‹ Charlemagne et sa cour: (742-814)Chapitre 33 sur 89 · Capitulare de Villis , art · texte numérisé non relu

Capitulare de Villis , art

3. « n s'agit très-vraisemblablement d'otages politiques , pris par l'empereur dans un des royaumes francs , et emmenés dans un autre , soit pour gage de l'exécution de certaines conventions, soit par mesure de sûreté publique. > M. Guérard, Explication du CainfutotredeVillis.

ml? Il faut ici faire connaître, en peu de mois, Tadminislration financière de ces domaines. Ce n'était pas autre chose que de véritables phalanstères, gouvernés par des intendants nommés jtidices, en qui se confondaient les attributions de réconome, du juge, du régisseur et de l'entrepreneur général. Ds mettaient de côté, pour la table du roi , les plus beaux fruits des vei^ers et des treilles, les meilleurs légumes des potagers, les plus grasses vaches des étables; ils décoraient les appartements de rhabitation royale avec les plus élégants ouvrages des tourneurs et des or-» févres ; ils envoyaient au roi les plus riches étoffes, les cuirs les plus brillants, les armes du fer le plus fin et le mieux poli. Mais s'imagine-t-oh qu'après avoir ainsi fait la part du roi dans les produits variés de leur entreprise, ils laissaient aux travailleurs la faculté d'appliquer le reste à leur usage ou d'en trafiquer? Ces travailleurs étaient des serfs, et non pas des hommes libres; ce qui veut dire que tous les fruits de leur labeur, tous les ouvrages de leur industrie, appartenaient, sans <iucune réserve, au fisc du roi. Le fisc du roi n'était pas seulement le principal entrepreneur de la vieille et de la nouvelle France ; c'était encore le l)lus gros marchand de ce vaste empire^ et la vente des objets fabriqués dans les domaines fiscaux formait, avec le produit des affranchissements, des

cens, des compositions, des permis de chasse, des droits de pacage et de péage , la meilleure paît de ce que nous appelons aujourd'hui le revenu public. Dans la distribution faite après la conquête, le roi des Francs avait eu des hommes et des terres, et tout ce que produisaient cl ces terres et ces hommes était au même titre sa propriété. Il vendait ou faisait vendre par les mêmes intendants le bœuf et le porc salés, le fromage, la bière, la liqueur de mûres, l'hydromel fabriqués dans ses ateliers, les poulets et les œufs de ses basses-cours, les poissons de ses étangs, le bois de ses forêts, les foins de ses prairies, le blé, le millet, le lin de ses terres arables, le vin de ses celliers, le miel de ses abeilles, les brodequins façonnés par ses cordonniers, les étoffes ouvragées dans ses gynécées (genitia nostra) et les ustensiles de fer, d'argent et d'or travaillés par ses ciseleurs, par ses orfèvres. Les intendants versaient tous les ans entre les mains de la reine ou du roi le produit de ces négoces. Le jour marqué pour ce règlement de leurs comptes était le dinianche des Rameaux. Le Capitulaire de Villis nous fournit à cet égard les renseignements les plus curieux et les plus complets*.

1. On peut consulter l'excellente Explication que M. Guérard a donnée de ce Capitulaire, après les travaux de Tresenreuter, de Ress, de Kinderling, d'Anton, de Bouquet, de Moreau. [Bihlioth. de VÉcoïe des Chartes, janvier 1863 ).

Voilà donc, en peu de mots, la cour, le palais, le domaine de Charlemagne. Il faut maintenant parler des hôtes principaux de ces li^ux. Après le roi marchaient, au premier rang, les reines.

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