W CHARLEMAGNE
obéit. N'agitons pas de nouveau cette question. Elle est des plus graves, des plus difficiles. Vous qui tenez pour les miracles de Charlemagne, êtes-vous certain seulement de sa foi? Voici un docte théologien, Chrétien Nifanius, qui vous démontre et vous démontre encore, en deux écrits spéciaux, qu'il était luthérien, et de la confession d' Augsbourg * ; tandis que Jean-Henri Heidegger soutient, dans ses Dissertationes selectœ, qu'il était calviniste. Qu'il ait été calviniste, luthérien, qu'il n'ait pas été canonisé dans la bonne forme par un pape légitime, laissons-le néanmoins dans le paradis, puisque Dante l'y a vu non loin de Josué et du grand Macchabée :
cun trône, depuis Constantin, un serviteur plus fidèle, plus éclairé, et dont la puissante main ait répandu sur elle plus de bienfaits. Gaillard l'appelle le génie tutélaire du christianisme : c'est une locution de rhéteur; mais elle exprime avec emphase une idée juste.
Cosi per Carlo Magno e per Orlando Duo ne segui lo mio atlento sguardo, Comm' occhio segue suo falcon volando ' ;
laissons-le au nombre des saints, puisque l'Église chrétienne n'a jamais rencontré sur au-
^ Tels sont les titres des deux traités de Nifanius: Ostensio quod Carolus Magnus in quam plurimis fidei articulis formaliter non fuerit papisla, Francfort, 1670, in-8, et Carolus Magnus exhibitus confesser veritatis evangelicœ in Augustana confessione, Francfort, 1679, in-8.
* Paradiso, chant xviii, str. 15.
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