‹ Charlemagne, ou, La CaroléideChapitre 16 sur 26 · FIN DU CHANT TROISIÈME · texte numérisé non relu

FIN DU CHANT TROISIÈME

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NOTES DU CHANT ïll.

(i) On cliercbe vainement quclqties sources limpides.

Vers cette époque l'histoire rapporte un miracle : Au moment où les Français, combattant les Saxons, succomboient dévores de soif, une eau lympide roule tout à coup ses flots miraculeux dans le lit désse'che' d'un ancien torrent. Ce combat fut nommé la bataille du torrent. Une médaille fut frappée pour perpétuer ce fait; elle portoil ces mots : Saxon'iùus ad torrenlem deviclis.

(î) Tout à coup l'oriflamme clincelanle d'or.

L'oriflamme étoit un étendard rouge et doré , que nos anciens rois levoienl avec de grandes cérémonies dans les guerres importantes, au milieu des camps, sur les bords lointains. Nos pères crovoient qu'un ange lavoit porté à Clovis après la bataille de Tolbiac. Des miracles, attribués à cette enseigne sacrée, ajoutoienl encore à sa tradition merveilleuse : c'étoit le symbole de la patrie.

(3) Partout fuit l'ennemi : sur ces murs désastreux

Wortigliin court vers Charic...

On a reproché à \ Iliade d'Homère trop de combats particuliers , trop de morts partielles; mais, si c'est vraiment le défaut de son poëme , par combien de beautés ne l'a-t-il point racheté ! les combats du Tasse sont moins fréquents et plus variés; mais peutêtre pèchent - ils encore par trop de détails fatigants. Il ne faut pas toujours se restreindre à imiter même les grands hommes : il faut , dit Voltaire , courir dans la carrière , et non s'y traîner avec des béquilles. J'ai donc tâché d'éviter, dans les tableaux de mes batailles, le reproche adressé si souvent au premier des poètes épiques. On connoît ces vers de Voltaire :

Oh ! que ne puis-je , en grands vers iTiagni6ques , Ecrire au long tant de fails Iicroïques ! Homère seul a te droit de conter Tout les exploits, toutes les aventures ;

De les elenJre et de les répe'ter ; ^

De supputer les coups el les blessures. Et d'ajonler, aux grands combats d'Hector, De grands combats .. et... des combats encor.

(4) Pour prix de ses hauts faits. . . le cadavre d'un fils.

Au bord du fleuve Leucus, Paul-Emile de'fit les fameuses phalanges lacede'moniennes, et leur roi Perse'e ; leur tua vingt n)il!e hommes, et fit onze mille prisonniers : le combat finit à onze heures du soir; les Romains illuminoient leurs tentes, qu'ils couronnoient de lauriers, lorsqu'ils apprirent que Paul-Emile a perdu le jeune Scipion, son fils bien aimé , qui ne reparoît point. A la vue du désespoir de leur chef, ils quittent tous et leurs tentes et leurs festins, et à la lueur de torches allume'es, en un morne silence, ils suivent Paul-Emile sur le champ de bataille, et cherchent avec lui son fils parmi les morfs. Au milieu de la nuit reparut Scipion, couvert de sang; ils'étoit égare' seul en poursuivant les fuyards.

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