‹ ChardinChapitre 6 sur 15 · LA GOUVERNANTE · texte numérisé non relu

LA GOUVERNANTE

(Galerie Lichtenstein.)

Princesse, avec Marguerite Sainctar, âgée de vingt -deux «ans, demeurant chez son tuteur, Pierre Pérant.

Chardin demeurait alors avec ses parents qui avaient quitté leur maison de la rue de Seine, pour en louer une autre, rue du Four 21, au coin de la rue Princesse. Cette maison, qui appartenait alors au marquis de Brulard, ne passa dans la famille Chardin qu'en 1747, par la vente •qui en fut faite à Juste Chardin et à sa femme Geneviève Barbier. Elle existe encore et forme le n° 1 de la rue Princesse. Sans se laisser aller à une impression préconçue, on peut retrouver dans la petite cour de cette maison le cadre de la Fontaine, de la Blanchisseuse, du Garçon cabaretier, de YÉcureuse. Chardin y demeura et y travailla jusqu'à son second mariage en 1744; c'est là, -dans ces appartements, dans ces petites cours mal éclairées, sous un jour de crépuscule dont ne se contenterait plus le plus infime de nos peintres contemporains, que Chardin peignit ces natures mortes de si merveilleuse couleur, qu'il inventa ces petites scènes domestiques, •d'un sourire si fin et si clair.

De ce mariage naquit, la même année (1 8 novembre 1731), un fils, Pierre-Jean-Baptiste Chardin, ce fils qui fut peintre •aussi et dont la destinée incomplète et lamentable, après avoir été l'espoir et l'illusion du père, en devint l'unique •et amer tourment.

Deux ans après (3 août 1733), une fille naissait aux €hardin, Marguerite-Agnès, qui mourut âgée de deux ans, le même jour que sa mère, le 14 avril 1735.

Les premières années de ce mariage furent pour Chardin la continuation de son labeur.

En 1732, il envoyait à la place Dauphine plusieursnatures mortes d'animaux et d'ustensiles de cuisine, deux grands panneaux décoratifs représentant des trophées de musique commandés par M. de Rottembourgr ambassadeur de France à Madrid, et un bas-relief de* bronze. Ce bas-relief était le moulage d'un bas-relief en terre cuite de François Duquesnoy, du cabinet de M.Crozatr baron de ïhiers, grand admirateur du sculpteur flamand r dont les œuvres jouissaient alors d'une réputation universelle. Le catalogue de la vente de Michel Vanloa nous donne une description. « On y voit des enfants au nombre de huit, qui jouent avec un bouc et dont un de la troupe se cache derrière un grand masque et le présente à l'animal dans le dessein de le faire reculer. »

Le tableau de Chardin était la copie d'un moulage peint en bronze. « Ce bas-relief est feint de bronze »r dit la notice du catalogue; elle ajoute : « le ton en est si parfaitement rendu qu'il produit une illusion que le toucher seul est capable de détruire. » Michel Vanloor frappé de la perfection de cet ouvrage, voulut l'acheter et demanda son prix à Chardin. Celui-ci, modeste comme à son ordinaire, et qui se troublait, rougissait lorsqu'il s'agissait de vendre lui-môme un de ses tableaux, en demande un prix infime. Michel Yanloo en offre alors deux cents livres. Chardin refuse; il y a débat et il faut que l'acheteur fasse accepter d'autorité à sou

:hé Lévy.

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