‹ Charlemagne et sa cour: (742-814)Chapitre 34 sur 89 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

FEMMES DE CHARLEMAGNB.

Distinction des épouses et des concubines

L'amour de la famille était une des fortes passions de Charlemagne. Il ne trouva jamais sa famille assez nombreuse , et il ne négligea rien pour l'accroître. On lui reproche, à cette occasion, d'avoir été plus curieux de satisfaire ses goûts que d'observer les lois de l'Église.

Nous ne pouvons le justifier sur ce point trèsdélicat. L'Église a souvent désapprouvé les secondes noces, blâmé les troisièmes, et condamné les quatrièmes*: or, puisque Charlemagne eut au moins neuf femmes , il est manifeste qu'il n'a pas tenu grand compte des éloquents discours composés par les anciens Pères sur l'abus des mariages itératifs.

1. Les troisièmes noces sont eUes-mêmes interdites par les Constitutions de Tempereu iéon.

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Cependant, si les soins qu'il prit d'agrandir sa famille lui firent oublier plus d'une fois les préceptes moraux des auteurs sacrés, nous devons signaler quelque différence entre ses mœurs et celles des rois de la dynastie mérovingienne.

C'était, en elîet, une de leurs coutumes de posséder dans le même temps plusieurs femmes, toutes légitimes à peu près au môme titre. Salvien de Marseille, au v* siècle, vante la chasteté des Golbs et des Saxons; mais il signale, d'un autre côté, l'impudicité des Alains et des Francs K Les rois de la dynastie mérovingienne avaient, à cet égard, conservé les traditions de la race franque. On peut môme admettre , avec Montesquieu , qu'ils considéraient le droit de polygamie comme un des attributs de leur dignité'. Charlemagne paraît avoir mieux obseiTé, sous ce rapport, les règles prescrites par l'Église. Il ne rechercha pas le renom de chasteté. Il eut môme, en matière de galanterie, l'histoire le rapporte, de condamnables emporte-

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