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CHAPITRE XII

qui ne sont appelés qu'au service de la vérité ! Or, dans ces dernières années, comme on nous écrivait de plusieurs monastères, pour nous faire savoir que les frères qui les habitent multipliaient à Tenvi leurs saintes prières pour nous, dans la plupart de ces écrits nous avons reconnu un sens droit et un discours inculte. Ce qu'une sincère dévotion dictait fidèlement à la pensée , un langage inexpérimenté ne pouvait l'exprimer au dehors, à cause de la négligence qu'on porte aux études. C'est pourquoi nous avons commencé à craindre que si la science manquait dans la manière d'écrire, de même il n'y eût beaucoup moins d'intelhgence qu'il en faut dans l'interprétation des saintes Ecritures. Bien que les erreurs de mots soient dangereuses, nous savons tous que les erreurs de sens le sont beaucoup plus. C'est pourquoi nous vous exhortons, non-seulement à ne pas négliger l'étude des lettres, mais encore, avec une humble intention bénie de Dieu, à rivahser de zèle pour apprendre, afin que vous puissiez pénétrer plus facilement et plus sûrement les mystères des saintes Ecritures. Or, comme il y a dans les livres sacrés des figures , des tropes et d'autres ornements semblables , il n'est douteux pour personne que chacun, en les lisant, ne saisisse d'autant plus vite le sens spirituel qu'il s'y trouve mieux préparé par l'enseignement des lettres. Il faut choisir pour ce ministère des hommes qui aient la volonté, le pouvoir d'apprendre et le désir d'instruire les autres : et que cela soit fait seulement dans l'intention pieuse qui inspire nos ordres. . . Ne négligez point d'envoyer copie de cette lettre à tous les évoques vos suffragants et dans tous les monastères , si vous voulez jouir de nos bonnes grâces. Au lecteur, salut ^ »

C'est de cette époque que datent tant d'écoles qui arrivèrent rapidement à une grande célébrité : en France celles

1 Carol. Magn. Epislola ad DauQulfum,abbalem Fuldens., de Lillerarum stw diis. D. Bouquet , t. V, p. 621.

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de Fontenelle ou Saint-Vaiidrille, Ferrières, Saint-Denis, Corbie, Saint- Germain, Saint -Benoît -sur -Loire, Aniane , sans compter celle qu'Alcuin dirigea lui-même, quelques années plus tard, dans son abljaye de Tours; en Belgique, celles de Saint-Amand, Saint-Bertin, Liège, Lobbes, Prum ; celle d'Utrecht dans les Pays-Bas; en Allemagne, celles de Fulda, de Saint-Gall, de Beicbenau, etc. Une charte de 804 nous montre môme des écoles grecques et latines à Osnabriick'.

Presque tous ceux qui se distinguèrent dans ce professorat de province avaient été les élèves d'Alcuin à l'école palatine, qui, dans la pensée de Charlemagne, devait être Técole type, l'école normale, si Ton peut ainsi parler, de tout l'empire.

L'école palatine, dont l'organisation fut une des gloires de la seconde dynastie, avait pris naissance sous la première, et s'était confondue avec la chapelle des Mérovingiens. On sait que la chapelle, à l'origine, était une châsse portative renfermant la chape de saint Martin, patron du royaume des Franks; on donnait toute la pompe possible à la célébration du service religieux dans le sanctuaire qui contenait cette relique vénérée, et l'on y réunissait les chantres les plus habiles. Les premiers Franks, comme tous les peuples voisins de l'état barbare, avaient la passion de la musique. L'étude de cette science amena graduellement celle de toutes les autres ; car pour chanter avec perfection les textes sacrés, il fallut en bien connaître le sens. C'est ainsi que le chapelain devint , pour les disciples confiés à ses soins , un maître de grammaire et de littérature. Ses leçons, ainsi élargies , ne profitèrent pas seulement aux clercs. Les jeunes leudes recommandés au roi et qui le servaient en qualité de domestici furent, eux aussi, écoliers de la chapelle. Les fds de Clovis étaient trop avides de reproduire dans leur gouvernement les traditions impériales i)Our né-

i Baluze, 1. 1 . i.. ilO.

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