‹ Charles BaudelaireChapitre 11 sur 257 · Ch. II · texte numérisé non relu

Ch. II

l'espèce humaine. Transposez tout cela dans la vie sentimentale : vous y constaterez, avec un énorme développement d'égoïsme, avec un besoin déplus en plus impérieux de tromper par la débauche et par Paventure l'activité qui vous dévore, de nouveau, le mépris de la femme, « L'amour, dit Musset, était traité comme la gloire et la religion : c'était une illusion ancienne. » On allait donc aux mauvais lieux, on se jetait dans le vin et dans les courtisanes. Les courtisanes, c'était par elles que Baudelaire avait débuté ; la bêtise et la naïveté des filles, de ces filles qui allaient être si longtemps à ses yeux toute la femme, étaient faites pour provoquer en lui le mépris et l'écœurement ^ « Après une débauche, on se sent toujours plus seul, plus abandonné ^ »

Après l'excès d'égoïsme, avons -nous dit, un homme comme Baudelaire se détruit nécessairement par l'excès d'analyse.

L'un d'ailleurs mène à l'autre. Lorsqu'on est sans cesse replié sur soi-même ; lorsque, assis au

1. << La femme est le contraire du dandy. Donc elle doit faire horrem'... La femme est; naturelle, c'est-à-dire abominable. Aussi est-elle toujours vulgaire... Pourquoi l'homme d'esprit aime les filles plus que les femmes du monde, malgré qu'elles soient également bêtes?... La femme ne sait pas séparer l'àme du corps... De la nécessité de battre les femmes ; » (ce qui fait penser à la boutade de Nietzsche ; « Tu vas chez les femmes ? n'oublie pas le fouet. »)... Œuvres posthumes, Journaux intimes, p. 100, lOl, 111, 116, 123.

Page 1