FIN DU CHANT TREIZIEME
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TsOTES DU CHA^T XIII.
(i) ■ Olivier, toi, ce soir.
Les vieilles chroniques parlent beaucoup d' Olivier comme de l'ami intime du fameux Roland.
(2) En gazon, là s'élève un tombeau solitaire: Elle y jette des fleurs.
Les peuples du Nord ne mettoient point de pompe dans leurs fune'railles : leurs sépulcres éloient de gazon; et l'appareil des tombeaux, méprisé par eux, leur paroissoit à charge aux vivants et aux morts. « Ils cpiittoient bientôt le deuil, mais jamais le sou- » venir. » ( Voy. Tacite , De IHor. Germ.)
(3) Telle , chez le Nalché , qui suspend ses tombeaux Auk arbres des forets.
Qui ne connoit la charmante description que fait l'auteur iïAtnla, de ces mères des Natchés , qui suspendent leurs enfants aux branches d'un arbre voisin, et les bercent en chantant. Lorsqu'un de ces enfants vient à mourir, ia malheureuse mère, confiant la dépouille de son fils aux mêmes rameaux, qui l'ont bercé plein de vie et de santé, vient tous les jours auprès de l'arbre tromper sa douleur en balançant un cadavre, qu'elle se figure être encore son enfant bien-aimé.
(4) Ainsi Pbilopœmen
Le célèbre Philopœmen , marchant contre Démocrate le Messénien, s'écarta imprudemment avec quelques guerriers aussi téméraires que lui : attaqué par les ennemis, Philopœmen, pour protéger la retraite de ses compagnons, s'arrêta plusieurs fois pour combattre, et finit par se trouver seul, cerné par une foule de soldats : aucun néanmoins n'osa le saisir; mais en l'accablant de traits, ils le poussèrent sur des rochers où son cheval s'abattit, et
NOTES DU CHANT XIII. ig
l'etendit sur la place, baigné dans son sang. Les ennemis aussilo le lièrent et le transportèrent à ÏNIessme sur un brancard. Lus habitants de cette ville, à qui Piiilopœmen avoit rendu de grands services, apprenant cette nouvelle, coururent tous au-devant de lui, et le voyant ensanglante, charge de chaînes, ils suivirent ce grand homme, en versant des larmes sur son sort. (Voy. Tite- Live et Pmjtarque. )
(5) Ainsi qu'Aristomène , à Sparte redouté.
Cette aventure d' Aristomene a quelque chose de si merveilleux que je ne puis re'sister au désir de la raconter : tous mes lecteurs peut-être ne la connoissent pas.
Aristomene, blesse' , ayant été fait prisonnier, les Lacédémoniens le firent jeter lui et ses compagnons dans le Crada, gouffre où l'on précipitoit les grands criminels. Les compagnons d''Ai\stomène furent tous brisés et tués par leur chute : le seul Aristomene se releva sans fracture du milieu d'un monceau de cadavres : de là quelques historiens ont avancé qu'un aigle, volant vers le héros, du fond de l'abîme, le soutint dans sa chute. Aristomene, tout armé, resta deux jours entiers sans nourriture , attendant la morl: le troisième, à la laveur d'une foible clarté, il aperçut un énorme renard , qui se glissoit dans les ténèbres, pour enéreher à se repailre des corps déjà en putréfaction : il saim aussitôt le renard par la queue, et sans se Lisser mordre, ni lâcher prise, il ie suivit : par des passages, tantôt larges, tantôt étroits , et presque impraticables , il se lit traîner par son étrange libérateur, et à travers mille trous obscurs arriva enfin à une ouverture d'où sortoit un rayon de lumière; alors, lâchant le renard', Aii tomene rassembla toutes ses forces pour élargir le trou, et se trouva enfin hors du souterrain : il parvint ensuite à rejoindre son armée.
(C) De'roulant en ces mois le système fatal
Dont Fabius jadis usa contre Annibal.
On sait que c'est par ce système que Fabius sauva Rome : c'est par ce système que ja faiblesse résiste à la force ; et de notre siècle ou ne l'a que trop essayé contre nos triomphantes armées.
ao NOTES
(7) >. 11 fui un roi d'Argos qu'une lyre immortelle.
On a reproche justement à Homère de ne faire prendre la parole à Agamemnon dans le ramp des Grecs que pour proposer la fuite : aussi le roi d'Argos s'attire-t-il les reproches les plus mortifiants. Au IXe livre, Diomède lui répond :
« Tu n'as reçu des «lieux qu'un vain litre en partage: .• Du sceptre en ta faveur le ciel a disposé, >■ L'empire du courage il le la refusé: » Roi sans force ! >•
( Traduction d'AicsAB. )
Une autre fois Ulysse lui répond :
.. Timide roi , commande à t'es soldats timides , >» Et cesse de régner sur des Grecs intrépides.
■• Tai>-toi , de tes guerriers tremLle d'être entendu. .
( V. I. XIV, p. 2«j8. AicbaK )
Et Agamemnon, le roi des rois ne s'en fâche point.
(8) >■ Est-ce en fuyant Geilou que lu le comliattois?
Pendant que Cliarlemague recevoit en Italie l'hommage de ses peuples, \ itikiud, révolté de nouveau , attaque à 1 improviste les troupes françaises, commandées par Gcilon, et remporte une victoire au pied du mont Sintal. La supériorité de ses forces , et son attaque imprévue , furent funestes aux Français ; mais celte bataille coula cher aux Saxons; car elle irrita tellement Charlemagne, qu'elle occasionna cet horrible massacre de quatre mille cinq cents officiers saxons, auxquels la tète lut tranchée sur les bords de la rivière Alare, vengeance horrible dont Charle se repentit.
(9) » Nul ne sait mieux que toi comment on prend la fuite.
Ceux qui trouveront cette réponse trop insultante n'ont qu'à lire Homère : Ulysse, Diomede , et autres, qui dévoient être moins sauvages et moins barbares que mon roi des Huns , adressent à Agamemnon des discours bien autrement offensanfs Au livre I, Achille lui dit :
« Des rois le plus avare el le plus orgueilleux,
»► Quel prix nouveau veux-tu de les fails merveilleux ?
» O prince avide et tourbe! ivre d'un vain orgueil ! ■• ( Trad d'AiGNAN. )
Voyez la noie 7 de ce même chant.