CHAPITRE XII
été présentée à Tempereur en 802, au nom du peuple^ afin crobtenir la mise en vigueur du décret de 769, les pétitionnaires eurent grand soin de protester qu'ils n'avaient pas dessein d'usurper les biens ecclésiastiques, et qu'ils voulaient, au contraire, on faire toujours respecter l'inviolabilité. Cette démarche donna lieu à un capitulaire défendant l'entrée des camps à tout prêtre qui n'y aurait pas à remplir des fonctions spirituelles.
Quant au clergé des paroisses, il n'est pas oublié non plus dans la législation. On y trouve des dispositions nombreuses et minutieuses ^ sur la conduite des prêtres attachés aux églises rurales, qu'on ne pouvait, comme ceux des villes, soumettre aux règlements tracés par saint Chrodegang. La dîme , dont l'institution régulière remonte à Pépin et à Charlemagne, commençait à assurer la subsistance et la dignité de ce clergé inférieur. L'empereur concéda , en outre , à chaque église une métairie franche de toute espèce de charges et impôts.
L'évêque avait le devoir civil de visiter, une fois l'an , toutes les paroisses de son diocèse^, et de se tenir ainsi constamment en rapport avec ses subordonnés aussi bien réguliers que séculiers. Les synodes provinciaux réunissaient périodiquement les évêques autour de leur métropolitain. Enfin l'administration de tous les chefs de diocèse, assimilée en cela à celle des comtes, était contrôlée par les inspecteurs royaux, les missi dominici, dont il sera question plus loin.
Une des charges essentielles du ministère pastoral sous Charlemagne , c'était l'enseignement. Théodulf établit dans son diocèse d'Orléans l'instruction primaire gratuite et universelle'', en prescrivant à tous les curés des bourgs et des
1 Petitio populi ad împeratorem , Baluze, 1. 1 , p. 403.
2 Nolamment dans les Capitul. de 779 et de 785.
3 Capitul. de 769.
4 Theodulfi Capitul, § 20, cité ap. Warnkœnig et Gérard , Jltst. des Carolingiens, I. T, p. 363.
campagnes de tenir école pour les enfants de leurs paroissiens , « sans autre rémunération que les dons volontaires des parents. » Nul doute que cet exemple hardi n'ait trouvé bien d'autres imitateurs. Toutefois le principe de la généralisation des écoles rurales ne se trouve pas dans les lois de l'Etat. Mais Charlemagne eut la gloire de fonder, ou du moins de restaurer et d'organiser ce qu'on pourrait appeler l'enseignement secondaire. En 787, au retour de son troisième voyage à Rome, d'oii il ramenait d'habiles professeurs de musique, de grammaire et d'arithmétique, il adressa la circulaire suivante à tous les métropolitains et, par leur intermédiaire , à tous les évoques et abbés :
« Charles, par la grâce de Dieu, roi des Franks et des Langobards , patrice des Romains, au nom de Dieu toutpuissant, salut.
« Sache votre dévotion agréable à Dieu qu'après en avoir délibéré avec nos fidèles , nous avons estimé que les évèchés et les monastères qui, par la grâce du Christ, ont été rangés sous notre gouvernement, outre l'ordre de vie réguhère et la pratique de notre sainte religion , doivent aussi mettre leur zèle à l'étude des lettres et les enseigner à ceux qui , Dieu aidant, peuvent apprendre, chacun selon sa capacité. Ainsi, pendant que la règle bien observée soutient l'honnêteté des mœurs, le soin d'apprendre et d'enseigner mettra l'ordre dans le langage, afin que ceux qui veident plaire à Dieu en vivant bien, ne négligent pas de lui plaire en parlant bien. Il est écrit : Tu seras justifié ou condamné par les paroles. Quoique, en effet, il soit beaucoup mieux de bien agir que de savoir, cependant il faut savoir avant d'agir. Chacun doit donc apprendre la loi qu'il veut accomplir, de façon que l'âme comprenne d'autant plus l'étendue de ses devoirs que la langue se sera acquittée sans erreur des louanges de Dieu. Car, si tous les hommes doivent éviter l'erreur volontaire , combien plus doivent s'en garder, selon leur pouvoir, ceux