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CHAPITRE XIII

au chant des hymnes sacrées, et il se rendit tout d'abord à réghse Sainte- Croix pour remercier Dieu du brillant succès des armes chrétiennes ^

L'empereur n'avait pas vu sans inquiétude le séjour de Louis se prolonger sur cette terre d'Espagne si funeste à sa gloire. Il avait envoyé le prince Charles avec des troupes de renfort au secours de son frère. Charles était déjà à Lyon quand il rencontra les messagers qui portaient à Aix-la- Chapelle la nouvelle de la chute de Barcelone. Lui-même n'eut plus dès lors qu'à regagner, pour l'hivernage, la résidence paternelle.

Le jour même où Zéid comparut devant l'empereur à Aixla-Chapelle, un autre captif y arrivait d'Italie. C'était Roselme, gouverneur de Chieti, tombé avec sa ville au pouvoir de Pépin. La guerre, reprise à la fin de l'été précédent (800) contre le duc toujours rebelle de Bénévent, continuait sans grand déploiement de forces et sans batailles rangées. Un an après la prise de Chieti, les Franks enlevaient encore, coup sur coup, aux partisans bénéventins les deux places d'Ortona et de Nocera. Mais ils eurent dans le même temps à déplorer une perte grave. Le duc de Spolète, Winigis, lieutenant actif du roi Pépin, fut surpris malade à Luceria et fait prisonnier par Grimoald, qui le relâcha, il est vrai, en 803, on ne sait en quelle circonstance. Sans doute les hostilités se trouvèrent suspendues à cette époque par suite du rapprochement qui s'opérait entre l'empire frank et le gouvernement de Byzance, fauteur perpétuel des troubles de l'Italie méridionale.

i Astronom. Vtta Ludovici Pu.

L'élévation de Charlemagne à Fempire avait mis le comble à la colère et à rinquiétude des Grecs. C'était la rupture du dernier lien qui retînt l'Occident dans la sphère de la métropole du Bosphore. Déchus de toute autorité sur les nouveaux Etats de l'Europe, les successeurs de Constantin avaient du moins conservé jusque-là une supériorité d'honneur sur les chefs politiques de ces Etats, et la monarchie franke, durant deux siècles et demi, n'avait fait nulle difficulté elle-même de reconnaître cette supériorité. Les Carolingiens, les premiers, avaient émancipé leur couronne; mais le patriciat dont ils se contentèrent d'abord , titre subordonné à celui d'empereur, rassurait encore la vanité byzantine. La révolution accomplie par l'initiative du pape, le jour de Noël 800, fut un coup de foudre pour la cour grecque. Elle n'y vit pas seulement le partage de ses prérogatives séculaires et son exclusion de la politique européenne, elle pressentit sa déchéance complète. L'empire impliquait une domination universelle. Qui donc pouvait empêcher Charlemagne de réaliser ce programme avec son peuple intrépide, auquel aucun autre n'avait jamais pu résister? On avait tout à craindre de l'ambition de ce peuple, dont un proverbe grec disait : Ayez le Frank pour ami, mais non pour voisin ^ .

Irène se garda bien de révéler, par des récriminations superflues, l'anxiété profonde de son gouvernement. « Cette fière princesse croyait sans doute ne pouvoir se plaindre sans s'avihr, n'étant pas en état de se vengera » Depuis la

1 Tôv ^pàyxov çO.ov ^/yi;, y^''^°"^^ ^^'^ ^"/^Ç- (Eginh. Vita Karoli Magni, ■ cap. XVI.)

2 Lebeau, Ilist. du Bas-Empire, liv. LXVI, § 57.

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