‹ Charles BaudelaireChapitre 7 sur 29 · DOCUMENTS SUR LE PROCES DES (( FLEURS DU MAL · texte numérisé non relu

DOCUMENTS SUR LE PROCES DES (( FLEURS DU MAL

Article da a figaro », qui, selon Baudelaire, attira sur les Fleurs du mal les foudres de la justice (juillef i857 ; rubrique : ceci et cela.

M. Charles Baudelaire est, depuis une quinzaine d'années, un poète immense pour un petit cercle d'individus dont la vanité, en le saluant dieu ou à peu près, faisait une assez bonne spéculation ; ils se reconnaissaient inférieurs à lui, c'est vrai ; mais, en même temps, ils se proclamaient supérieurs à tous les gens qui niaient ce messie. Il fallait entendre ces messieurs apprécier les génies à qui nous avons voué notre culte et notre admiration : Hugo était un cancre, Béranger un cuistre, Alfred de Musset un idiot et M'"*' Sand une folle. Lassailly avait bien dit : Christ va-nu-pieds, Mahomet vagabond et Napoléon crétin. — Mais on ne choisit ni ses amis ni ses admirateurs, et il serait par trop injuste d'imputer à M. Baudelaire des extravagances qui ont dû plus d'une fois lui faire lever

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les épaules. Il n'a eu qu'un tort à nos yeux, celui de rester trop longtemps inédit. Il n'avait encore public qu'un compte rendu de salon très vanté par les docition d'Edgar Poe, lait donc ce volume nps, qu'il pourrait k ce qui se produit ■vî ; ceux qui étaient repus : — l'heure

serviteur. Pendant une si vive îrapa— ment et sainement, li pour juger seule- ;omniencer que j'en

le jugement à pro- . voici une opinion à personne.

;nt d'aussi brillantes 'on doute de l'état

où l'on n'en doute 5, la répétition mo- ) mots, des mêmes 'ignoble ; — le reis on ne vit mordre ins si peu de pages ; e revue de démons,

de chats et de ver-

mine. — • Ce livre est un hôpital ouvert à toutes les démences de l'esprit, à toutes les putridités du cœur ; encore si c'était pour les guérir, mais elles sont incurables.

Un vers de M. Baudelaire résume admirablement sa manière ; pourquoi n'en a-t-il pas fait l'épigraphe des Fleurs du mal?

Je suis un cimetière abhorré de la lune.

Et au milieu de tout cela, quatre pièces, le Renie-' ment de saint Pierre, puis Lesbos, et deux qui ont pour titre les Femmes damnées, quatre chefs-d'œuvre de passion, d'art et de poésie ; mais on peut le dire, — il le faut, on le doit : — si l'on comprend qu'à vingt ans l'imagination d'un poète puisse se laisser entraîner à traiter de semblables sujets, rien ne peut justifier tm homme de plus de trente, d'avoir donné la publicité du livre à de semblables monstruosités.

Gustave Burdin. »

Petits moyens de défense tels que je les conçois.

PAR SAOTE-BEUVE

Tout était pris dans le domaine de la poésie.

Lamartine avait pris les deux, Victor Hugo avait pris la terre et plus que la terre, Laprade avait pris les forêts, Musset avait pris la passion et l'orgie éblouissante. D'autres avaient pris le foyer, la vie rurale, etc.

Théophile Gautier avait pris l'Espagne et ses hautes couleurs. Que restait-il ?

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Ce que Baudelaire a pris.

Il y a été comme forcé.

Loin de moi de diminuer rien à la gloire d*un illustre poète,

D'im poète national, cher à tous,

Que Tempereur a jugé digne de publiques funérailles, eto.

Loin de moi de vouloir rien ôter au respect et à l'amour qui environnent sa mémoire. Mais, malgré moi, une réflexion se présente, elle s'impose. — Je me souviens, certains refrains chantent en moi ; si je les disais, ils auraient mille échos, et parmi ces refrains, il en est qui pourraient être dénoncés comme €e/2/yow plus dangereux que ce que vous' produisez. Mais non, ils ne sont pas dangereux. — H y a une certaine gaieté qui ôte et dissipe le danger.

Un autre nom se présente à ma mémoire, le nom d'un poète bien plus jeune, non moins grand poète, enlevé tout récemment. Loin de moi, pour lui comme pour l'autre, de vouloir rien ôter à sa renommée^ au regret légitime que sa perte inspire. Alfred de Musset est un poète souverainement regrettable... Et pourtant, j*ouvre ses œuvres, je récite ses vers que plusieurs générations ont sus par cœur, et j'y trouve... ce que je n'oserais me permettre de lire ici, devant vous... Et cependant ces vers, ils ont couru ; on les a laissés faire leur chemin parmi la jeunesse, on les a pardonnes à l'auteur, — que dis-je ? ils ont servi, avec ses autres vers, à le porter à l'Académie.

N'ayons pas deux poids et deux mesures, etc.

APPENDICE aSi

Notes et documents pour mon avocat (i).

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