‹ Charlemagne et sa cour: (742-814)Chapitre 60 sur 89 · Tractabat nempe rex praefatus illum sublimare in arcem · texte numérisé non relu

Tractabat nempe rex praefatus illum sublimare in arcem

i.'i:2 GHARLEMAGNE

plus vive et plus profane encore que celle des spéclacles occupait son esprit; il aimait B<*rlhe, et travaillait, serviteur infidèle, à se faire aimer parla (ille du terrible Charles.

Voici le charmant tableau peint par Tévêque Thôodulfe. Charlemagne est assis, et les trois fflles dllildegarde viennent Tune après l'autre déposer un tendre baiser sur son front blanchi; et puis elles reviennent, se tenant par la main , couronner de Heurs cette tète si chère : Berthe apporte des roses, Kothrude des violettes, et Gisèle des lis. C'est une si'ène d'une grâce touchante. Il va sans dire que tous les visages des acteurs respirent la joie, et «luMls ne sont voilés par aucun nuage. Mais il y a bien dans ce tiibleau quelque fantaisie. En effet, i|ue de soucis causèrent à Charlemagne les égarements de ses tilles, et combien de fois il s'éleva de lunudtueux orages dans cet intérieur que le poêle nous dépeint si calme, si riant!

In^ithe, s\Hant montrée facile aux vœux d'Angilberl. fut hientùt avertie qu'elle portait dans son veiu un témoin de sii faute. Alors les deux amants allèrent se jeter aux pieds de Charlemagne, le suppliant de consiicrer cette union formée par l'amour. I. autour de la vie d'Angilbert, le moine Anscher, raii>nte que, touché par la douleur de sa fille, et,

.ilhiyus moti\>politaiiae civitatis. » Anscherus, Vita S. Angit- 'Yrfi . ii{in$ lo Rfcue'l d*» ♦^om Bouquet, tome V , page 476.

ET SA COUR. r.iJ

d'ailleurs , plein d'estime pour la naissance et le mérite de son primicier, Charlemagne rassembla les grands de la cour, et, leur ayant exposé Tinjure faite à sa maison, appela devant eux les deux coupables pour les unir devant les hommes avant qu'ils fussent unis devant le cieP. Mais le père Lecointe et Bollandus n'admettent point ce récit. Us disent auo Charlemagne, ayant connu les écarts de sa fille, aima mieux la vouer à la honte que lui pardonnei*.

Tel fut, en effet, le premier acte de ce drame. Anscher l'a supprimé pour courir tout de suite au dénoùment. Il ne faut pas chercher bien loin les motifs de cette suppression. Pour le bon Anscher, abbé de Saint-Riquier, Angilbert, restaurateur et presque fondateur de son monastère, est, à la lettre, un saint homme : Yita sancti Angitherti; tel est le titre de son petit livre. Or, comment admettre qu'un personnage de cette qualité ait oublié tous ses devoirs jusqu'à rendre mère par un crime la fiUe d'un roi? Anscher a donc supposé les épousailles des deux amants.

Mais qui peut tout prévoir? Le bon Anscher oubliait sans doute, en fabriquant ce récit, qu'il mariait un prêtre ordonné , post susceptum sacerdotium. C'est ce que n'a pu supporter dom Bouquet. Observateur scrupuleux des lois de l'Église, Char-

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