‹ CharlemagneChapitre 186 sur 236 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

matière à cette controverse, c'est que son illustre maître, avide d'exceller en tout , cultiva aussi la calligraphie , et que cette fantaisie le posséda même tellement, qu'il plaçait des tablettes sous son chevet, pour s'y exercer dans ses moments d'insomnie. Mais , malgré toute son application , il paraît qu'il ne put, à son grand regret, assouplir assez sa main, habituée à de plus rudes travaux, pour rivaliser avec les scribes de profession , et dessiner comme eux ces lettres historiées dont on ornait les riches manuscrits. Évidemment l'absence d'un talent aussi spécial ne saurait être considérée' comme une lacune dans un esprit cultivé.

Si Charlemagne ne put devenir un miïiiatwisle , il n'en avait pas moins le goût et le sentiment des arts. C'est encore à l'Italie qu'il ra]>portait sur ce point son idéal. Il se proposait d'élever à Aix-la-Chapelle une basilique plus magnifique « que tous les ouvrages des Romains ». Mais pour la décoration de ce somptueux monument il ne sut rien trouver de mieux que les ouvrages de ces mêmes Romains : c'est de Rome et de Ravenne qu'il fit venir des marbres sculptés. Nul doute aussi qu'il eut recours à l'habileté des artistes itahens pour la fabrication des portes d'airain, des candélabres, des serrureries merveilleuses , dont il orna avec profusion l'église de sa résidence préférée '. Le palais qu'il y fit construire devait être conçu dans le même goût et décoré de la même manière, si l'on en juge par les meubles en métaux précieux, sculptés et ciselés, qui figurent dans ses munificences testamentaires.

On a parlé ailleurs de ses idées grandioses en matière de travaux publics. L'échec de ses deux grandes entreprises, le canal du Danube au Rhin, envasé avant son achèvement (793), et le pont de Mayence, qui, n'ayant pu être construit (jifen bois, fut dévoré par un incendie, œuvres immenses

' Eginh. Vila Karoli Maqni , cap. xvii; Monach. Sangall , de Geslis Caroli Magni, lib. I.

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auxquelles il avait fait concourir des ouvriers de TEurope entière', prouve combien ses conceptions étaient en avance sur les ressources de son temps.

1 Fuit consueludo in illis temporibus, ut ubicumque aliquoil opuseximperiali prœcepto faciendum esset, siquidem pontes, vel navesaul Irajccti sive purgalio seu stramenluni vel impletio cœnosorum itinerum , ea comités per vicarios et officialcs sucs exequerenlur, in minoribus duntaxat laboribus : a majoribus autem , et maxime noviter exlruendis , nullus ducum vel coniitum , nullus episcoporum vel abbatum excusaretur aliquo modo. Cujus rei testes adhuc sunt arcœ pontis Magontiacensis, quem tota Europe communi quidem, scd ordinatissimœ participationis opère perfecil. ( Monach. Sangall., de Geslis CaroHMagni, lib. 1 , cap. xxii.)

Fjo. 57. — Bibl. nationale , Lat. 257 , f» 62. ( w siècle.)

Fio. 58. - Bibl. nationale. Lai. OMS. t» 71. (i.V siècle.)

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