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CHAPITRE XIII

reur dans la Vasconie, et l'armée put franchir les monts sans craindre d'agitation sur ses derrières (801).

Déjà l'année précédente Louis, à la tète d'une faible troupe, avait essayé d'imposer à ses vassaux, les walis de Barcelone, de Lerida et de Iluesca, des garnisons aquitaines; mais toutes les portes s'étaient fermées devant lui. Zéid, le gouverneur de Barcelone, était venu au-devant de lui, renouvelant ses protestations de dévouement, mais sans vouloir lui livrer sa ville. N'étant pas en forces pour pénétrer quand même dans la place, Louis avait fait tomber sa vengeance sur Lerida, qui, prise d'assaut, fut entièrement détruite. Iluesca avait tenu bon ; mais la campagne environnante, couverte de luxuriantes moissons, avait été entièrement ravagée.

C'est contre Barcelone qu'était dirigée l'expédition de 801 , oii furent convoqués les contingents de la Provence et de la Bourgogne avec ceux de l'Aquitaine. Le roi resta à Boussillon, à la tête d'un corps de réserve. Une puissante avantgarde, commandée par le vaillant duc d'Aquitaine, alla se placer en observation entre Lerida et Tarragone, afin de couper les communications de Cordoue avec la place assiégée et d'isoler la défense. Bostang, comte de Girone, était chargé des opérations du siège. Une armée envoyée par Hakem au secours des Barcelonais se fit tailler en pièces dans les Asturies, par Wilhelm, qui, délivré d'appréhensions de ce côté, vint réunir ses troupes à celles de Bostang, sous les murs de la place. La famine fît bientôt d'horribles ravages dans Barcelone, étroitement bloquée. Les défenseurs en vinrent à se disputer, pour les dévorer, les vieux cuirs ouvragés qui décoraient les portes de certaines maisons. Mais leur énergie résista longtemps aux plus cruelles souffrances. En faisant appel à l'émir, ils s'étaient privés de toute chance de retour en grâce auprès de leur souverain chrétien. Quand ils eurent perdu l'espoir d'être secourus par les musulmans , ils ne songèrent plus qu'à mourir les armes

à la main. Quelques-uns, pour se dérober aux horreurs de la faim, se donnèrent volontairement la mort en se précipitant du haut des remparts. Mais toutes les offres de capitulation furent repoussées.

Cependant, comme la chute de ce boulevard de l'islamisme ne pouvait plus longtemps se faire attendre, les Keutenants de Louis mandèrent le jeune roi au camp pour lui procurer l'honneur de ce triomphe. Accouru en hâte de Roussihon, il assista encore durant six semaines à l'agonie de Barcelone.

Zéid, trop compromis vis-à-vis des Franks, entretenait dans l'àme de ses compagnons un héroïsme fanatique. Il leur faisait attendre de jour en jour des renforts qu'il se décida enfin à aller chercher lui-même. Sorti furtivement de la ville, il fut pris en essayant de traverser le camp chrétien. Louis le fit amener devant les remparts afin de convaincre les défenseurs de la vanité de leur espoir. Zéid consentit même à haranguer les assiégés pour les inviter à cesser une résistance inutile ; mais le duc Wilhelm s'aperçut qu'il faisait de la main des signes qui contredisaient ce conseil. On emmena le prisonnier, que Louis envoya à Aix-la-Chapelle devant le tribunal de son père, qui venait de rentrer de Rome. Les assiégés avaient compté que l'approche de l'hiver forcerait l'ennemi à la retraite. Ils virent avec terreur l'armée d'Aquitaine élever des baraquements pour continuer le blocus, malgré les rigueurs de la saison. Ils renoncèrent dès lors à une résistance sans espoir. Ils ouvrirent aux Franks leur ville à moitié démantelée, et livrèrent le nouveau gouverneur qu'ils avaient élu à la place de Zéid, à condition qu'on leur laissât la retraite libre.

Louis, que les contemporains ont nommé « le Pieux », passa ce jour de victoire en actions de grâces, remettant au lendemain la prise de possession de la ville, dont il se contenta de faire garder les issues. Au lever du soleil, il y fit son entrée solennelle au milieu du clergé de sa chapelle et

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