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CHAPITRE XII

et pendant son règne furent au nombre de trente- trois. Ce fut le tour des ordres monastiques de se retremper, après le clergé séculier, dans la rigueur des observances primitives ; et l'honneur de cette réforme appartient à un ami particulier de l'empereur, son condisciple à l'école palatine, grand seigneur d'origine aquitaine , dont le nom goth , Wittiza , fut éclipsé par celui qu'il avait adopté dans le cloître : c'est l'illustre saint Benoît d'Aniane.

Le retour à la discipline cléricale devait resserrer les liens de la hiérarchie, fort relâchés au milieu du viif siècle. Le pouvoir civil veilla à ce que chaque siège épiscopal, c'est-àdire chaque chef-lieu de civitas dans les anciennes provinces romaines, eût toujours un évoque '. On a vu aussi comment Charlemagne, à mesure qu'il soumettait la Saxe, y avait organisé la circonscription diocésaine, de concert avec le saint-siége. L'évêque était le chef de tout le clergé, aussi •bien régulier que séculier, dans son diocèse ^ Mais qui choisissait les évoques ? Les Mérovingiens avaient souvent usurpé cette prérogative. Charles- Martel continua cette tradition funeste; mais elle cessa avec lui. Pépin le Bref, en prescrivant par le capitulaire de Vernon (755)^ qu'il y eût toujours un évèque dans chaque civitas, prouve assez qu'il ne s'attribuait pas le droit de pourvoir à la vacance des sièges. Son fils ne le revendiqua pas plus que lui. Les anecdotes du moine de Saint-Gall, d'où l'on a inféré le contraire, perdent toute autorité devant des textes de loi précis comme celui-ci : « Nous approuvons que les évêques soient élus selon les statuts canoniques , par le choix du clergé et du peuple, dans le diocèse même, sans aucune acception de personnes ni de présents , par le seul mérite de leur vie et de leur sagesse *. . . »

( Capitul. de 7S5 et de 779.

2 Capitul. de 779 et de 802.

3 Pertz, Monumenta Germaniœ historica, Leges, t. I, p. 24.

4 1er Capitul. de 803.

L'épiscopat simoniaque et courLisan de l'époque précédente, trop servilement soumis au pouvoir civil, avait, par une conséquence logique, travaillé à affaiblir Tautorité de ses supérieurs spirituels. La juridiction des métropolitains, intermédiaires entre les évoques et le pape, avait été généralement méconnue et était tombée en oubli. Gharlemaffue la restaura et rappela aux sufîragants leurs devoirs de subordination*. Vingt -deux sièges métropolitains centralisaient ainsi , sur toute la surface de l'empire , les affaires ecclésiastiques ; c'étaient ceux d'Aix , Arles, Auch, Besancon, Bordeaux, Bourges, Cologne, Embrun, Fréjus, Grade (ou Aquilée) , Lyon, Mayence , Milan, Narljonne. Reims, Rouen, Salzbourg, Sens, Tarontaise, Tours, Trêves et Vienne "^

Si considérable et si assidue que fut la participation de l'épiscopat au gouvernement, il n'y avait pas cependant de prélats de cour. Les papes étaient sévères sur la (juestion de résidence des évêques^, et le prince frank était si loin de provoquer ou seulement de tolérer la désobéissance, qu'on le voit solliciter de l'autorité ecclésiastique, au concile de Francfort, l'autorisation de garder auprès de lui l'évêque de Cologne, Hildbold , élevé aux fonctions d'archichapclain. Dès son avènement, en 769, il avait interdit la profession des armes à tous ceux qui étaient engagés dans les ordres. Toutefois les évêques ne se décidèrent pas aisément à d('férer à cette loi. Ils craignaient, s'ils ne rendaient pas le service militaire pour les dotations accordées à leurs évèchés par la couronne, que ces domaines ne fussent envahis par les guerriers de profession, et qu'un nouveau gouvernement n'imitât en cela l'exemple de Charles -Martel. Aussi, une requête ayant

1 Capitul. de 779.

2 Eginh. Vita Caroli Magni , cap. xxxiii. Eginliard ajoute à celle lislo Rome cl Ravenne. Mais on a dômontré que ces deux métropoles formaient TElat ponlifical, principauté indépendante, placée sous le protectorat et non sous l'autorité gouvernementale de l'empereur.

3 Vid. Adriani I, papœ , Epist. ad Carolum , ap. Migne. Palrolog. Int.; t. XCVlII,col.82.

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