FIN DU CHANT VINGT-UNIÈME
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(i) Sur des patins légers devançant les tempêtes,
Quelque jour avec, nous Uller traversera L'heureux fleuve glacé qui mène au Vaballa.
Uller est fiis de Sijia et beau-fils de Thor, premier né d'Odin. Sur des patins radieux, il devance les aquilons et lese'rlairs , glisse sur le fleuve de glace, et s'enfona par des porticpies nébuleux dans les palais aériens du Yahalla. ( Voyez F Edda de Mallet, Ossians und sineds lieder, in-4. \ ienne , 1791. )
(a) Méritons de Biard l'épitaphe immortelle :
Il tombe, rit et meurt.
Biard , roi du Nord , composa des chants célèbres , mais qui se sont perdus. 11 ne nous reste que son épi'.aphe, /'/ tomba , rit et mourut. ( Voyez Torf , sew. dyn. et reg. dan. , 1. I, c. VII. )
(3) Scothler chante ces mots.
Un roi de Danemarck eut pour gouverneur le scalde Scothler, ou plutôt Starkotter. Ce dernier , ayant osé reprocher au prince sa conduite , et ses mœurs qui commençoient à se corrompre , encourut sa disgrâce, et fut chassé du palais. Le scalde banni veut tenter un dernier effort pour sauver son roi de la corruption et du déshonneur; il se rend la nuit sous les fenêtres du palais. Tout à coup le roi entend les sons d'une harpe; i! prête l'oreiile, et ces mots parviennent jusqu'à lui:
« A l'heure où l'indigent , oubliant un moment sa misère . peut
>» du moins reposer sur sa couche ses membres fatigués, moi,
» l'ami de ton père , qui ne suis coupable que d'avoir voulu te
» faire chérir la gloire et la vertu , je n'ai plus d'asile. . . etc.. . »
Le roi ne put résister aux chants du scalde ; il courut em-
NOTES BU CHANT XXI. ai3
brasser Starhoiier , suivit ses conseils , et devint un prince digne d'éloges.
On voit par ce narré historique que j'ai puise' l'épisode de Scothlcr dans les annales antiques tlu Nord : cependant je n'a' point donné la traduction exacte du cliant assez célèbre de Star— hotter ; je n'en ai donné qu'une imitation. ( M. GraBERT l'a traduit avec exactitude en vers italien:. )
(4) Des mets simples, servis et sans luxe et sans art , Sont aux deux voyageurs présentés...
Quelque méchants , quelque mordants que soient les vers de Voltaire, lorsqu'il peut trouver l'occasion de tourner ses rivaux en ridicule, on ne les lit pas moins avec plaisir; et peut-être même ce sont ceux que préfèrent la plupart des lecteurs. Tels sont ceux-ci :
« Fallut dîner; car, malgré leurs chagrins, >■ Les malheureux ne font point abstinence : » En enrageant on fait toujours bombance. » Voila pourquoi tous ces auteurs divins, ■• Ce bon Virgile , et ce bavard Homère, j. Que tout savant, même en bâillant, révère, « Ne manquent point, au milieu des combats , » L'occasion de parler d'un repas. >■
(5) Alors le chevalier, surnommé du Silence.
Dans les vieux châteaux, à la table hospitalière de nos bons aïeux, se rencontroient scuvent les guerriers les plusinystérieux ; ils n'étoient connus que par les devises de leurs boucliers; parles punitions qu'ils s'étoient imposées ; ou par les vœux qu'ils avoieni faits , et auxquels ils ne manquoientjamais. Autour du vieux foyer des seigneurs châtelains , se réunissoient , tantôt le chevalier du iomleau , tantôt celui du silence , ou ceux de Vécu blanc, de la lance d'or, du cygne et de la mort. etc. Les fêtes mêmes des châteaux avt ieat quelque chose d'énigmatique : c'étoit le festin de la licorne , te vœu du paon, etc. ( Voyez Sainte-Palaie , Mémoire sur la chevalerie. — Histoire du marquis de Boucicaull. — Chateaubriand, t. 4 du Génie du Christ. )
ai4 NOTES DU CHANT XXI.
(6) le salon de l'ombre des sept tours.
Nos anciens châteaux, sombres et mystérieux, renfermoient toujours des esprits : il est rare de voir un ancien château, qui n'ait quelque vieille chronique , dans le genre de V ombre des sept tours , et qui ne soit hanté , selon les récits des hahitans d'alentour. Presque tous nos vieux châteaux, tapissés de vieilles étoffes, déroboient aux regards , ou des escaliers, ou des passages secrets , ou des trappes : de là tous ces contes absurdes , qui ont donné naissance aux romans à la Radcli/f.