FIN DU CHANT VINGT-DEUXIÈME
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(i) Ogicr n'existe plus.. .
Ogier le Danois , tant célébré par les romanciers , rendis de grands services à Cliarlemagne , et lui sauva la vie , dit - on , au milieu d'un combat. Plusieurs auteurs lui font finir ses jours dans un couvent de moines ; j'ai mieux aimé lui donner une fin plus analogue à son nom et à sa vie.
(2) Prière ! esprit divin ! tendre fille des cieux !
Soutien des cœurs souffrants, charme des cœurs heureux !
Malheur à qui décrit après Homère : on connoit de ce sublime auteur la description tant vantée des prières, filles boiteuses de Jupiter; j'en vais donner la meilleure traduction qui en ait été faite.
« Filles de Jupiter, les modestes prières ,
" Plaintives, et baissant leurs hum 'des paupières,
» Le front couvert de deuil, marchent en chancelant :
w Elles suivent de l'œil, d'un pied foible et tremblant,
» L'injure au front superbe, à la marche rapide :
» L'une frappe et détruit dans sa course homicide;
» Les autres, a leur suite, amenant les bienfaits,
» Arrivent pour guérir tous les maux qu'elle a faits.
» Heureux qui les accueille! heureux qui les honore!
>• Il en est écouté quand sa voix les implore :
m Si l'orgueil les rebute, aux pieds du roi des dieux
>• Elles vont accuser les mépris odieux ;
•i Et demandent de lui que l'orgueil inflexible
» S'attache sur les pas du mortel insensible. »
Placer ainsi mes vers en comparaison avec cette charmante description , c'est mettre tout amour-propre à part ; car se trouver en concurrence avec Homère, est ce qu'un auteur doit éviter le
23t> NOTES DU CHANT XXII.
plu?. La différence des siècles a nécessité une diffe'rence de description sur la prière : dans mon poème , les prières qui transportent l'âme dans le ciel, rappellent ces mots sublimes de Terlullien. — Quand lame est dans le ciel , le corps ne sent plus ses douleurs ; elle emporte avec soi tout l'homme.
(3) Si Charie est repoussé, l'ambitieuse Irène
Envahit l'Occident...
« Jamais Charlemagne n'avoit eu à combattre une armée aussi » grande que celle qui, sous le commandement du (ils d'Irène , » d'Adalgise, et du patrice Jean, e'toit venue, sur mille vaisseaux, » lui disputer l'empire des Césars , et menacer les frontières de » la France. » ( Marciiangy, Gaule loétt/ue , t. III. )
Theveneau , dans son plan de poi'me sur Charlemagne , fait arriver les vaisseaux triomphants du (ils d'Irène, jusque sous les remparts de Rome, qu'il prend d'assaut. Constantin fait prisonnier le Sainl-Pontife , et lui ordonne de le sacrer empereur: le pape résiste , et Charlemagne , sur ces entrefaites, vient disputer au chef de l'Orient le sceptre des Césars , sous les murs de Rome même.
(4) Tremblante sur son trône", et partout diffamée.
On sait qu'Irène , qui n'avoit pu réussir , ni à épouser Charlemagne , ni à balancer sa puissance , fut détrônée , et remplacée par Nicéphore.
(5) Et la pourpre romaine est au vainqueur du Nord.
J'ai déjà raconté, dans la note i3 du chant Ier, de quelle manière Charles fut sacré empereur d'Occident. La cour de Constantinople , qui lui dispuloit ce titre , avoit réuni tous ses efforts pour l'emporter sur lui : elle échoua dans ses entreprises ; et même , ne pouvant empêcher le couronnement de Charie , lui offrit par un hymen de joindre l'empire d'Orient à celui d'Occident : Eginhard assure que Charlemagne refusa cette alliance.