‹ Charlemagne et sa cour [microform]Chapitre 13 sur 14 · Î18 CHARLEMAGNE · texte numérisé non relu

Î18 CHARLEMAGNE

^ constante application votre négligence pas- » sée, vous n'obtiendrez rien de Charles *. »

La moralité de cette légende est certainement excellente, si ce n'est qu'une légende. Mais ne paraît-il pas vraisemblable que Gharlemagne a dû quelque jour entrer dans l'école du palais, appeler à l'examen les plus jeunes disciples de Clément ou d'Alcuin, et leur tenir de tels discours? Quand le moine de Saint-Gall ne nous aurait pas fait ce récit, nous aurions volontiers supposé ce qu'il nous raconte.

Il faut dire ici, mais en peu de mots, que, parmi les docteurs de l'école palatine, maître Clément était un personnage vraiment singulier. Nous avons vu que Théodulfe ne le ménageait pas trop : il ne fut pas beaucoup mieux traité par Alcuin et par les disciples d'Alcuin. C'est qu'il formait à lui seul un parti. On suppose que cet Irlandais, nourri dans une école à demi païenne, où régnait la plus grande liberté, professait un platonisme téméraire, interprétant le dogme chrétien selon la méthode du faux Denys, mêlant aux vérités canoniques les brillantes fantaisies de la gnose alexandrine 2; et cette supposition paraît fon-

• Des Faits et gestes de Charles le Grand, livre I, traduction de M. Guizol.

* W. F. Monnier, Alcuin et son influence, d. 94 et vassim.

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dée, plusieurs passages d'Alcuin la confirment. Il est, du moins, certain que les leçons données par Clément ne s'accordaient guère avec celles des autres maîtres. Comme il était l'adversaire de leurs doctrines, et savait, étant venu d'Irlande, beaucoup de choses qu'ils ignoraient, ils le poursuivaient de leurs invectives comme Tennemi de leur science, de leur race, la race latine. A bon droit, en effet, ces latins appelaient les Irlandais des Égyptiens, des Alexandrins.

Pierre de Pise, Paul Diacre, Tbiodiilfe, S. Paulin d'Aquilée.

Nous n'oublierons pas assurément de nommer, parmi les maîtres de l'école du palais, Pierre de Pise et Paul Diacre. Pierre de Pise enseignait à Pavie, lorsque Charlemagne s'empara de cette ville. Il était déjà vieux et avait acquis un grand renom. Charlemagne le réclama dans sa part de butin, et, quand il l'eut à ses côtés, il le fit son grammairien. Pierre de Pise vint donc en France en l'année 776. Nous pensons qu'il y était encore en 781 ; car, écri-

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