‹ Charlemagne, ou, La Caroléide (volume 2)Chapitre 27 sur 31 · FIN DES NOTES PU CHAÎÎT VINGT-TROISIEME · texte numérisé non relu

FIN DES NOTES PU CHAÎÎT VINGT-TROISIEME

i53 CHARLEMAGNE.

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V Ainqueub des rois du Nord, l'élu de la victoire, Sur les champs du Veser, resplendissant de gloire, Vers leurs retranchements rappelant ses soldats, Fait cesser le carnage et les derniers combats. Seuls, quelques preux encor, sur la rive sanglante, Se laissent emporter par leur fougue vaillante : Tel, quand l'orage a fui, chassé par l'aquilon, Au loin l'éclair encor sillonne l'horizon.

Les fils du Nord, les Grecs, les chefs de l'Allemagne, Vaincus, tombent captifs aux pieds de Charlemagnc. C'en est fait, à la voix de l'homme du destin, Sur les autels brisés dlrmensul et d'Odin, La croix du Dieu sauveur s'élève triomphante.

Rétablissant la paix où régnoit l'épouvante, Des Français la victoire a comblé tous les vœux : Du Nord Charle à jamais a chassé les faux dieux. L'heureux triomphateur, que l'univers admire, Vient enfin de fonder le colossal empire Qu'affermiront encor ses bienfaisantes lois. Nul prince désormais ne peut au chef des rois Disputer plus long-temps la pourpre impériale.

Rome apprête déjà la pompe triomphale ;

Elle attend le héros; le Veser est français';

Et les nouveaux chrétiens sont ses nouveaux sujets.

Vers la fin du combat, Olivier sur la plaine, Poursuivant l'ennemi que la frayeur entraîne, Par sa manœuvre habile et ses efforts vainqueurs, D'une jeunesse ardente efface les erreurs. Mais hélas! quel spectacle à ses yeux se présente! Le glaive d'un Français a frappé son amante : Àlmanzine chancelle... et, sur son casque d'or, Le sang coule... Olivier vole, et la sauve encor. « — Insensible Àlmanzine! amante trop chérie! » Pour la seconde fois j'ai pu sauver ta vie : » D'un regard daigne au moins honorer Olivier! >» Il dit : mais vain espoir, détournant son coursier, Almanzine, cachant le trouble qui l'oppresse, Rebelle à ses désirs, rebelle à sa tendresse, Du champ d'honneur s'éloigne... et, fuyant à regret, S'enfonce, gémissante, au sein de la foret. Elle vole au hasard où son coursier l'entraîne: Bientôt lasse, épuisée, au bord d'une fontaine Elle arrête ses pas , sur le gazon descend , Et, bandant sa blessure, elle étanche son sang. Mais le tendre Olivier a suivi son amante; Il est à ses genoux... Déjà sa main tremblante

^6o CHARLEMAGNE.

Aide à panser îa plaie. — « Arbitre de mon sort! » Almanzine! dit-il, ordonne enfin ma mort: » Ou deviens mon épouse, ou cette arme ennemie, » Sous tes yeux, à l'instant, va terminer ma vie. » A ce pressant discours, émue au fond du cœur,

Levant sur Olivier des yeux pleins de douceur,

La guerrière soupire... Un amour si fidèle

De son âme a vaincu la fermeté cruelle :

Le plus doux abandon succède à la rigueur ;

Almanzine attendrie accepte le bonheur.

Cherchant de tous côtés le Bavarois perfide Qui toujours le fuyoit, sur la plaine homicide, Au loin Robert encor sigoaloii sa valeur; Lorsqu'à la mort poussé par quelque dieu vengeur, Devant lui, tout à coup, Tassillon se présente. Robert s'est écrié d'une voix foudroyante : « . — Te voilà donc enfin !.. Dans ton sang odieux, » Exécrable assassin! lion te de tes aïeux! » Je puis plonger mon fer!.. Blanche! amante outragée! « Accepte ta victime, et sois enfin vengée ! » A ces mots, furieux , tel que le tourbillon Que la tempête suit, il fond sur Tassillon. Le Bavarois se courbe , et la lance ennemie N'a frappé que les airs... Outré, le preux s'écrie : « — Tremble! tu ne saurois m'échapper, roi pervers!

CHANT XXIV. agi

» Quand tu t'inclinerois jusqu'au fond dos enfers. » Alors du Bavarois, qu'il blesse et qu'il terrasse, Un long ruisseau de sang inonde la cuirasse : «- — Arrête! dit le prince, à mon dernier moment, » Le remords me poursuit... D'un secret important, » Robert, je dois t'inslruire. A son amour fidèle, » Ta Blanche existe encor... Vole au fort de Casselle; » Là languit ton amante au fond d'un noir caveau. » Aux gardes montre-toi muni de cet anneau , » Tous ils t'obéiront... Cours sauver ton amie! » Mais du moins, quand je rends le bonheur à ta vie, » Robert!., pardonne-moi... pardonne-moi... je meurs, » Il expire à ces mots. O transports enchanteurs ! Blanche existe!.. Robert au château de Casscllc Vole , arrive , pénètre, et son anneau fidèle Surmonte chaque obstacle. Au fond d'un souterrain, Conduit par deux soldats, inquiet, incertain, Robert craint quelque piège, et déjà désespère; Lorsque, ô bonheur! bientôt une clarté légère Vers un cachot obscur a dirigé ses pas : Robert ouvre... il s'élance... et Blanche est dans ses bras.

Précipitée au bas de la tour de Cassclle, Blanche n'avoit reçu nulle atteinte mortelle; Et Robert, enlevé par les soins de Montfort, Ignora constamment qu'au pied des murs du fort, Tassillon descendu sauva Blanche expirante.

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