LE BENEDICITE
(Musée du Louvre.)
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elle avait décidé, tout d'une voix, que, conformément à ses statuts, ceux des Académiciens qui prétendaient à ces places feraient apporter, la semaine suivante, « leurs ouvrages faits dans l'année ou dans la précédente ». L'Exposition s'ouvrit le 2 juillet. M. Chardin, dit le Mercure, exposa quatre petits morceaux excellents, représentant des petites femmes occupées dans leur ménage et un jeune garçon s'amusant avec des cartes. Ces petites femmes sont la Fontaine, la Blanchisseuse, le Château de Cartes que nous reverrons deux ans plus tard au premier Salon du Louvre et qui se trouvent ainsi formellement datées par les conditions mêmes du concours (1734- 1735).
Chardin n'obtint pas les voix nécessaires à un avancement de grade. Les élus furent Michel et Carie Vanloo, Boucher et Natoire, Lancret et Parrocel.
Enfin, le 18 août 1737, se rouvrait, dans le grand salon du Louvre, l'Exposition officielle des peintures et sculptures de messieurs de l'Académie Royale, interrompue depuis 1704; exposition qui s'est perpétuée de deux ans en deux ans, puis chaque année, jusqu'à nos jours.
Chardin y envoya huit tableaux dont nous avons la description par le livret du Salon et par les indications du Mercure : la Fontaine, la Blanchisseuse, le Château de Cartes, le Chimiste dans son laboratoire (portrait d'Aved) ; un Petit garçon debout avec son tambour-, Petite fille assise badinant avec deux cerises ; Petite fille jouant au volant ; Bas-relief peint en bronze (cabinet de Michel Vanloo).
Le succès de ces envois fut considérable, succès de surprise autant que d'admiration. On savait bien que l'artiste excellait dans les natures mortes, mais on ne savait pas à quel point il possédait le génie de l'attitude et de l'expression humaine. Du coup, il fut égalé aux plus grands maîtres.
Encouragé par l'applaudissement général, Chardin abandonna momentanément les natures mortes et se consacra tout entier aux scènes de la vie domestique.
Au Salon suivant (1738), il reparaît avec huit compositions :
Le Garçon cabaretier et son pendant YÉcureuse, le Dessinateur taillant son crayon, la Jeune ouvrière en tapisserie interrompant son ouvrage, les yeux fixés sur le dessinateur', la Jeune ouvrière en tapisserie qui choisit de la laine dans son panier et son pendant le Jeune écolier assis par terre, qui dessine sur un portefeuille, vu par le dos; le Toton, portrait de Gabriel Godefroy, fils cadet du joaillier ; enfin la Jeune femme cachetant une lettre. Dans le compte-rendu du Mercure ne figurent ni Le Jeune homme au violon, portrait de Charles, fils aîné de M. Godcfroyr pendant du Toton, ni la Petite fille de M. Mahon, marchand, s amusant avec une poupée. Le livret ne mentionne pas non plus la Jeunesse ouvrière en tapisserie interrompant son ouvrage.
Par tout ce que nous savons de la lenteur de Chardin à ce travail « qui lui coûtait infiniment », il est certain que ces huit tableaux ne furent pas l'œuvre d'une seule
Cliché rveurdein.