‹ CharlemagneChapitre 145 sur 236 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

que le pape adressa, à ce sujet, à la cour carolingienne n'eurent pas de résultat, du moins immédiat. Charlemagne ferma les yeux sur l'ambition de son jeune vassal, en considération de son attitude nette et énergique en face de l'invasion grecque.

Les troupes impériales , en effet , débarquées sous les ordres d'Adelgis, de Jean le Trésorier et du patrice de Sicile, prirent le parti d'attaquer, dans le courant de l'été, le duché de Bénévent, que Grimoald, sourd aux sollicitations de sa mère, refusait de leur livrer. De son côté, le roi Charles avait suivi , quant aux préparatifs militaires , les habiles conseils du souverain pontife. Il avait fait rassembler une armée dans l'Italie septentrionale, sous les ordres du leude frank Vinigis , qui prit ainsi le commandement en chef des milices de Bénévent et de Spolète. Les ducs langobards Grimoald et Ilildebrand obéirent sans défaillance au ban de guerre de leur suzerain, et se rangèrent sous la bannière de Vinigis. La victoire, longtemps disputée, finit par leur rester. Adelgis et Jean le Trésorier trouvèrent la mort dans la mêlée ^

Ainsi périt, de la main même de ses compatriotes, le dernier prétendant à la monarchie nationale des Langobards. Après lui , nul ne devait plus songer à restaurer le trône de Desiderius, et du même coup l'empire grec perdit toute espérance de rétabhr sa domination en Italie.

Celle des Franks, au contraire, s'étendit, aux dépens de l'empire, de tous les côtés à la fois. Déjà maître de l'Istrie, sur la côte orientale de l'Adriatique, le roi Pépin enleva encore, peu après, la Liburnie aux Impériaux- (788 ou 789).

L'incorporation à la monarchie carolingienne de ces deux provinces, habitées par une population de race slave, n'avait pas seulement pour objet un agrandissement de terri-

1 Eginh. Annal., ann. 788.

2 Lebeau, Hist. du Bas-Empire, liv. LXVI, i? 21.

toire : elle faisait partie d'un vaste système stratégique, et cette conquête nouvelle devait compléter au sud-est la base des opérations entreprises par le chef politique et militaire de la chrétienté pour endiguer, si l'on peut ainsi parler, le flot toujours mouvant des peuples barbares de l'Europe septentrionale.

FiB. 48. - Bibl. nationale , Lai. 0428 , f° 24. ( ix» siècle.)

Fia. 49. " Bible de Cliarles le Chauve. Bibl. nationale, Lai. n» 1 , f- 358.

Page 1