FIN DU CHANT SEIZIEME
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(i) Les voyages de Tbor, ses épreuves , sa gloire.
Les courses de Thor, et ses épreuves sont fort divertissantes : je vais en donner quelque idée, en racontant succinctement une de ses aventures.
Thor part avec le dieu Lock et un jeune homme nomme' Tialfe, pour le pays des Géants. Après quelques incidents, ils entrent un soir dans une maison , qui se trouve être le gant d'un géant énorme avec lequel ils font connoissance , et qui le lendemain fait route avec eux.
La nuit suivante , Thor, mécontent du géant, le frappe pendant son sommeil de sa massue , et la lui enfonce dans ia tète. Le géant se réveille paisiblement . et demande si c'est une feuille d'arbre ou une plume d'oiseau qui l'a touché : puis il se sépare de Thor.
Les voyageurs arrivent à la capitale du pays des Géants, et chez le roi ; mais nul n'y peut rester, s'il n'excelle dans quelque art. Lock dit qu'il mange plus que personne au monde ; et de suite on le met aux prises avec un courtisan nommé Lcge ( flamme ) : des montagnes de viandes sunt placées devant eux, chacun a tout dévoré ; mais Lock a laissé les os , et Lock est vaincu.
Tialfe dit qu'il est le roi de la course ; on lui donna pour adversaire un courtisan nommé Hugo ( la pensée) : Tialfe étoit à peine parti, que déjà Hugo étoit au but.
Thor déclare que nul ne peut boire autant que lui; on lui présente une longue corne : Thor altéré boit long-temps, et à perdre haleine; mais la coupe reste toujours pleine. 11 vante alors son adresse; on lui propose de lever de terre un grand chat couleur de feu , qui siiiloit au milieu de la salle : le dieu le saisit, veut l'enlever; mais le chat courbe son dos , et ne perd terre que d'un seul pied. Thor vanloit ses forces ; le roi lui présente sa nourrice Héla ( la mort) : après un combat terrible, Thor tombe sur un genou ; Thor est vaincu.
Thor mécontent , quitte le royaume ; mais avant son départ , I2 roi lui dit : — « Des prestiges vous ont abuse' : c'est moi-même » que sur votre route vous frappâtes de votre massue : j'eusse » pe'ri , si vos coups n'eussent tombé sur un roc derrière lequel » j'étois caché : Lodta lutté confie un feu errant; et Tialfe a » disputé le prix de la course à ma pensée : un des bouts de la » corne , dans laquelle vous avez bu , trempoit dans la mer , et » vous verrez combien elle est diminuée : mon chat n'étoit autre » que le grand serpent , qui ceint la terre et les mers : nous avons » frémi , car votre bras Ta enlevé si haut , que sa tête et sa queue » touchoient à peine la ferre : ma nourrice étoit la mort ; et » votre résistance a été merveilleuse , car vous en avez été quitte » pour tomber sur un genou, tandis qu'il n est cl ne sera jamais » personne qii elle n abatte à la fin. » Thor répondit à ce discours par un grand coup de massue ; mais le roi disparut , et lorsque le dieu retourna vers la ville pour la saccager , il ne trouva plus à sa place que de ver tes campagnes.
(2) Tant doux serments d'amour.
Après avoir fuit entendre les chants sauvages des Scaîdes, la harpe ossianique des bardes , le luth harmonieux des vierges de la Grèce ; ici je cherche à rappeler les doux accords du lai plaintif', les naïfs accents de la muse française des troubadours.
La majesté de l'épopée excluoit l'antique romance II est
des chants interdits à la muse d'Homère; je les ai réservés pour le second ouvrage auquel je travaille-
Si dans mon Charlemagne j'ai réussi à présenter un nouveau genre de poè'me épique, une épopée, joignant la majesté sévère des œuvres antiques à l'intérêt dramatique des œuvres modernes , peut-être dans le second travail dont je m'occupe, offrirai— je aussi à ma patrie un nouveau genre d'ouvrage , une composition tout-à-fait française, une muse nouvelle.
A la fois naïf et dramatique , sévère et badin , tragique et plaisant , tan lot s'élevant jusqu'au genre épique , tantôt descendant jusqu'au genre burlesque, mon nouveau poè'me fera résonner toutes les cordes de la lyre ; tous les tons lui seront fami-