Le moine de Saint-Gall , Des faits et gestes , livre I
A quelque distance des bâtiments occupés par le roi, les reines et leurs principaux serviteurs, on voyait paraître, au-dessus des haijBS d'aubépine, sous l'ombrage d'un pin Scandinave ou d'un chêne gaulois, quelques toits plus modestes, séparés les uns des antres par des intervalles inégaux. L'ensemble de ces constructions composait le domaine du roi, et les serfs qui les habitaient étaient nommés sa famille K
« Que personne, dit Charlemagne dans un de ses Capitulaircs, n'envoie notre famille en pauvreté; qu'aucun de nos intendants ne se permette d'envoyer notre famille en servitude, de lui imposer à son profit quelque corvée, cpielque pénible travail; qu'aucun de nos intendants ne reçoive des gens de notre famille un cheval, un bœuf, une vache, un agneau, etc., etc., ni quelque autre chose, si ce n'est de petites bouteilles (de vin), des firuits, des poulets et des œufs*. » Ce sont les articles des immunités octroyées par Charlemagne aux serfs de son domaine; mais, comme on le soupçonne, après ces articles il y en a d'autres qui concernent les obligations étroites de ces pauvres gens. C'étaient, pour la plupart, des Gaulois nés sur le territoire que le roi s'était attribué, et ré-
1. Capitulare de Villis, dans le Recueil de dom Bouquet, tome V, page 652.