SECONDE PERIODE DE LA GUERRE DE SAXE
CONQUÊTE DÉFINITIVE DE LA PANNONIE ET DE LA MARCHE d'eSPAGNE
RESTAURATION DE l'eMPIRE
Fio. 53.- Bible
de Charles le Chauve.
iiibl. nationale,
Lat. 1 , f 317.
ANATisÉs sans doute par quelques chefs ■^ dont l'histoire n'a pas recueilli les noms .
des bandes nombreuses et chaque jour
grossissantes de Saxons se préparaient.
depuis l'atteuLat impuni de Rustrengen . à un suprême effort pour secouer le joug de la France. Ils s'étaient placés sur la défensive en un lieu montagneux appelé Sintfeld, dans la région du haut Weser. C'est là qu'ils attendirent le choc de leur terrible ennemi . au commencement de l'automne 794.
Charles avait divisé en deux corps son armée, dont on ignore le point de formation. A la tête du premier, il partit de Francfort à l'issue du concile,
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et marcha droit au nord pour attaquer de front les positions des rebelles. Le second corps, commandé par son fils aîné, le prince royal Charles, qu'on appelait Charles le Jeune, prit sa route sur la rive gauche du Rhin, passa le fleuve à Cologne et se dirigea vers l'ouest, afin do prendre à dos les troupes de Sintfeld. Mais celles-ci comprirent vite la folio de leurs espérances. Sans risquer la bataille, elles se rendirent à discrétion, jurèrent fidélité et remirent des otages. La saison n'étant pas favorable pour entreprendre des opérations militaires sérieuses, Charlemagne se contenta de ces gages de paix, dont assurément il ne s'exagérait pas la valeur. Il ne s'éloigna guère d'ailleurs du pays ennemi, et vint hiverner à Aix-la-Chapelle'.
Au printemps , l'attitude des Saxons était indécise. Ils évitaient soigneusement toute espèce d'actes d'hostilité, désireux , à ce qu'il semble , d'inspirer au souverain assez de confiance pour qu'il abandonnât la surveillance de leur frontière. Le roi, en effet, qui avait des sujets de guerre du côté de la Pannonie, annonça, en convoquant le Champ de mai, l'intention de porter ses armes dans cette lointaine contrée. Cette déclaration n'était vraisemblablement qu'un piège, d'autant plus que l'assemblée nationale se tenait sur la rive germanique du Rhin, au palais de Kuffenstein , en face de Mayence. Néanmoins les Saxons, croyant irrévocable le projet de l'expédition étrangère, refusèrent pour la plupart de répondre au ban royal. Mais aussitôt ils virent l'armée se répandre dans leur propre pays. Quelques contingents de Westphalie se rangèrent alors sous l'étendard frank, et Charles lança ses scares dans toutes les directions, avec la consigne impitoyable de dévaster la contrée jusqu'à son entier épuisement. Il arriva ainsi, au milieu des ruines, des incendies et des massacres, jusqu'aux marais du bas Weser et du bas Elbe, où il accula les révoltés. De son
1 Eginh. Annal., aiin. 794.