‹ CharlemagneChapitre 161 sur 236 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

monie, que nous reproduisons ici, fut touché d'une compassion profonde. Il pardonna sincèrement à Tassilon ses fautes passées, lui accorda grâce pleine et entière et le reçut en son amour et dilection , afin de mériter lui-même la miséricorde de Dieu. Les lettres de grâce furent expédiées en triple exemplaire : l'un pour le roi, un autre pour Tassilon , le troisième pour être déposé dans la chapelle du sacré palais'. »

Rentré peu de jours après dans sa cellule de Jumiéges, le dernier des Agilulfings ne laisse plus dès lors aucune trace dans l'histoire. On ignore même la date et le lieu de la mort de ce moine, en qui s'éteignit la plus vieille des dynasties européennes.

L'appareil religieux qui entoura la confession publique et son abdication rétrospective , au bout de six années de captivité, avait pour but d'affirmer d'une manière irrévocable, aux yeux des vassaux d'outre-Rhin, le droit de Charlemagne à l'hégémonie des peuples germaniques. Ayant mis par là hors de conteste pour tous les chrétiens la légitimité de sa domination , le roi frank n'eut plus à compter qu'avec les velléités de résistance du parti païen, redevenu dominant en Saxe. Le succès de la lutte ainsi circonscrite ne pouvait être douteux ni même longtemps disputé,

< Ex Capitul. Francoford., D. Bouquet, (. V, p. 650.

Fig. 51. - D'après un manuscrit du ix" siècle, reproduit par MM. de Bastard et Didron.

fifl. 52.- Éïangéliaire de GoUescalk ; BiLl. nationale. Lai. lUtlS. (Fin du viii'-' siOcle.)

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