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CHAPITRE III

paraître singulier au premier abord ; mais il faut se rappeler que ce royaume se composait de deux parties bien distinctes : l'une où les Franks se trouvaient en grand nombre ; l'autre conquise, mais non occupée par eux. Pépin dut diviser séparément chacune de ces parties pour distribuer également les leudes et les terres entre ses fils , et en même temps pour les intéresser tous à la conservation de l'Aquitaine, sa récente conquête...

« La limite des deux Etats semble avoir été, pour la Gaule occidentale, celle qui avait séparé les anciennes provinces romaines et qui séparait encore les provinces ecclésiastiques , savoir : celles d'Auch , de Bordeaux , de Tours , de Rouen d'une part; celles de Narbonne, de Bourges et de Sens de l'autre. La province de Reims fut fractionnée en deux parties , séparées à peu près par le cours de l'Oise. A Charles échurent les diocèses de Térouenne, Tournay, Cambrai, Arras, Amiens, Beauvais et Noyon ; à Carloman, ceux de Laon, Soissons, Senhs, Reims et Châlons. La province de Mayence, qui s'étendait sur les deux rives du Rhin, et dont les diocèses de Cologne, de Liège et d'Utrecht faisaient encore partie à cette époque, appartint presque en entier à Charles; mais son frère posséda les provinces de Trêves, de Lyon, de Besançon, de Vienne, d'Arles, d'Aix et d'Embrun'. »

Loin donc de respecter, cette fois , les limites des anciens royaumes rivaux d'Austrasie, de Neustrie et de Bourgogne, on s'était, au contraire, apphqué à prévenir l'isolement et l'indépendance réciproque des deux souverains. Leurs domaines respectifs, accolés longitudinalement avec des frontières factices, se complétaient l'un l'autre au point de vue politique et stratégique, et cette situation les mettait euxmêmes dans la nécessité de se prêter un appui mutuel.

1 Krœber, Partage du royaume des Francs entre Charlemagne et Carloman , ap. Bibliolh. de V École des chartes, W" série, t. II , p. 341.

Bien des causes de conflit étaient encore inhérentes à ce compromis bizarre entre les traditions de l'époque barbare et les tendances plus rationnelles de la nouvelle dynastie. On avait bien pu mesurer et répartir avec égalité les territoires ; mais le moyen de maintenir l'équilibre des influences dans le domaine resté indivis de la puissance publique? Il était aisé de prévoir que le moins entreprenant ou le moins habile des deux frères ne tarderait pas à descendre au rôle d'un roi fainéant.

Fig. 3"2. - Image du pape Pascal 1 {+ M'*) , d'nprès une mosa'i'aue du ix" siècle,

à Saint - Marc de lïome.

- Type de Tari chrétien à l'époque carlovingienne

Fio. 3S.- Bible de Charles le Chauve. Bibl. nationale, Lat. 1 , f ' 285.

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