Récits des temps mérovingiens , tome I , page
raison que c'est là sa plus belle gloire * . Les conquérants n'ont pas manqué dans l'histoire du monde ; mais combien y a-t-il de ces illustres ravageurs de terres de qui l'on puisse dire, dix siècles après leur mort : « Le mouvement qu'il a imprimé dure encore; la kunière qu'il a rallumée ne s'est jamais éteinte et ne s'éteindra qu'avec le soleil*? »
On remarque qu'il fit beaucoup de règlements pour l'administration de la justice. Il ne pouvait être trop occupé de contenir l'esprit turbulent, dominateur et oppressif de ses comtes, de ses intendants; il ne pouvait être trop jaloux de protéger* les pauvres gens contre leurs violences et leurs exactions. Il aimait, d'ailleurs, à rendre lui-même la justice, et sollicitait, au lieu de les repousser, les appels que, de toutes les parties du royaume, on faisait à sa juridiction. Les officiers du palais devaient, par ses ordres, aider de leurs conseils les gens qui venaient dénoncer un méfait commis sur leurs personnes ou sur leurs biens : c'était une des obligations de leur charge que d'accueillir tous les suppliants , de les traiter d'une manière convenable , de recevoir ou même de rédiger leurs requêtes. Tous les jours Charlemagne jugeait quelques
I. M. Ampère , Hist, littér. avant le \u* siècle , tome m, page 66.