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CHAPITRE X

s'en allait faire la guerre de partisan dans les montagnes de Tolède, les troupes d'Aquitaine commandées par le comte Guillaume, l'illustre vaincu de Villedaigne, opéraient victorieusement la diversion promise dans la Marche d'Espagne. Franchissant la chaîne des Pyrénées par les deux extrémités à la fois, elles forcèrent l'entrée ou reçurent la soumission de presque toutes les places qui, depuis cinq ans, avaient échappé à la souveraineté franke : Pampelune, Girone , Huesca, Lérida*, etc. Hakem, accouru avec des forces considérables après le départ des envahisseurs, obtint, il est vrai, des succès éphémères et poussa même jusqu'aux portes de Narbonne. Mais il lui fallait faire face, avant tout, aux rebelles de l'intérieur, qui menaçaient sa couronne. Sa prompte retraite marqua la perte définitive des provinces du nord de l'Ebre pour le kalifat de Gordoue.

La chrétienté, dans sa lutte contre les musulmans d'Espagne, avait pour avant -garde les libres et vaillantes populations de la Gahce et des Asturies, qui, sous la conduite de leur roi Alphonse II, combattaient alors avec autant de bonheur que d'héroïsme pour la délivrance du sol national. Alphonse, quoiqu'il ne dût sa couronne qu'à sa naissance et au dévouement de ses sujets, se proclamait lui-même le fidèle^- de Gharlemagne et lui faisait hommage de ses succès. En 798, s'étant rendu maître de Lisbonne, il en envoya les dépouilles opimes au chef politique de la chrétienté. Ges présents de conquérant, emblèmes de la victoire, consistaient en sept captifs sarrasins et autant de cuirasses et de mulets ^ Ses ambassadeurs, qui étaient allés jusqu'au Héristal saxon , assistèrent, à leur retour, à l'assemblée des grands d'Aquitaine réunie à Toulouse , et y jurèrent alliance avec le roi Louis. Ils s'y rencontrèrent avec un vali des Pyrénées,

' Eginh. Annal., am\. 796; Astroiioni. Vila Ludovici PU.

2 (I Proprius Karoli ». Eginh. Vila Karoli Magni.

3 Eginh. Annal., ann. 798.

Bahloul, empressé à acheter, par une soumission volontaire, les bonnes grâces des puissants voisins dont il prévoyait le triomphe imminent. En effet, les armées de Louis n'eurent qu'à mettre le pied dans la Marche d'Espagne pour s'y voir partout acclamées. Cette prise de possession fut définitive, et aucun retour de fortune ne devait dans la suite renverser l'autorité des comtes franco-aquitains qui furent, depuis 798, préposés à la défense et au gouvernement de la contrée.

Un an après , les îles Baléares , pour se soustraire aux ])illages des pirates sarrasins, se donnaient spontanément à

A cette époque, la puissance franke n'éprouvait plus de résistance sur aucun point du continent. Charles, dans sa ville d'Aix, vraie capitale du monde , recevait de toutes parts des messages et des trophées de victoire de ses lieutenants. C'est là que Wido -, comte de la Marche de Bretagne, lui apporta en 799 les armes des tierns armoricains un instant révoltés et qu'il avait fait rentrer dans l'obéissance''. Trois ans auparavant, à propos d'un événement bien plus considérable, la capitale rhénane avait été témoin d'un vrai triomphe, semblable à ceux de Rome antique, décerné à Pépin d'Italie, destructeur de l'empire des Avares.

Ce jeune prince, en effet, avant même d'atteindre sa vingtième année, avait exercé seul le commandement nominal, et avait recueilli luuLc la gloire des dernières opérations militaires dirigées contre la Pannonie.

1 Eginh. Annal., ami. 798.

- Les hiblorieiis modernes ck'sigiicnl souvciil ce personnage sous le nom île Oui, l'ornie romane de ]Vido.

3 Eginh. Annal., ann. 709.

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