‹ Charlemagne et sa cour 742814Chapitre 7 sur 12 · CUARLEadAGNfi · texte numérisé non relu

CUARLEadAGNfi

gne * ; Bulh, celle du Velay. Quelques abbés d'une yaillaace éprouvée furent aussi préposés à la garde de plusieurs liejix, investis, suivant l'usage de ces temps barbares, des attributions les plus diverses, puisqu'ils commandaient à la fois et la milice du prince et celle de Dieu ^.

D'une constitution robuste, mais d'un tempérament pacifique, Louis écouta les leçoi s d'Arnold et en profita. Cependant il le quitta bientôt pour reparaitre quelque temps à la cour d'Âustrasie. Charlemagne, qui, depuis le désastre de Roncevaux, n'aimait pas trop les Gascons, craignait qu'un séjour prolongé chez ce peuple glorieux et indocile ne fît contracter au jeune Franc de mauvaises habitudes, et ne

* Fauriel, Hist. de la Gaule méridionale, tome Ilf, p^ige 353.

* Le texte laliii de Tliegan les nomme sjmplem»'!it abbés, abbates. M. Faunel propose de voir, dans ces prétendus abbés, des chefs militaires investis de terres ecclésiastiques. Cette iutérprétaiion ne nous semble pas recevable. Les abbés jouent un grand rôle dans raiiininistration carlovitigienne. Us siègent comme ja« ges ou comme commissaires dans les assises provincialeSt présidées par les missi dominiei; ils fournissent des subsides après avoir levé des coutributioos et> quand ils ne yont pas eux-mêmes À la guerre, ils envoient des soldats combalir» en leor nom sous renseigne de leur abbaye. Charlemague les ayant exemples, en • l'année 707, de servir en personne, ils se plaignirent* craignant d*ôtre avilis par cette exemption. C'est alors que, par un capi* tnlaire nouveau de Tannée 799, Charlemagne déclara qu'il les avait dispensés du service militaire pour les honorer» non pour les abaisser*

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le rendit un jour étranger aux mœurs, aux usages des peuples répandus sur les deux rives du Rhin. Quand Louis eut sept ans accomplis, il fut rappelé d'Aquitaine et vint trouver son père à Paderborn. Il poilciit Thabit gascon, la toge courte et ronde, la chemise aux manches longues et flottantes, et sa main droite tenait un javelot. Derrière lui marchait xme troupe d'enfants de son 'kge, vêtus comme lui. Cluirlemagne prit un grand plaisir à le contempler sous cet accoutrement, et toute la cour partagea sa surprise et sa joie. Louis accompagna son père dans la Saxe, traversa TEms, le Weser, et ne retourna sous le ciel plus clément de l'Aquitaine qu'aux approches de l'hiver. Bien qu'il eût été suivi, dans ce lointain voyage, par la plus grande partie de son armée, il retrouva le pays aussi tranquille à son retour qu'à son départ : la vigilance d'Arnold jet des comtes avait suffi pour maintenir la paix ^

Le chroniqueur anonyme que Ton appelle l'Astronome nous raconte en des termes pleins d'intérêt les premières années de ce prince.

Comme il aimait à s'entourer de gens de bien, sa cour était un tribunal, et non pas, comme

- * r«uriel, //«il. de la GauU méridîanaU, tome UI.

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oeUe de son frère Chaiies, un camp tou|jours en.

alerte. Au lieu d'employer les armes pour châtier les mutms, il les assignait devant son conseil, les invitait à plaider leur cause, et leur permettait même, dans les grandes circonstances, de se pourvoir par voie d'appel devant la justice de l'emperaor. Cest ce qu'il fit pour Adalric, rusé Gascon, qui s'était rendu maître de Gorson, duc de Toulouse, et lui avait ar* raclio par la violeiiGc un serment de fidélité. 11 aimait, aussi à convoquer en assemblée générale les hommes libres de son rovaume et à faire de solennelles réceptions au:a ambassadeurs étrangers. Assurément cette excellente conduite était plutôt Touvrage d'Arnold que de son jeune écolier : mais loin de le trouver rebelle à sa politique généreuse et conciliante» Arnold s'applaudissait de le voir faire par godt ce qu'il lui conseillait par calcul.

Cependant il fallait qu'un fils de Gharlemagne connût la guerre et ses périls. A la fin du printemps de Tannée 791 , il vint trouver son père, qui préparait une expédition contre les Avares, et raccompagna dlngelheim à Ra* tisbonne. C'est là qu'il ceignit l'épée. Il avait treize ans. Après cette cérémonie, l'armée se mit en marche et Louis la suivit jusqu e Giiu-

neberg. Il vit alors les bataillons se déployer dms les pkdnes et se resserrer à l'approche des défilés, envahir et dévaster des bourgadus, assaillir etenleyer des retranchements, tsamper sous le ciel durant les nuits, et, dès le lever du jour, ressaisir à la hâte, à la Toix des trompettes, les épées, les boucliers, les épieux et les goûfauouâ aux mille couleurs. Ce fut sa première campagne. L'année suivante il rassemblât ses Gascons, et, traversant à leur téte les gorges sinueuses du Mont-Louis, il les menait à Kavenne au secours de sou frère Fepin, inquiété par la réyolte du pays de Bénévent.

Quelques années après, il se si^alait en

Espagne par des exploits dignes de $on père, prenait toutes les places qui ne s'ouvraient pas assez vite pour le recevoir, incendiait les moissons, levait, la main haate, des contributions de guerre, et montrait aux Espagnols que, s'ils avaient longtemps défié la mansuétude de son ciu:actère, il savait au besoin frapper avec vigueur.

Toute l'Espagne avait en même temps pris les armes : chrétiens, juifs et Sarrasins, gens de toute race et de toute religion, accourant à la fois des sauvages défilés des Asturies, des ri<*

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