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CHAPITRE IV

cipline ecclésiastique, rendit un décret qui intéressait d'une façon plus particulière l'autorité patriciale des rois franks. Là, en effet, furent réglées, « suivant l'esprit des anciennes lois, » les formes nouvelles de l'élection des papes*. L'intrusion de Constantin avait démontré le danger de laisser au suffrage populaire, si peu libre et si peu éclairé, la désignation du chef temporel de la république romaine. Il fallait conserver à la papauté son caractère éminemment sacerdotal. C'est pourquoi le droit électoral fut restreint au clergé de Rome, et l'éligibilité aux seuls membres du collège des cardinaux.

La solution apportée par le concile aux embarras du gouvernement pontifical n'avait pas de quoi satisfaire le roi Desiderius. Le triomphe de l'orthodoxie n'était pas, à ses yeux, un loyer suffisant de la part qu'il avait prise à la lutte contre les schismatiques. Il prétendait se faire payer par Etienne III du concours des auxihaires langobards à l'entreprise de Christophe et de Sergius. Une indemnité en argent pouvait seule le dédommager et le consoler de l'avortement du plan de son affidé Valdipert et de l'échec du faux pape Philippe. Etienne ayant repoussé ses étranges réclamations, il s'en vengea, suivant l'usage de ses devanciers et des Césars byzantins, ses patrons, en mettant sous séquestre les patrimoines du saint- siège enclavés dans ses provinces.

Un des partis de la noblesse romaine, ayant à sa tête le cubiculaire Paul Afiarta, était dévoué à la cause langobarde et travaillait , mais en vain , à supplanter dans la confiance du pape Christophe et Sergius et les autres partisans de l'alliance franke. Deux années, passées en négociations et en intrigues infructueuses, décidèrent enfin Desiderius à intervenir en personne (770). Mais, fidèle aux traditions de sa race, il n'eut garde d'agir ouvertement. Il s'avança jusqu'aux portes de Rome, sous prétexte de faire un pèlerinage aux tombeaux

1 Labb. Concil., t. VI. col. 1722.

des apôtres, et fit prier le pape d'y venir conférer avec lui. Cette entrevue, où le pape, loin de souscrire aux prétentions du roi, réclama de lui l'exécution de ses engagements vis-àvis du saint-siége et de la république romaine, n'avança les choses qu'en prouvant l'inutilité des manœuvres diplomatiques et l'impossibilité d'un accord. Selon toute vraisemblance, le dessein et l'espoir de Desiderius avait été de terminer le différend au moyen d'une transaction où il eût obtenu décharge de ses obligations on retour de l'abandon, plus ou moins longuement débattu, des droits chimériques qu'il invoquait. Impuissant à convaincre ou à séduire son auguste adversaire, il recourut à la violence.

A la suite de la conférence, la faction de Paul Afiarta se rua en armes sur la maison de Christophe et de Sergius pour les massacrer. Ceux-ci, escortés de leurs amis, cherchèrent un refuge dans le palais de Latran ; la soldatesque du cubiculaire les y poursuivit, envahit la demeure pontificale et ne s'arrêta qu'à grand'peine, et en frémissant de rage, devant l'héroïque attitude et les solennelles protestations du pontife outragé. La multitude enfin se dispersa, déconcertée; mais le cubiculaire et ses satellites n'en restèrent pas moins maîtres du palais. Etienne, otage de l'émeute, fut de nouveau entraîné le lendemain à la basilique de Saint- Pierre. A peine y était-il entré, que Desiderius en fit fermer toutes les issues, et, cessant de feindre, laissa éclater sa colère. Il parla, il commanda en vainqueur. Christophe et Sergius, ayant rallié une troupe nombreuse de leurs partisans, se tenaient à la porte de la ville , prêts à enlever le pape de vive force , si les Langobards attentaient à sa liberté. Tout à coup deux évêqucs leur apportent, au nom du pape même, mais en réalité à son insu et à la suggestion de Desiderius, l'ordre de déposer les armes et de se rendre de leur personne à la basilique Vaticane, à moins qu'ils n'aimassent mieux se soustraire , en entrant sur-le-champ dans un monastère, aux conséquences de l'usurpation d'autorité qu'ils venaient de commettre. Ce

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