Le moine de Saint-Gall , Des faits et gestes , livre I
palais, s'ils n'en peuvent nommer les auteurs. Aussitôt iju'un d^bat s'engage , ils doivent accourir et faire cesser le tumulte. Le même décret nous apprend encore, par les exclusions qui s'y trouvent énoncées, avec quelle facilité toute la cohue des lites était confusément admise dans l'intérieur du palais. Chacun des officiers palatins, dit le diplôme, observera ses gens, et s'il rencontre au milieu d'eux quelques hommes inconnus , quelques femmes de mauvaise vie , faisant métier de leurs charmes, il en avertira le roi. Ne seront pas non plus reçus sous les voûtes sombres du palais , comme dans un asile, les voleurs, les homicides, les adultères fuyant la main de la justice. Si quelque officier subalterne a furtivement introduit sous le toit royal un de ces malfaiteurs , il le portera sur son dos jusqu'au marché , et là , si cet officier n'est pas de condition fibre, il sera lui-même battu de verges ^ Le roi surveillait lui-même, de ses fenêtres, les gens qui traversaient les cours ', et ne ménageait guère les préposés qui ne rempUssaient pas leur devoir avec une rigueur suffisante. Tous ces détails, toutes ces précautions nous apprennent assez qu'il n'y avait pas de lieu plus mal hanté , plus tumultueux que le palais.
1 . Capitulare de Ministerialihus palatinis , dans le Recueil (le dom Bouquet, tome V , page 657.