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LE COSTUME

Habillement sacerdotal. — D'après les documents qui nous sont restés, l'habit de ville de l'homme d'Église ne diffère pas de l'habit des laïques. Il ne se distingue que par sa couleur sombre et sa coupe plus étroite. Le prêtre se reconnaissait surtout à sa large tonsure bordée d'une étroite couronne de cheveux qui, selon la règle fixée par les conciles, devait laisser l'oreille entièrement à découvert. C'est donc de l'habillement de l'officiant qu'il sera question ici. Par une concession au goût des barbares, ce vêtement a déjà perdu la simplicité et l'humilité primitives. On emploie à sa confection des étoffes de luxe à couleurs éclatantes. On le décore d'orfrois , on l'enrichit de broderies , on le sertit de perles.

Le costume du célébrant comprenait l'amict, l'aube, la ceinture, Tétole, le manipule, la chasuble, les sandales. Chez les diacres, la chasuble était remplacée par la dalmatique. L'évêque portait, de plus que le prêtre, la mitre et la crosse. Les archevêques ajoutaient au vêtement épiscopal le pallium, insigne de leurs plus hautes fonctions.

Le premier vêtement que le prêtre carolingien passe sur l'habit civil est l'amict, pièce de linge blanc, rectangulaire, bordant le cou, tombant sur les épaules et croisée devant la poitrine, où elle était arrêtée par une fibule. L'amict n'avait alors ni cordons ni collet.

Par-dessus l'amict, l'officiant plaçait l'aube: c'est une tunique talaire , de lin, d'abord blanche, comme son nom l'indique, mais qui, sous la seconde race , est faite souvent d'étoffe de couleur bleue et fabriquée avec un certain luxe. Deux instites, bandes longitudinales de pourpre, cousues sur le devant depuis l'encolure jusqu'en bas , composaient la décoration de l'aube. Une ceinture plate, de cuir ou de passementerie, la nouait à la taille.

L'étole primitive était un linge fin et blanc que le prêtre portait, passé dans la ceinture et dont il se servait pour toucher les vases sacrés. Elle se transforma ensuite en une longue écharpe posée sur le cou , et dont les bouts , tantôt frangés , tantôt ornés de pendeloques ou de sonnettes , retombaient sur l'épaule. On l'appelait oraire. Sous les Carolingiens, elle devint l'étole que nous connaissons: bande étroite passant derrière le cou , posée sur les épaules et dont les deux extrémités pendent par devant avec symétrie. Dès l'année 813 , le concile de

Mayence prescrivait aux prêtres de conserver toujours et partout, dans Téglise comme dans le monde, Pétole, marque distinctive de leur dignité. La transformation de Toraire, — on lui donnait encore ce nom, — l'avait complètement dénaturé. On le remplaça dans sa destination première par une pièce de linge, le sudarium, que le prêtre portait à la

Fiu. 107. - D'après la Bible de Charles le Chauve, Bibl. nalion., Lat. 1. — Dessins de la plume de M. Slork.

main. Le « suaire » eut bientôt le sort de Tétole et devint le manipule. Les manuscrits de l'époque nous montrent des célébrants tenant à la main une bande étroite et courte, ordinairement blanche, quelquefois bleue ou rouge, aux deux extrémités frangées d'or : c'est le sudarium.

La chasuble, manteau d'apparat de l'officiant, avait été empruntée par humilité au vêtement des esclaves : c'était une sorte de cloche trèsample, fermée de tous côtés, percée seulement à son centre d'une ouverture pour laisser passer la tète. De laine blanche à son origine, elle devint sous la deuxième race un vêtement de luxe, fabriqué d'une riche étoffe que l'on couvrait de broderies et de perles. On distinguait alors deux sortes de chasubles : il y avait d'abord la cloche dont il vient d'être question, qui pouvait se poser dans tous les sens et qui, par cette raison , s'appelait planeta, errante ; et puis il y avait cette chasuble que l'on nommait casula, la cloche précédente raccourcie par devant : car on ne tarda pas à s'apercevoir que les bras, pour paraître et se mouvoir, étaient obligés de soulever un amas de plis , et l'on fut amené à alléger, à rogner la jupe sur un point qui devait toujours correspondre au devant de la chasuble. Une fente fut pratiquée en même temps sur le devant de l'encolure. A partir de ce moment, d'échancrure en échancrure, on arriva à la coupe commode, mais sans grâce, de la chasuble de nos jours.

D'après les conciles, le soulier que l'officiant était tenu de chausser pendant la célébration des offices devait être le soulier à la romaine, un soulier très -couvert. Des monuments figurés nous montrent, en effet, des chaussures ecclésiastiques noires ou brunes, doublées de rouge, avec une empeigne montante terminée par une languette ; derrière la languette, une bride passe sur le cou-de-pied et maintient la chaussure. Le quartier est élevé et muni de deux ailerons d'oia partent des cordons de cuir blanc qu'on enroulait autour de la jambe. L'empeigne de certains souliers paraît fendue dans toute sa longueur et fermée par un lacet blanc ; mais on n'a voulu figurer ici qu'un simple ornement.

Le diacre n'avait pas droit à la chasuble. Son habit d'apparat, la dalmatique , la robe des Dalmates , consistait en une tunique droite , fermée , sans ceinture, percée d'une ouverture assez large pour passer la tête et laisser voir le bord de l'amict. La jupe descendait à mi-jambes; les manches, fort larges, recouvraient presque entièrement l'avant-bras. La dalmatique était décorée, sur le devant et dans toute sa hauteur, de deux claves de pourpre côtoyées de distance en distance par des houppettes ou des glands de la même couleur. Une bande semblable aux claves orne le tour des manches près de leur extrémité. La jupe est également bordée d'une bande rouge ou de tissu d'or. Une miniature de la Bible de Charles le Chauve montre une dalmatique dont le bas est garni de sonnettes.

La dignité épiscopale se reconnaissait à la mitre et à la crosse. La mitre n'a pas de représentation figurée avant le xi^ siècle. Les auteurs la dépeignent comme une sorte de bonnet phrygien, sans pattes latérales, fixée autour de la tête par un cordon dont les bouts retombent par derrière. Dans l'imagerie carolingienne, la crosse, symbole de puissance spirituelle, est le baculum antique, bâton recourbé à viroles d'orfèvrerie , serties de pierres fines. D'autres fois cependant, l'évêque tient à la main

un tau, hampe droite, garnie d'un nœud près de son extrémité supérieure , qui se terminait par une traverse ornée.

Fig. 108.— D'après une Bible du x' siècle. BiVil.. nat. Lat. 6.

Aux vêtements qui viennent d'être indiqués l'archevêque en ajoutait un autre tout particulier et qu'il passait par-dessus la chasuble dans les grandes solennités de l'Eglise. C'était le pallium, l'insigne caractéristique des plus hautes fonctions archiépiscopales : le prélat titulaire s'en revêtait pour dédier des églises, consacrer des évêques, ordonner des prêtres. Le pallium consistait en une bande de laine blanche formant un cercle posé sur les épaules, et dont les extrémilés retombaient l'une devant la poitrine, l'autre le long du dos, jusqu'au-dessous du bord de la chasuble.

Cette bande était décorée, devant et derrière , de croix rouges d'abord , puis noires, au nombre de cinq.

Le pallium était envoyé par le souverain pontife. Il ne se transmettait pas : l'archevêque l'emportait avec lui dans la tombe. Comme on le voit

par celte description, le pallium archiépiscopal est déjà bien loin du manteau qui porte le même nom. Réduit à l'état d'emblème, il semble plutôt dériver de la palla mérovingienne, qui comporte la même disposition et n'en diffère que par un peu plus de largeur.

Habillement civil. — Le costume liturgique avait été réglé dès le vi" siècle: au moment où nous l'avons étudié, il était en quelque sorte établi et déjà traditionnel. Pour le costume civil, on se trouve en face d'éléments plus compliqués. Une fusion entre les conquérants et les vaincus se faisait pressentir : elle commençait par le costume, et, selon la loi naturelle, les vainqueurs prenaient les habitudes des peuples chez lesquels ils s'étaient implantés.

Les Francs avaient adopté les deux tuniques gauloises , courtes , superposées : celle de dessous, camisia , de fil, à manches étroites allant jusqu'au poignet; celle de dessus, super tunicale, de laine, à manches larges et s'arrêtant à l'avant-bras. La jupe de la camisia dépassait la jupe de la tunique supérieure. Celle-ci, plus ample, serrée à la taille par une ceinture à bouts retombant par devant, était, comme la dalmatique des diacres, décorée de deux claves dans toute sa hauteur.

Des braies, femoralia , braccœ, s'attachant à la ceinture par un cordon nommé plus tard brayer, garantissaient le haut des membres inféi'ieurs , et des tibialia, chausses, bas fabriqués de pièces ajustées et cousues ensemble, enveloppaient les jambes.

Ces deux vêtements provenaient du costume gaulois. Par-dessus les tibialia, les Germains tournaient des bandelettes, fasciœ, sur lesquelles venaient se croiser les lanières de cuir de leurs souliers.

La chaussure germaine, très-couverte, se composait de deux pièces de cuir cousues à une semelle de bois. Elle comportait deux courroies longues de trois coudées ' (cinq pieds environ) dont les croisements couvraient toute la jambe et quelquefois une portion des cuisses. Le soulier d'apparat était de cuir doré ou brodé d'or et l'on y adaptait, même pour sortir à pied, l'éperon romain armé, comme on sait, d'une pointe en pyramide.

Sous les Mérovingiens, on connaissait déjà diverses sortes de gants. Leur usage continua sous la seconde race. Les moufles , gants d'hiver, étaient de fourrure et n'avaient pas de doigts.

Les Francs portaient les cheveux courts, coupés à la romaine. Leur coiffure consistait en un simple ruban ou diadème serré autour de la tête. Les Gaulois se couvraient d'un chapeau de forme pointue, que les auteurs nomvàQni pileus , ou d'un petit capuchon appelé gallicula. Celui-ci semble être le partage des pauvres.

1 Corrigiis tricubitalibus insignita. (Moine de Saint-Gall, Gcsta Caroli, lib. I, c. xxxiv; Pertz, Soript., t. II, p. 747.)

Par-dessus les deux tuniques, le Germain posait un vaste manteau carré plié en double, de couleur blanche ou bleue, attaché à droite par une fibule et coupé de telle sorte que, descendant par devant et par derrière sur les pieds, il ne couvrait le côté gauche que jusqu'au genou '.

Franc en costume civil. Soldat impérial.

Fig. 109. — D'après la Bible de Charles le Chauve. Bibl. nat., Lat. I.

Mais la plupart des Francs avaient adopté le sagum gaulois, petit manteau court porté sur l'épaule gauche et noué sur la droite. Ils le conservèrent malgré les critiques de leur empereur 2. Charlemagne , d'ail-

< Pallium canum vel saphirinum , quadrangulum, duplex, sic formatum ul cum imponeretur humeris, ante et relro pedes langeret; de lateribus vero, vix genua contegeret. (Moine de Saint-Gall., loc. cit.)

2 In lecto non possum cooperiri ; caballicans, contra ventes et pluvias nequeo defendi; ad necessaria naturae secedens, libiarum congelatione deficio. (Moine de Saint-Gall, Gesla Caroli, lib. I, cap. xxxiv; Pertz , Script., t. II, p. 747.)

leurs , fut bien forcé de reconnaître que la petite saie gauloise était bien plus propre au combat que le grand manteau germanique.

On trouve mentionné, dans un récit de chasse, un roque de peau de brebis 1 que l'empereur portait, et grâce auquel il put supporter un violent orage. Le roque, gilet d'hiver fait de fourrure, se passait par-dessus la tunique.

Il manque à ce tableau Tépée que le Franc gardait toujours avec lui. Mentionnée seulement ici , elle sera décrite avec l'habillement militaire.

Les vêtements considérés en eux-mêmes nous offrent des tissus de fil, de laine, de soie. La mode voulait des étoffes voyantes, rayées, à carreaux. L'imagerie contemporaine représente la petite saie gauloise rayée; les chausses tantôt vermeilles , tantôt bariolées , et le grand manteau germain, de couleur blanche ou bleue.

Habillement militaire. — En décrivant le Franc en costume civil, nous avons presque dépeint l'homme de guerre. Comme il ne se séparait jamais de sa redoutable épée et qu'il combattait la tête nue, il suffit de lui mettre un bouclier à la main pour le transformer en soldat.

Les hommes libres , les privilégiés de la fortune , les propriétaires terriens possédaient seuls un habillement militaire plus complet. Leur habillement était même obligatoire. Nul n'échappait au service militaire; chacun devait s'équiper à ses frais. Au nombre des pièces de l'armement figurait en première ligne la broigne ou le haubert. La broigne consistait en une courte tunique de peau, renforcée à l'extérieur de plaques de métal de diverses formes et cousues très -près les unes des autres. On entendait par haubert une cotte faite de mailles entrelacées et garnie d'épaulettes de fer. Un propriétaire de douze fermes devait posséder une broigne. Le haubert, sans doute à cause de la difficulté de sa fabrication et de son prix élevé, n'appartenait qu'aux plus riches : l'un ou l'autre de ces vêtements défensifs se portait entre les deux tuniques. On a cru distinguer sous ce harnais une cotte rembourrée qui devint le gamboison des croisades.

Le Franc, ai -je dit, combattait tête nue, les cheveux retenus par un ruban noué autour de la tète. Toutefois, quelques-uns mettaient une calotte pointue faite de cuir.

La chaussure militaire ne différait pas de la chaussure civile. Cependant on voit certains guerriers avec des bottes montantes, et des chefs chaussés d'armures de jambes spéciales, de cuir ou de fer, et qu'on appelait bambergues.

Les monuments nous font connaître encore le soldat d'élite, escortant

1 Pelliceum berbicinum. (Moine de Saint-Gall, lib. II,c. xvii; Pertz , Script., t. II, p. 760.)

GHARLEMAGNE

d'ordinaire l'empereur : c'est une sorte de garde impérial, habillé comme le prétorien romain. Il porte le thorax de métal reproduisant les formes du buste et posé sur une tunique dont il laisse dépasser la jupe garnie de lanières de cuir. Il a pour coiffure un casque de métal à timbre rond, surmonté d'une crête rouge; le timbre est garni d'un rebord à pans, échancré et relevé sur le front, et qui s'abaisse ensuite pour défendre les joues et la nuque. L'imagerie carolingienne représente tous ces prétoriens revêtus d'un manteau rouge ou gris. Leurs chausses s'arrêtent à mi -jambes, laissant un intervalle nu entre elles et les braies. Les orteils restent également à découvert.

Soldat impérial.

Fifl. UO.— D'après la Bible de Charles le Chauve. Bibl. nal.. Lai. i.

Hommes libres ou soldats impériaux tiennent un bouclier rond ou ovale, peint en rouge ou en bleu, fortement cambré, muni à son centre

de figure d'une saillie, la boucle, Vumbo. Il était fabriqué de planches assemblées, recouvertes de peau, maintenues par une armature symétrique rayonnant de la boucle et par une bordure clouée sur ses deux faces. Au dedans du bouclier, vis-à-vis Tumbo, une traverse servait de poignée.

Les armes offensives comprenaient l'épée, la lance, l'arbalète et l'arc. L'épée à lame longue, large et forte, à deux tranchants, est munie d'une poignée à quillons droits et carrés ; le pommeau paraît circulaire et plat ; le fourreau , de bois , est garni de cuir recouvert d'une toile blanche vernie à la cire vierge i. Le ceinturon de cuir se termine par des garnitures en métal doré.

On reniarque dans les manuscrits de l'époque deux espèces principales de lance. L'une, à fer barbelé, est garnie à sa douille d'une, de deux et quelquefois de trois traverses parallèles. L'autre, garnie d'un fer en losange aigu, au-dessous duquel flottent deux pans d'une étoffe rouge nouée par le milieu , se voit à la main des gardes impériaux. Une troisième lance, mais plus rare, présente un fer en forme de feuille.

Une miniature figurant le siège de Tyr (fig. 111 et 112) montre deux soldats armés d'arbalètes, appuyant la manœuvre d'un bélier. Le chasseur tirant de l'arc, pris dans un évangéliaire du ix° siècle (fig. 114), donne à croire que cet engin devait être utilisé à la guerre.

■^^iy-P^TTAffC-t

Fig. 111 el 11-2. - D'après le Commentaire sur le livre d'Ézéchiel, conservé dans le manusc. de la Bibl. nationale.

Ane. S. Germ. Latin, 303. (ix' siècle.)

Nous terminerons ce qui regarde le costume militaire par le portrait de Charlemagne marchant sur Pavie à la tête de ses troupes. Ce portrait , écrit par le Moine de Saint-Gall, appartient plutôt au domaine de la légende qu'à l'histoire. Cependant le lecteur saura démêler les détails vrais sur lesquels s'est appuyé le narrateur pour imaginer sa brillante

< Quœ spata priinum vagina, secundo corio qualicumque, lerlio linteamine candidissimo, cera lucidissima roborato. (Moine de Saint-Gall., Gesla Caroli , lib. I, c. xxxiv; Pertz, Script., t. II, p. 747.)

description: « Alors apparaît Charles, entièrement couvert de fer, coiffé d'un casque de fer surmonté d'une crête. Des bracelets de fer entourent ses poignets, et des lames de fer protègent le thorax, la poitrine et les épaules. Sa main gauche élève une lance de fer, tandis que sa main droite se porte à son invincible épée. Le dehors des cuisses, que d'autres craindraient d'appesantir, Charles le couvre de fer. Que dirai -je de l'armure des jambes? Elle est de fer comme celle de tous ses soldats. Sur son bouclier on ne voit que du feri. »

IIabuj.kment féminin. — Nous retrouvonis dans l'habillement féminin la double tunique du costume des Jiommes. Les femmes iiortaient, en général, deux robes: celle de dessous, à manches étroites et longues,

Fia. 113. - D'apriSs la Bible de Cliarlrs le Chauve.

presque entièrement masquée par la supérieure; celle-ci, plus ample, à manches courtes, descendant à mi -jambes et nouée au-dessus de la taille par une ceinture sur laquelle retombent les plis du corsage. Une

1 Tune visus est ferreus Karolus, ferrea galea cristatus, ferreis manicis armillatus, ferrea thorace l'erreum peclus humerosque platonicos lulatus; hasla ferrea in allum subrecta sinistram impletus; nam dexlra ad invictum calibem semper erat extenla ; coxarum exleriora quœ propter faciliorem ascensum in aUis soient lorica nudari, in eo ferreis ambiebantur bratleolis. De ocrcis quid dicam? quœ et cuncto exercilui solebant ferreœ semper esse usui. In clypeo niliil apparuit nisi ferruni. (Moine de Saint-Gall., liv. Il , c. xvii; Perlz, Script., t. II, p. 759.)

large instite couverte de broderies la décore par devant dans toute sa hauteur. Les manclies et la jupe sont bordées d'une passementerie travaillée avec art. La robe de dessous plus longue que la supérieure, elle tombait sur les pieds, est ornée de deux instites, une de chaque côté.

La ceinture, enrichie d'orfèvrerie et de pierres fines, annonce déjà par son luxe les sommes exagérées que les dames du moyen âge consacreront à ce principal objet de leur toilette.

Par-dessus les deux tuniques, les femmes mettaient le pallium, longue pièce d'étoffe légère qui se posait en voile sur la tête et enveloppait ensuite le corps jusqu'aux jambes. Des monuments figurés représentent aussi des femmes revêtues d'une chape, manteau posé sur les épaules, ouvert sur le devant, et dont les deux bords sont retenus sur la poitrine par un fermail.

La coiffure était de plusieurs sortes. On vient de voir celle qui consistait à couvrir sa tète du pan de son manteau. 11 y avait aussi la coiffure en cheveux. Les femmes, partageant leur chevelure, la tressaient en deux grosses nattes qui tombaient librement le long des épaules ; un diadème complétait l'arrangement. Certaines coiffaient la mitre, espèce de bonnet phrygien, avec un retroussis au bord.

Les femmes chaussaient des souliers couverts, assez semblables à ceux des hommes, et sur lesquels on remarque quelquefois des traces de broderie.

Voilà, à peu de chose près, tout ce qu'on peut dire du vêtement féminin sous la deuxième race. L'imagerie du temps a beaucoup négligé les femmes ; les renseignements sont rares. Cela tient à ce que les femmes ne remplissaient dans la soci(?té carolingienne qu'un rôle secondaire, un rôle inférieur. L'esprit chevaleresque, qui devait en faire des souveraines, ne s'était pas encore éveillé.

Germain DEMAV.

Fig. 114. - D'après un ÉvaiiBéliaire du ix' siècle. Bibl. nat , Lai. 324.

Fig. 1 15. - Bible de Chiii les le Cliaovc, Bibi. nationale , Lai. 1 , f° 3i.

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