Ëginhard , Vita Caroli Magni , chap. xviii
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Quel(iues rerucils d*anciennes histoires sont beaucoup moins sobres de détails sur le compte d'une cerlaine Imma, prétendue fille de Charlemagne et d'une mère inconnue , qui, dit-on, aima le docte Kginhard, et devint sa femme après avoir été sa maîtresse Tout le monde connaît cette aventure. On Ta mise en vers latins , en vers flamands et en vers français : la peinture, la musique, tous les arts ont voulu perpétuer le souvenir du bizarre stratagème employé par les deux amants pour dissimuler leur entretien prolongé jusqu'aux premièreis clartés du jour, et que menaçait de trahir un tapis de neige étendu sur la terre durant la nuit. Mais tout ce l'écit est fabuleux. Dans la chronique de Guillaume de Malmesbury, qui le premier l'a mis en scène, l'héroïne de l'aventure est une sœur de l'empereur Henri III, amante d'un clerc qui passait auprès d'elle toutes ses vigiles nocturnes. Il a plu, cinquante ans après, à quelque compilateur anonyme de reproduire la même légende, en changeant les noms des personnes et des Heux , et c'est ainsi qu'est venue jusqu'à nous cette fiction nioins gracieuse que naïve * .
Supprimons donc l'aventure d'Imma. Il y a bien assez d'équipées galantes dans la biographie véridi- <iue des filles de Charlemagne; nous n'avons pas
I. M. Teule* not'oe «'^r Tî:srin>iî>nl pn +ête de ses OEuvres.
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besoin d'emprunter à la fable des pastorales composées dans le goût puéril du xu* siècle , quand Thisloire nous otTre des tragédies bien plus émouvantes. L'Astronome raconte qu'à la première nouvelle de a mort de son père , Louis envoya d'Aquitaine à la cour d'Aix-la-Chapelle quelques comtes au rude maintien, chargés de purilier la maison impériale. Plusieurs seigneurs qui, la veille encore, tiraient vanité de leur commerce avec les sœurs du roi d'Aquitaine, s'empressèsent de paraître devant ses commissaires et d'implorer un pardon qui leur fut assez facilement accordé. D'autres montrèrent plus d'orgueil et eurent lieu de s'en repentir. Deux des envoyés de Louis , le comte Warnaire et son neveu Lambert, ayant sommé l'un des coupables, qu'on appelait Audouin , de paraître devant eux , celui-ci vint, en effet, au rendez-vous, mais avec l'attitude d'un rebelle et non pas celle d'un suppliant. Les épées furent tirées et Warnaire tomba le premier, atteint d'un coup mortel ; aussitôt Lambert vengea son oncle par le meurtre d' Audouin; mais il reçut lui-même une blessure profonde , dont il ne fut jamais complètement guéri. On parle encore d'autres sévices. Un certain TuUius, qui s'était montré moins arrogant, fut, toutefois, condamné par un arrêt de l'empereur à subir le plus horrible supplice : on lui creva les yeux * .