tome V , i>age
ET SA COUR. iOi
Il faudrait admettre aussi, sur le même témoignage / qu'il savait au moins quelques mots d'hébreu. Cependant, en ce qui touche le grec, Paul Diacre semble démentir lui-même l'assertion de son ami : à Pierre de Pise , qui le félicite de montrer cette langue aux clercs dé l'éghse de Metz , il répond : « Si , dans ces contrées , les clercs ne parlent pas d'autre grec que celui qu'ils auront appris de moi, pareils à des statues muettes ils se feront moquer d'eux *. »» Mais n'est-ce pas là plutùt un excès de modestie qu'un aveu d'ignorance?
C'est par lui que Charlemaghe fit rechercher , dans les Saintes Écritures et dans les Pères, une série de passages éloquents, qui devinrent, mis en ordn», l'homiliaire de l'Église franque.
Théodulfe, évoque d'Orléans, nommé le Pindare de l'école, fut le meilleur versificateur de son temps. Les auteurs de YHistoire littéraire le font naître en Italie ; mais il est certain qu'il eut pour patrie l'Espagne ou la Seplimanie. Dans l'intéressante description qu'il a faite de la cour de Charlemagne, il se représente lui-même, après le dîner du roi, quand les tables viennent d'être levées, lisant des vers devant une assemblée nombreuse et choisie. La peinture des lieux est fidèle : on peut même remarquer, parmi les personnages officiels