Hist, de la Gaule méridionale , tome lU , page
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veillante lutelle du roi Louis. Il les affranchit d^^ plus durs impôts, et leur dit, pour le reste, de s?^ confier en sa justice, promettant de n'épargne^/* aucun des tyrans du faible.
En effet, il consacrait trois jours chaque semaine à recevoir les pauvres gens qui réclamaient sa protection contre des maîtres iniques , et , ne repoussant aucune plainte, il faisait droit à celles qu'il estimait fondées. Lorsqu'il était absent , les opprimés s'exhortaient à la patience en attendant son retour, et les oppresseurs, redoutant l'éclat de son courroux, offraient des compensations préalables, pour prévenir les rigueurs de sa justice.
Mais l'affaire principale du jeune roi d'Aquitaine fut de rétablir dans son Église la discipline, les mœurs et le bien-être. Nous avons parlé de sa piété. Elle était assez ardente pour paraître excessive, en ce temps môme où l'on ne savait guère apprécier que les devoirs de l'homme sont multiples, et qu'il n'est pas sage de se consacrer tout entier à l'un de ces devoirs , en négligeant les autres. Louis eut quelque temps le dessein de fuir le monde , et de rechercher dans les jouissances de la vie spéculative un avant - goût de la béatitude promise aux élus de [)ieu. Mais la volonté de son père vint mettre obstacle à cette résolution. Charlemagne ne souffrit pas qu'un fils d'Hildegarde , appelé par sa naissance à gouverner des peuples,
déposai le fardeau des affaires publiques pour ne >lus songer qu'aux siennes. Ne pouvant donc sui- ^'re son penchant qui l'appelait dans un cloître, Louis voulut du moins travailler de tous ses efforts à rendre meilleure la condition de son clergé.
Sous le gouvernement tyrannique des comtes gascons, le clergé d'Aquitaine ne jouissait, suivant le rapport de Y Astronome^ d'aucune sécurité, et, constamment obligé de défendre ses possessions territoriales contre l'avide convoitise de ces hommes de guerre, chrétiens par les vœux de leur baptême , mais païens par leurs mœurs , il négligeait compléteiïient, ou à peu près, le soin des Églises , des pauvres et des infirmes, et plus encore la lecture des Pères et l'interprétation des écritures canoniques, pour s'apphquer aux exercices militaires, dresser des chevaux, manier l'épée , étudier l'art alors très - compliqué de la défense des places. Toute égUse, tout monastère était, sous ce régime, un camp fortifié. Ayant mis un frein à l'audace des comtes, Louis appela de toutes parts, même des pays étrangers , des maîtres de lecture , de chant, de grammaire et de belles-lettres. On revint aux autels déserts; les cérémonies, longtemps interrompues, furent observées de nouveau dans les formes prescrites par les anciennes ordonnances, et le peuple des fidèles put croire , en retrouvant ses prêtres, qu'on lui rendait son Dieu. Par les
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soins du roi, la plupart des anciens monastèi furent réparés , agrandis , enrichis , et il en for de nouveaux, en des lieux retirés et paisibles, la jeunesse accourut de bien loin étudier les lelti sacrées et même les lettres profanes. L'abbaye Saint-Pierre, autrefois nommée de Bethléem, c disait-on , Pépin son aïeul avait , aux yeux de toi sa cour, terrassé le lion et le taureau combattai fut, par égard pour cette tradition, l'objet de faveurs particulières ; il admit encore au pàrtf (Je ses libéraUtés les abbayes de Sainte-Marie, Saint- Philibert, de Saint-Florent, de Conques, Saint-Maixent, de Moîssac, de Savigny, de NoaU de Sainte-Radegonde , de Valade , de Saiote-Mar sur-l'Orbieu, et beaucoup d'autres d'une moin( importance, « qui semblèrent, dit le chronique s'élever à sa voix comme des flambeaux, p( éclairer tout le royaume d'Aquitaine*. » Et s exemple fut suivi par un grand nombre de comt d'évêques, qui, pour rentrer dans ses bonnes g ces , firent à Tenvi restaurer, bâtir des églises , i monastères , et les dotèrent Ubéralement.
Charlemagne fut instruit de toutes ces réforc par Acchambaud, son secrétaire, qu'il avait voyé remplir une mission près de son fils. Archs baud avait été saisi d'étonnement quand, arriv