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CHAPITRE IX

seul pouvait alors concevoir, mais que les ressources trop limitées de l'art de cette époque ne permettaient pas de réaliser. Il rêva de compléter la ceinture des communications navales autour de son vaste empire, en reliant la mer Noire à la mer du Nord par un canal ouvert entre le Danube et le Rhin.

Il fit commencer dans ce but une tranchée large de trois cents pieds (environ deux cent soixante-quinze pieds français ou un peu plus de quatre-vingt-dix mètres) et longue de deux milles, destinée à mêler les eaux de la rivière d'Altmiihle, affluent du Danube, avec celles de la Rednitz , affluent du Mein. Mais les efforts des milliers d'ouvriers employés à ces terrassements demeurèrent sans résultat. La nature marécageuse du sol et les pluies abondantes de l'automne amenèrent des éboulements quotidiens auxquels nul artifice ne put remédiera Le canal fut abandonné. Telle est la première tentative de l'œuvre que l'Aflemagne moderne a vue s'accomplir sous le nom de canal de Louis.

L'Aquitaine , si malheureusement dégarnie de troupes pour la pacification de l'Itahe, aurait eu elle-même, en ce tempslà , besoin de secours étrangers. Jamais , depuis Charles- Martel, de si grands périls n'avaient menacé la chrétienté du côté des Pyrénées. Le désastre non vengé de Roncevaux avait eu ce résultat funeste de placer en cette contrée la domination franke dans un état d'abaissement moral vis-àvis des Vascons et des Sarrasins, ses vainqueurs d'un jour. L'organisation politique plus solide donnée à la Gaule méridionale, en 781, n'avait pas réussi à réformer cette situation

• Eginh. Annal.

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fâcheuse. Déjà, six ans après, on voit le comte frank de Toulouse, Chorson, assailli par son collègue Adalaric, duc des Vascons et vassal lui aussi, du moins en titre, de la couronne d'Aquitaine. Soutenu par les valis arabes de la Marche d'Espagne, Adalaric non -seulement érigea ses domaines en principauté indépendante, mais étendit même son autorité sur le territoire de Toulouse, c'est-à-dire sur tout le Languedoc actuel, et ne rendit la liberté à Chorson qu'après l'avoir contraint de se reconnaître son vassal et son tributaire. Les ministres du jeune roi Louis, impuissants à faire rentrer le duc rebelle dans le devoir, en vinrent avec lui à des transactions de la plus dangereuse conséquence. Au lieu du châtiment mérité, il y eut des pourparlers de puissance à puissance, des négociations de paix, oi^i le fier montagnard ne se rendit qu'après avoir obtenu des otages pour sûreté de sa personne (788). Le plaid d'Aquitaine, en tolérant une semblable attitude, avait consacré le démembrement du royaume d'outre -Loire. Charlemagne, indigné, s'empara de la connaissance de cette affaire. Il manda auprès de lui, à Worms, Louis et Chorson. Adalaric, cité également devant l'assemblée nationale convoquée en cette ville pour la session d'automne (789), dut rabattre de son arrogance et s'y rendit sans condition. « Il plaida sa cause devant les rois, et fut condamné au bannissement perpétuel. » Quant à Chorson, il fut destitué en punition de son incurie ^

Charlemagne avait dans sa truste un Frank , aussi célèbre par ses exploits que par l'illustration de sa race , et qui paraît même avoir appartenu à la famille royale. C'était Wilhelm, fils de Théoderic et d'Aldana. Ce jeune comte palatin, que la poésie et la rehgion devaient glorifier à l'cnvi, honoré dans l'Eglise sous le nom de saint Guillaume de Gellone , héros de tout un cycle de notre épopée nationale, qui de

I Astroiiom. Viin Litdovici PU.

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