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CHAPITRE XII

LES INSTITUTIONS GOUVERNEMENTALES ET ADMINISTRATIVES •• DE l'empire

ONSiDÉRÉE à la lumière des grands faits racontés dans cette histoire , la politique carolingienne présente un caractère aussi constant que précis. Ce fut dans ses origines et à travers tous ses développements une politique essentiellement chrétienne, et, on doit Fia. 59.- Bibl. nationale. Lat. 9428. f 71. (ix« siècle.) Ic rcconnaîtrc aussl , romanc , que celle qui trouva son couronnement dans la création du saint-empire , appelé alors Vempire des Romains et desFranks. On vient de voir le héros, ou plutôt l'homme, dans le cadre de sa vie privée. Examinons maintenant quelle forme de gouvernement il avait appropriée à sa vaste domination,

et au moyen de quel organisme administratif il réglait les infinis détails de la vie publique chez les vingt peuples soumis à ses lois.

Charlemagne, qui se proclamait, dans tous ses protocoles, investi de Fautorité par la grâce de Dieu, fut, dans le sens à la fois le plus étendu et le plus précis du mot, un souverain de droit divin. Il n'en pouvait être autrement, du reste, de l'exercice de cette fonction quasi-pontificale de l'empire, telle que nous l'avons expliquée. Or le fait de l'empire avait précédé le titre, et Charlemagne, patrice de l'Eglise romaine, était déjà tellement pénétré de la dignité de cette charge et de ses obligations, qu'il eut peine à comprendre Tutilité d'un nouveau couronnement. Ne l'a-t-on pas vu, en effet, à l'assemblée politico-rehgieuse de Francfort, en 704, et en tant d'autres circonstances, présider à l'examen des questions les plus épineuses de discipline ecclésiastique et de dogme ? Le tableau des institutions de l'empire, que nous allons rapidement esquisser, s'applique donc à toute la durée de son règne.

C'est une grave erreur de quelques historiens de chercher, dans la périodicité et la régularité des assemblées dites nationales à cette époque, la preuve d'un gouvernement représentatif. L'assemblée n'était dans aucune mesure dépositaire du pouvoir pulilic, ce n'était qu'une chambre consultative. Il y avait un pouvoir unique, absolu et essentiellement personnel : celui de l'empereur. Un chroniqueur contemporain, membre lui-même de la famille carolingienne, Adalhard , abbé de Corbie , nous a laissé de précieux renseignements à ce sujet '.

L'usage était de tenir par an deux assemblées générales. La première, réunie au printemps, précédait ordinairement l'entrée des armées en campagne. C'était l'ancien mallum ou

1 Adalhard. de. Ordine palatii. Tous les renseignements qui suivent sont empruntés à ce document et au commentaire qu'en a donné Guizot dans ses Essais sur l'hist. de France, iv Essai.

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