des Salons se demandent si c'est la

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